Faut-il manger plus quand on allaite ?

Quand on allaite, on brûle davantage de calories. Chouette si on a des kilos à perdre, mais moins top pour la forme et la bonne poursuite de l’allaitement. A l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, Neuf Mois fait le point, avec l’aide de la Leche League, sur le bon équilibre nutritionnel à adopter si vous allaitez bébé.

Eh oui, allaiter bébé, ça pompe…

Environ 595 kcal/jour depuis la naissance jusqu’au deuxième mois de bébé, puis 670 kcal/jour quand bébé attaque son troisième mois et cela jusqu’à ses 6 mois. En clair, si vous supprimiez cette charge énergétique de votre alimentation, vous perdriez joyeusement 13kg en six mois. En principe. Parce qu’il arrive que la jeune maman qui allaite ne change rien à son alimentation et ne perde pas tant de poids que cela, même s’il est coutume de dire qu’allaiter favorise le retour rapide au poids d’avant la grossesse, voire même à un poids moindre si on était en surpoids avant d’être enceinte.

Le corps médical est sujet à penser que si la perte de poids pendant l’allaitement n’est pas aussi importante qu’elle devrait l’être, c’est en raison d’un phénomène hormonal qui influencerait le métabolisme, en mobilisant les graisses de réserve. Mais c’est peut-être aussi parce que la jeune maman modifie son alimentation, en augmentant les rations caloriques et/ou qu’elle ralentit son activité physique, ce qui est bien compréhensible quand on a un nouveau-né à s’occuper et à allaiter à la demande.


Choisir les bons aliments

Calcium, zinc, magnésium, vitamines B6, B9 et D sont en général insuffisamment apportés par l’alimentation de la maman, mais cela n’affecte pas la qualité du lait maternel. Sauf que cela fatigue la jeune maman, qui risque de décider d’arrêter d’allaiter plus tôt que prévu. Il faut donc accentuer les apports en aliments riches en vitamines et en minéraux (fruits secs, produits laitiers, eau minéralisée, fruits frais, légumes frais cuits à la vapeur, protéines de qualité, céréales complètes, légumineuses…) et surveiller son alimentation de près, car si l’allaitement est réputé protéger l’enfant de l’épidémie d’obésité, cela dépend aussi de la qualité nutritionnelle de la maman. Si celle-ci consomme beaucoup d’oméga-6 par exemple, ces acides gras saturés vont passer dans le lait maternel et peuvent prédisposer le bébé à prendre du poids dans l’enfance.

Evidemment, il s’agit ici d’une consommation importante de ces acides gras oméga-6 et comme il s’agit d’habitudes familiales, sans doute que la prise de poids de l’enfant sera aussi causée par un trop grand apport de ces acides gras au cours de sa petite enfance, une fois sevré, et pas seulement par les apports trop élevés en oméga-6 pendant l’allaitement.

Faut-il une supplémentation ?

En principe pas tant que l’alimentation est équilibrée mais évidemment la décision se prend au cas par cas et en fonction du type d’alimentation de la maman. Si elle est végétarienne par exemple, il lui faudra des apports suffisants en vitamine B12 et en fer et, très souvent, la supplémentation est alors indispensable. Si la jeune maman qui allaite déteste les produits laitiers et vit, de plus, dans une région peu ensoleillée, là aussi une supplémentation en vitamine D sera probablement nécessaire afin d’augmenter le taux de vitamine D dans le lait maternel.


Pendant l’allaitement, il faut booster ses apports en vitamines

Et notamment en vitamines A, B6 et C, en zinc et en iode. Curieusement, les femmes qui allaitent n’ont pas à craindre une carence en fer, mais c’est logique : comme l’allaitement produit une aménorrhée (absence de règles), eh bien, la maman qui allaite perd moins de fer que celle qui n’allaite pas et qui a déjà eu son retour de couches. Selon les études, les mamans qui allaitent auraient aussi un taux de DHA assez bas, ce qui est logique aussi puisque cet acide gras essentiel indispensable au bon développement cérébral de bébé passe dans le lait maternel. D’où l’intérêt de certaines supplémentations vitaminiques dédiées à l’allaitement où l’on retrouve en bonne place l’iode, le zinc et la DHA.

Quoi qu’il en soit, pour allaiter bébé en toute sérénité, il faut équilibrer son alimentation à raison de 1800 calories par jour. Et pour que les apports soient bien équilibrés, pourquoi ne pas consulter un(e) diététicien(ne) afin de définir les grandes lignes de son alimentation pendant l’allaitement ?

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