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Périnée : faut-il le préparer avant l’accouchement ?

L’épisiotomie, ça ne fait rêver personne ! Quant aux déchirures au moment du passage de bébé, n’en parlons pas ! Et si la solution tenait en un mot : périnée ? Dix points-clé pour faire la lumière sur nos préjugés, avec le concours de Evelyne Cosquer-Féry, sage-femme.

1. Le périnée est un muscle situé dans la zone génitale
Faux. Le périnée n’est ni un organe, ni un muscle mais une zone du corps, composée à la fois de muscles et de ligaments. Ces muscles sont tendus entre le pubis (l’os avant du bassin) et le sacrum (bout de la colonne vertébrale).

2. Le périnée sert à soutenir les organes du bas-ventre
Vrai. Ce petit hamac composé de muscles et de ligaments soutient tous les organes situés au niveau du bassin : vessie, vagin, intestin. Son rôle est essentiel dans la vie sexuelle car de sa tonicité dépend le plaisir que l’on éprouve et que l’on donne.

3. Lors de l’accouchement, le périnée perd de sa souplesse

Faux. Les tissus ont plutôt tendance à s’assouplir au maximum pour laisser passer le bébé. C’est physiologique. Mais parfois il ne s’étire pas assez, surtout si le bébé est de bon volume, et cela donne lieu à des déchirures qu’il faut alors recoudre. 

4. Les hormones de grossesse jouent un rôle important sur sa souplesse
Vrai. Pendant la grossesse, tous les tissus et les articulations sont plus souples. La zone périnéale n’échappe pas à cette règle. L’afflux d’hormones qui caractérise le temps de la gestation prépare le périnée aux tensions qu’il va connaître pendant l’accouchement.

5. Malgré tout, l’épisiotomie reste quasi obligatoire
Faux. Depuis quelques années, des études ont établi que l’épisiotomie était souvent pratiquée sur des périnées suffisamment souples ou qui auraient de toute façon subi une déchirure, épisiotomie ou pas. Désormais, les recommandations en obstétrique vont plutôt vers le choix d’une déchirure légère plutôt que d’une épisiotomie car si l’épisiotomie est une coupure franche dans les muqueuses et les muscles, la déchirure a pour avantage de suivre les fibres musculaires et de mieux cicatriser par la suite. 

6. La cicatrice est moins importante en cas d’épisiotomie
Vrai. Toutes les déchirures ne sont pas forcément importantes, beaucoup peuvent être minimes et ne nécessiter que quelques points de sutures contrairement à l’épisiotomie qui laisse souvent une grande cicatrice.

7. Un bébé de bon poids implique forcément une déchirure sans épisiotomie
Faux. Il n’y a pas de règle en la matière : pour deux bébés de poids égal, l’une des mamans peut subir une déchirure et l’autre pas.

8. Accoucher vite permet d’éviter les déchirures car la pression est moins longue sur le périnée
Faux. C’est même plutôt le contraire car au cours d’un accouchement vraiment rapide, les tissus n’ont pas suffisamment de temps pour s’étirer et risquent davantage de craquer. Respecter la durée naturelle d’un accouchement, sans l’accélérer artificiellement par des injections d’ocytocine ou une rupture artificielle de la poche des eaux, pourrait prévenir le risque de déchirure.


9. Accoucher accroupie est un gage de prévention des déchirures
Faux. Même si c’est sans doute la position la plus naturelle, ce n’est pas une garantie. Pour prévenir les déchirures, la meilleure des solutions consiste à laisser à la future maman le choix de sa posture d’accouchement. La position la moins douloureuse pour elle étant celle qui procure le moins de tension sur le périnée.

10. Masser son périnée permet de l’assouplir 
Faux. Cela n’apporte rien de pertinent sur le plan technique et mécanique. En revanche, si le massage permet à la future maman de mieux connaître son corps et de mieux appréhender l’accouchement, pourquoi pas ? Son intimité. 

1. A lire pour en savoir plus : J’accouche dans un mois, éd. Marabout.

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