Quelles questions se poser avant de s’inscrire à la maternité ?

Où accoucher ? A quelle maternité confier mon accouchement ? Ça y est, des milliards de questions vous trottent dans la tête ! Pour vous aider à y voir plus clair, voici un petit récapitulatif de toutes ces choses à savoir avant de faire votre choix définitif.

Le papa peut-il assister à l’accouchement ?

Votre conjoint souhaite vous soutenir jusqu’au bout et filmer l’accouchement ? Vérifiez auprès de votre maternité pour connaître la position du personnel à ce sujet. En effet, beaucoup de médecins et de sages-femmes préfèrent que les papas restent près de leur compagne, au niveau de son épaule, plutôt que d’assister en direct dans leur dos à l’expulsion de bébé. Cela peut se négocier en effet, mais tout dépendra tout de même du déroulement de l’accouchement.

En cas de complication, fermez le ban : la caméra devra rester cachée pour ne pas gêner l’équipe médicale. En ce qui concerne l’hébergement du papa, c’est de plus en plus courant quand la maternité dispose de chambres individuelles. Vérifiez donc que la maternité en dispose en suffisance et pensez à retenir l’option single très vite en précisant que vous souhaitez un lit d’appoint pour le papa.

Combien d’accouchements sont pratiqués dans la maternité ?

Si la qualité des soins ne dépend heureusement pas du nombre d’accouchements pratiqués dans une maternité, ce critère reste tout de même très intéressant. En effet la disponibilité du personnel spécialisé n’est pas uniforme dans toutes les maternités. Dans une maternité effectuant moins de 1500 accouchements par an, les gynécologues-obstétriciens, pédiatres et réanimateurs ne sont pas toujours sur place. A l’inverse, dans une clinique de plus de 1500 accouchements par an, les spécialistes sont présents 24 heures sur 24. Cette information peut être déterminante si vous préférez essayer d’accoucher sans péridurale, sans fermer la porte à l’éventualité d’en demander une en cours d’accouchement.

Quel est le pourcentage de césariennes ?

Idéalement, l’Organisation Mondiale de la Santé recommande un taux de césarienne autour de 15% dans les maternités. Ce taux est un bon critère pour vérifier que l’activité de l’établissement répond bien à ses missions. Il existe pourtant une exception pour les maternités de niveau 3, spécialisées dans les accouchements à risque. De par les complications et les accouchements difficiles qu’elles pratiquent, le taux de césariennes est en effet plus élevé que les autres maternités et c’est tout à fait normal. Par contre, si une maternité de niveau 1 affiche un taux de césariennes supérieur à 15% et une maternité de niveau 3 un taux supérieur à 50%, cela indique une surmédicalisation.

Quel est le taux de péridurale ?

Une maternité affichant un taux de péridurale supérieur à 70% est le signe d’une excellente disponibilité des anesthésistes dans les lieux. Pour connaître les taux des différentes maternités, renseignez-vous directement sur leur site internet. Si vous souhaitez une péridurale lors de votre accouchement, il vous faudra le préciser au cours des dernières visites prénatales et l’inscrire sur votre projet de naissance que vous exposerez (oralement c’est mieux accepté) à l’équipe, en laissant un exemplaire écrit dans le dossier.

Quel est le taux d’épisiotomie ?

On a trop longtemps cru (et à tort) que cette incision du périnée facilitait le passage de bébé et réduisait les déchirures. Or, depuis quelques années, on sait qu’il n’en est rien et même qu’une petite déchirure est préférable à une épisiotomie. Le Collège National des Gynécologues-Obstétriciens Français recommande de ne pas dépasser un taux de 30% d’épisiotomie dans la maternité. Même si depuis dix ans, de gros efforts ont été entrepris pour limiter le nombre d’épisiotomies, les chiffres restent encore assez élevés pour une première naissance, sauf à la maternité de Besançon, championne toutes catégories (moins de 3% d’épisiotomie).

Puis-je choisir un suivi de grossesse hors de la maternité ?

Tout à fait. Les sept visites prénatales qui sont prévues peuvent être assurées par la sage-femme de votre choix si vous présentez une grossesse sans complication (dans le cas contraire, elle vous expédiera tout de suite chez un gynécologue !) ou par votre gynécologue habituel. L’une comme l’autre connaissent bien les habitudes de la maternité où vous envisagez d’accoucher. N’hésitez pas à leur poser des questions. Si la maternité ouvre son plateau technique aux sages-femmes libérales ou aux gynécologues-obstétriciens libéraux, pensez à avertir rapidement la maternité de votre souhait que ce soit votre praticien qui officie.

Puis-je choisir ma position pour accoucher ?

La majorité des maternités proposent un accouchement en position dite gynécologique, c’est-à-dire en position allongée, les pieds dans les étriers. Cette technique facilite le travail des médecins et des sages-femmes pour surveiller le périnée et le bon déroulement de l’accouchement mais ce n’est pas la plus confortable pour accoucher. Cette position permet aux médecins d’intervenir plus facilement en cas de césarienne, de forceps ou d’accouchement difficile. Il existe bien entendu d’autres positions pour mettre au monde son enfant.

De plus en plus de maternités autorisent les mères à accoucher debout, assise ou accroupie si le déroulement de l’accouchement le permet. Pour savoir ce qu’il en est, il est nécessaire de prendre rendez-vous avec l’équipe de sages-femmes et de dialoguer avec elles sur les modalités de ce déroulement. En principe, les maternités disposant d’espaces physiologiques sont bien équipées pour ce type de naissance, mais parfois cela se limite à la durée du travail. Sans oublier le facteur individuel : si la sage-femme de service n’est pas formée aux techniques d’accouchement du Dr Bernadette de Gasquet, la papesse de l’accouchement en position physiologique, elle peut ne pas vouloir changer ses habitudes. Non pas pour vous ennuyer mais pour être certaine de pouvoir vous aider au mieux. Même si vous avez abordé le sujet auparavant, vous risquez peut-être de devoir vous résoudre à la position gynécologique de rigueur ce jour-là.

Quels sont les frais engendrés par un accouchement ?

Qu’elles soient publiques ou privées, les maternités sont conventionnées. Les frais d’accouchement sont donc pris en charge à 100% par la Sécurité Sociale. La péridurale est également remboursée à 100%. Faites-vous bien préciser les tarifs car certains anesthésistes et certains gynécologues-obstétriciens en cliniques privées pratiquent des dépassements d’honoraires parfois très élevés au vu du tarif de base. La chambre individuelle, la mise à disposition d’un poste de télévision et d’une ligne téléphoniques restent à votre charge, sauf prise en charge par votre mutuelle du supplément chambre individuelle. A savoir, beaucoup de maternités privées ne fournissent ni les couches ni les produits de toilette pour bébé. Renseignez-vous bien concernant tous ces petits détails qui peuvent être autant de contraintes au moment de la naissance de bébé.


Combien de temps je vais rester à la maternité ?

Sans complications, la durée du séjour à la maternité n’excède pas trois jours, sauf dans certaines maternités privées où le séjour peut être plus long (mais vous pouvez demander à sortir à J+3 tout de même). De retour à la maison, il est conseillé de faire appel à une sage-femme libérale pour le suivi post-partum et les soins de bébé. Ses consultations et visites à domicile sont remboursées à 100% pendant 7 jours et à 80% au-delà. Pensez à la contacter avant la naissance afin de faire connaissance et qu’elle prévoie de vous caler dans son planning hebdomadaire de la semaine J+… même si la date d’arrivée de bébé n’est pas toujours prévisible à trois jours près ! Le mieux est de rentrer son numéro de portable dans votre téléphone afin de lui envoyer un texto si vous accouchez un peu plus tôt… ou un peu plus tard. Elle sera ainsi plus à même de répondre très vite à votre sollicitation, à votre retour à la maison.

La préparation à l’accouchement a-t-elle lieu sur place ?

Si la maternité où vous accouchez ne propose pas de préparation à l’accouchement – c’est rare ! – adressez-vous à une sage-femme libérale. Vous pouvez le faire aussi si la maternité propose des séances de préparation : l’intérêt, c’est qu’il y a souvent moins de monde chez la sage-femme libérale et que les cours sont autant d’occasions d’échanges, ce qui n’est pas toujours le cas à la maternité en raison du nombre de femmes enceintes présentes.

La Sécurité Sociale rembourse huit séances : à ne pas zapper ! La sage-femme pourra ainsi répondre à toutes vos questions et vous donner de nombreux conseils pour que tout se passe parfaitement le jour J… et après. Il existe plusieurs types de préparation : classique, aquatique, sophrologie, haptonomie et même hypnose. Inscrivez-vous rapidement car certaines préparations spécifiques ne fonctionnent qu’à places limitées. Et d’autres sont prises d’assaut.

Pouvez-vous obtenir une chambre individuelle ?

Dès l’inscription à la maternité, demandez à bénéficier d’une chambre individuelle si tel est votre souhait. Avoir une chambre single permet de mieux se reposer, de profiter pleinement de l’intimité avec son bébé, de recevoir son conjoint et ses proches sans déranger qui que ce soit. Mais là encore, rien n’est certain : si vous accouchez en période de pointe, les chambres individuelles sont réservées en priorité aux mamans ayant eu une césarienne.

Qui va réaliser mon accouchement ?

Dans les établissements publics, ce sont les sages-femmes qui accouchent les futures mères quand l’accouchement ne présente pas de complications. Elles s’occupent aussi des premiers soins donnés aux bébés. Si d’éventuelles complications surviennent, le gynécologue-obstétricien de garde est sollicité et intervient en cas de besoin. A l’inverse, en clinique privée, les sages-femmes assurent le suivi du travail et c’est le gynécologue-obstétricien qui effectue la dernière partie de l’accouchement le plus souvent. Si vous n’avez pas encore choisi ou hésitez à maintenir votre inscription dans la maternité préalablement pressentie, consultez notre annuaire des maternités pour trouver l’établissement le plus approprié pour répondre à vos attentes.

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