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Le gouvernement dévoile son plan pour la protection de l’enfance

Le gouvernement dévoile son plan pour la protection de l’enfance

Récemment nommé secrétaire d’État à la protection de l’enfance, auprès de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, Adrien Taquet, député LREM, a dévoilé lundi les grandes lignes du plan pour la protection de l’enfance, devant le Conseil national de la protection de l’enfance. Il ne s’agit pour l’instant que d’une ébauche, le texte définitif devra être prêt d’ici l’été, pour que certaines mesures s’inscrivent dans le projet de loi de finances 2020.

Améliorer la prévention

C’est un point sur lequel Adrien Taquet a beaucoup insisté. Il s’agirait de faire de la prévention dès la grossesse, en mettant en place « des parcours de périnatalité pour les parents » à partir du 4ème mois de grossesse. Il voudrait aussi renforcer le suivi de naissance grâce aux PMI (service de protection maternelle et infantile).

Le secrétaire d’Etat a déclaré : « Le gouvernement entend mettre l’accent sur la prévention. Avant de se dire « il faut placer les enfants », essayons de mieux accompagner les parents « . Le but étant donc d’éviter un certain nombre de placements en aidant les parents en amont, grâce à ce suivi dès la grossesse.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn a ajouté que les enfants qui n’avaient pas facilement accès à la santé, auront la possibilité de consulter un psychologue qui sera remboursé à 100%.


Lutter contre les maltraitances

Selon Adrien Taquet, la maltraitance envers les enfants est rarement signalée. En effet, seulement une personne sur quatre donneraient l’alerte si elle a des soupçons. Le secrétaire d’Etat voudrait donc encourager à dénoncer ce genre de violences de manière plus systématique.

Le 29 janvier, Lyes Louffok, membre du Conseil national de la protection de l’enfance, et ancien enfant placé, était l’invité de l’émission Quotidien, de Yann Barthès. Il s’est exprimé sur les violences faites aux enfants et a partagé un extrait de l’émission sur son compte Twitter. Il avait déclaré dans l’émission « À la fin de cette émission, il y aura 50 enfants victimes de violences sexuelles dans notre pays« .

Réformer l’Aide sociale à l’enfance (ASE)

L’ASE est l’organisme qui prend en charge de nombreux enfants placés. Cependant, il existe des cas de maltraitances au sein même de leurs établissements, la plupart du temps dû à un manque de formation des professionnels : « Aujourd’hui, on s’aperçoit que le minimum de formation nécessaire, n’est pas forcément respecté, et que ça peut déboucher sur des situations de maltraitance » a déclaré Adrien Taquet.


Ces violences avaient été mises en lumière par le numéro de Pièces à conviction « Enfants placés : les sacrifiés de la République« . Certaines images tournées en caméra cachée avaient choqué de nombreuses personnes, dont la Première Dame Brigitte Macron, qui avait assuré son soutien à Lyes Louffok, qui avait témoigné dans ce documentaire.

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Le nombre de familles d’accueil en baisse

Le secrétaire d’Etat a tenu à faire remarquer que l’accueil de ces enfants commençaient à poser problème, car les familles d’accueil sont de moins en moins nombreuses :  » Le nombre de familles d’accueil est en baisse. Il y a une réflexion pour rendre plus attractif l’accueil en famille des enfants, parce que ça offre un cadre affectif que je pense approprié « .

Adrien Taquet a émis l’idée de rendre la procédure d’adoption des enfants placés beaucoup plus simple qu’elle ne l’est actuellement. Il souhaiterait aussi accélérer les procédures judiciaires de prise en charge de ces enfants, qui sont parfois extrêmement longues.

Deux mesures déjà en place

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a confirmé un peu plus tard, que deux idées annoncées plus tôt allait être mises en place : la prise en charge complète du parcours de soin des enfants confiés à l’ASE, ainsi qu’un soutien pour accéder aux études supérieures.

Il est important de rappeler qu’un certain nombre d’enfants placés sont mis à la porte le jour de leurs 18 ans, et beaucoup se retrouvent à la rue (environ 40% des jeunes de 18 à 25 ans, sont passés par les services d’aide sociale à l’enfance.)