Grossesse : 18 questions gênantes que l’on n’ose pas poser auxquelles Neuf Mois répond

Lorsque l’on est enceinte, des millions de questions se bousculent dans notre tête, mais certaines ne sont pas très évidentes à poser. Parfois on a peur de demander à notre médecin parce que peut-être que la question nous paraît idiote, ou quand il s’agit de sexualité c’est un peu compliqué d’avoir quelqu’un pour en parler. Alors Neuf Mois est là pour vous, pour répondre sans tabou à toutes vos questions de future maman, aussi farfelues et gênantes soient-elles !

Enceinte, je dors mal, puis-je piocher dans les somnifères de ma pharmacie personnelle ?

Attention à l’automédication, les somnifères d’origine naturelle (passiflore, aubépine) sont autorisés. Mais la plupart des médicaments sont interdits pendant la grossesse, certains par simple précaution, d’autres car on connait leurs effets indésirables sur le fœtus. C’est le cas de l’aspirine et de l’ibuprofène, mais aussi certains médicaments contre l’hypertension et de quelques anxiolytiques. En cas d’insomnies sérieuses un somnifère léger peut être prescrit par votre médecin. Mais dans la majorité des cas, ça s’arrange avec quelques règles simples. Pour trouver une position confortable avec votre ventre proéminent essayez de vous mettre sur le côté gauche, une jambe pliée, l’autre tendue et glissez un petit coussin sous votre ventre.

Enceinte, pour quelques cigarettes par jour, inutile de culpabiliser, non ?

Désolé de vous le rabâcher mais la cigarette est dangereuse pour le bébé ! Les substances toxiques contenues dans le tabac vont directement au bébé. Le risque ? Prématurité, petit poids à la naissance, troubles du comportement, asthme … Qui plus est le tabagisme aux alentours d’un nouveau-né est facteur de mort subite du nourrisson. Autant profiter de la grossesse pour arrêter de fumer !

Quels sont les signes annonciateurs d’une fausse couche ?

Une forte hémorragie accompagnée de caillots et de fragments de tissus signale le début d’une fausse couche. Les pertes de sang également. Cependant, une femme sur cinq a des saignements intermittents qui ne mettent pas sa grossesse en danger. Les maux de ventre se manifestant sous forme de crampes ou de douleurs de règles font également partie des signes mais n’annoncent pas forcément une fausse couche. Il faut également se méfier lorsque les indices de grossesse connus, comme les nausées ou le gonflement des seins, disparaissent brusquement.

Ma mère a fait deux fausses couches. Est-ce héréditaire ?

Rassure-vous, les fausses couches ne sont pas héréditaires. En revanche, il faut distinguer deux situations totalement différentes. La fausse couche spontanée (FCS) « isolée » est un événement biologique naturel considéré comme un incident mineur. La nature fait souvent bien les choses car beaucoup de ces fausses couches révèlent des anomalies. Les causes réelles de la FSC ne sont pas très bien connues. On parle de « fausses couches spontanées à répétition » (FCSR) lorsque surviennent au moins trois fausses couches consécutives au premier trimestre dans un couple. Un quart des FCSR est dû à la répétition malencontreuse de FCS isolées, les trois autres quarts révèlent d’un problème particulier comme des malformations utérines, un déséquilibre hormonal ou un problème immunologique.

J’ai très peur que mon enfant ne soit pas normal. Puis-je avoir entièrement confiance en l’échographie ?

L’échographie n’est pas un « certificat de garantie » mais elle permet de détecter un maximum d’anomalies. La première échographie (à 12 semaines) permet de dater précisément le début de la grossesse, d’identifier les grossesses gémellaires et de mesurer la clarté nucale. Cette mesure, couplée au dépistage par marqueurs sériques, est un excellent moyen de repérer les anomalies de la trisomie 21 par exemple. La deuxième échographie (à 12 semaines) permet de dépister un grand nombre d’anomalies fœtales, sans toutefois les dépister à 100 %.  Les anomalies cérébrales, cardiaques, rénales et des membres ainsi que les retards de croissance intra-utérins sont très largement détectés. La troisième échographie (à 32 semaines) recherche les anomalies du développement tardif du fœtus et permet de déterminer sa position.

Les rayons de l’échographie peuvent-ils atteindre le fœtus ?

Non les rayons ne « touchent » pas le bébé. Il se réfléchissent sur les obstacles qu’ils rencontrent et reviennent, comme un écho, à la source qui les émet. Les ultrasons employés lors de cet examen sont de très faible puissance et la sonde utilisée reçoit plus d’ondes qu’elle n’en émet. À ce jour, on ne connaît pas d’effets néfastes liés à l’utilisation des échographies. Mais les spécialistes recommandent de respecter une courte durée d’exposition du fœtus et de réserver l’examen à un cadre médical.

Est-ce que bébé entend lorsque nous nous disputons et, à l’inverse, si je chante, s’en aperçoit-il ?

Avant de naître, bébé perçoit déjà le monde qui l’entoure. Les mains qui se posent sur lui à travers le ventre maternel, par exemple. Et dès lors qu’il a environ 6 mois de vie intra-utérine, il entend les voix de ses parent. Il est sensible aux chansons qu’on lui chante et se sent bercé. À l’inverse le futur nourrisson sursaute quand il est dérangé par des bruits trop forts.

J’ai lu que, pour le premier enfant, l’épisiotomie était fréquente. Est-ce que ça fait mal ?

Pour un premier bébé, on pratique souvent cette incision du périnée. Elle est effectuée lors d’une contraction pour que vous ne sentiez pas la douleur. Vous serez recousue sous anesthésie locale ou sous l’effet de la péridurale. En France, l’épisiotomie est trop fréquente selon les spécialistes, alors qu’elle ne protège pas de l’incontinence ni de la descente d’organes.

Mon médecin m’a conseillé de faire une amniocentèse. Y a-t-il des risques ?

Le risque de fausse couche lié à l’amniocentèse est estimé à 0,8%, et 3% pour les grossesses gémellaires. Mais lorsque les résultats du dépistage sanguin du risque de trisomie 21 sont suspects et que l’échographie révèle que la mesure de la clarté nucale est importante, l’amniocentèse est proposée, suivie du caryotype (l’étude des chromosomes), à partir d’un risque supérieur ou égal à 1/250.  Comme la fréquence de la trisomie 21 augmente avec l’âge, l’examen était également courant après 38 ans, mais les autorités sanitaires ont remis en cause cette systématisation. Quoi qu’il en soit elle est remboursée par la sécurité sociale. Elle est fiable à 100% et permet de dépister certaines anomalies graves du fœtus. Quasiment indolore, elle est pratiquée entre la 14ème et la 16ème semaines de gestation, sous contrôle échographique pour ne pas toucher le bébé. L’examen consiste à prélever un peu de liquide amniotique contenant des cellules du fœtus. Certaines maladies graves ou d’autres pathologies liées à des maladies virales peuvent également être révélées par l’amniocentèse.

On dit que l’orgasme peut déclencher l’accouchement ?

Non, pas si le bébé n’est pas à terme. En revanche, lorsqu’il est prêt à venir au monde ou si le terme est dépassé, les rapports sexuels sont un moyen naturel de déclenchement des contractions. De plus le sperme contient des prostaglandines, hormones qui ramollissent le col de l’utérus. On les emploie d’ailleurs sous forme de gel pour « maturer » le col, lors des déclenchements artificiels.

Depuis que je suis enceinte, mon humeur est un véritable yoyo. Vais-je pouvoir retrouver ma sérénité d’avant ?

Pendant la grossesse, les moments d’euphorie côtoient les périodes de tristesse, de vulnérabilité. Question d’hormones ! Parfois, la mélancolie s’installe parce que les femmes enceintes se posent trop de questions. Après la naissance, les choses ne s’arrangent pas forcément tout de suite. Un coup de baby blues peut aussi ajouter de l’eau dans le gaz. Si la souffrance persiste, l’intervention d’un psychologue est conseillée. En général, tout se remet en place et, peu à peu, la maman retrouve son humeur d’avant.

J’ai peur de ne pas être faite pour être mère. Et si mon couple n’arrivait pas à tenir ?

Aujourd’hui les femmes veulent être « au top » dans tout ce qu’elles entreprennent , y compris la maternité et le couple. Or chaque future mère a ses doutes, ils grandissent en même temps que le bébé dans le ventre. Après la naissance, elle apprend à le connaître et s’en occupe avec amour. Les craintes concernant l’équilibre du couple sont naturelles. La relation se modifie dès que vous êtes enceinte car le futur papa ne réagit pas forcément comme vous. Peut-être êtes-vous déçue parce qu’il ne s’enthousiasme pas autant que vous ? Essayez de lui faire partager votre grossesse. Il faut qu’il apprenne peu à peu à gérer sa paternité. Soyez sereine et ne pensez qu’à cette belle aventure que vous allez vivre, tous les trois.

J’ai, paraît-il, un gros bébé. Cela signifie-t-il que mon accouchement sera difficile ?

Non pas du tout. Un accouchement difficile dépend surtout de la force des contractions. Lorsque le bébé est gros à l’échographie, on pratique un scanner pour apprécier le diamètre du bassin de la mère et le comparer à la tête du bébé. Si le passage risque d’être difficile, une césarienne est proposée.


Pendant la grossesse, pourquoi bébé bouge-t-il plus lorsque je suis allongée ?

Ce n’est qu’une impression qui n’a aucune réponse scientifique. Allongée, vous êtes plus à l’écoute du fœtus. Comme vous êtes plus détendue, le bébé se sent moins ballotté, moins comprimé, et en profite pour vous montrer sa joie.

Les trois premiers mois de ma grossesse, je n’avais aucune envie de faire l’amour, et maintenant c’est l’inverse. Pourquoi ?

Pendant le premier trimestre de la grossesse, le corps de la future maman se transforme. Sa poitrine augmente, ses mamelons sont douloureux, son ventre s’arrondit. Elle a des nausées et des envies irrépressibles de dormir. Son métabolisme change sous l’effet des hormones qui jouent un rôle sur le système nerveux. Irritabilité, émotivité et fragilité s’installent, et la sexualité est souvent la moindre des préoccupations. Après ces premiers mois, la situation s’inverse. Sa libido augmente et elle se sent mieux dans son corps. Les hormones accentuent la lubrification du vagin et le rendent plus congestif et sensible. Au troisième trimestre, le poids du ventre fait que certaine femmes évitent les ébats. D’autres, à l’inverse, ravies de leur état, font l’amour jusqu’à la veille de leur accouchement.

J’aimerais bien faire l’amour, mais j’ai très peur que mon bébé en souffre. Qu’en est-il ?

Rien ne s’oppose à ce que vous ayez des rapports sexuels si vous en avez envie. Le bébé est parfaitement accroché et le liquide amniotique fonctionne comme un airbag protecteur. L’orgasme provoque des contractions, mais votre futur nourrisson en verra d’autres pendant sa vie intra-utérine.

J’ai entendu dire que les médecins interdisaient parfois l’acte sexuel pendant la grossesse. Dans quel cas ?

Le gynécologue l’interdit rarement. Ce n’est que lorsque vous êtes menacée d’un accouchement prématuré parce que votre col est court et perméable à l’orifice interne que vous devez respecter l’abstinence sexuelle. Comme l’orgasme provoque des contractions utérines, il peut effectivement déclencher un accouchement précoce lorsque la situation est trop limite

Quand pourrons-nous recommencer à faire l’amour après l’accouchement ?

Dès que vous en aurez envie. Si vous avez eu une épisiotomie, les médecins vous conseillent en général d’attendre quinze jours. Le plaisir n’est pas immédiatement au rendez-vous car vos muqueuses génitales ont été mises à rude épreuve, tout comme votre muscle périnéal. L’ensemble doit donc retrouver son tonus. Cela peut prendre quelques semaines supplémentaires.

 

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