Il craint de ne pas être un bon père : comment le rassurer ?

pas bon père-neuf mois

Ce bébé, il le voulait autant que vous, ou presque. Bref, c’était vraiment un plan bébé à deux, et pas seulement votre rêve à vous. Et puis, plus les semaines vous rapprochent de la naissance, plus votre compagnon semble craindre de ne pas être un bon père. Un comble non, alors que c’est vous qui allez accoucher pour la première fois. Comment l’aider dans ce passage difficile ? Joëlle Mignot-Durand, psychothérapeute et sexologue, nous explique comment accompagner le futur papa un peu angoissé par sa future paternité.

Pourquoi certains hommes ont-ils tellement peur à l’idée d’être papa ?

Je crois que la paternité n’est pas innée chez l’homme. Ceci étant, je ne suis pas convaincue qu’elle le soit tant que cela chez la femme, contrairement à une conviction sociale bien ancrée. Je pense qu’il y a trois raisons essentielles qui peuvent justifier leur réticence : l’histoire personnelle, le narcissisme et la psychose d’angoisse.

Quels sont les conséquences de l’héritage sur le désir de paternité ?

Quand l’histoire personnelle est douloureuse, le désir de paternité peut être refoulé. Mais heureusement, ces cas ne sont pas si nombreux. Souvent quand les futurs parents ont une histoire difficile derrière eux avec leurs propres parents, ils sont surtout motivés par l’idée de ne pas reproduire avec leur enfant ce qu’ils n’ont pas apprécié chez leurs propres parents, et cela peut être un moteur justement pour avancer.

C’est plus compliqué avec des histoires vraiment difficiles, mais comme je le disais, ces cas ne sont heureusement pas si fréquents. Certains hommes refusent cet engagement par narcissisme : ils savent qu’avoir un enfant passe nécessairement par le fait de s’oublier un peu. Ils n’y sont pas prêts. Mais le fait de percevoir consciemment la priorité que représente l’enfant est déjà un pas en avant. Enfin, d’autres trouvent que la vie est moche et que mettre des enfants au monde est irresponsable. Mais ce dernier cas est assez rare quand l’enfant a été vraiment désiré des deux côtés. Cependant, on peut le retrouver si le futur papa a voulu faire plaisir à sa compagne en acceptant ce projet d’enfant et que, confronté à la réalité de la naissance proche, cette angoisse refoulée refait surface.

Quand l’enfant s’annonce quand même, quelles sont les solutions pour rassurer un futur père ?

Pour les premiers, le désir de paternité peut se révéler si l’homme a cédé aux demandes pressantes de sa femme. Face aux narcissiques, il n’y a pas vraiment de solution immédiate tant que ces hommes ne s’avouent pas narcissiques. Il faut être lucide sur soi pour décider de changer. Mais la naissance de l’enfant peut les aider à développer cette empathie vers l’autre qui leur manque, ce qui ne les empêchera pas d’avoir à travailler sur eux pour lutter contre leur tendance narcissique.


Enfin, aux futurs papa paniqués, je conseillerai un travail thérapeutique pour alléger leurs peurs : on ne naît pas père, on le devient. Si le futur papa coince à l’idée d’aller consulter un psychothérapeute, les groupes de paroles de pères en maternité sont de bons outils pour leur permettre d’exprimer leurs craintes et de se rassurer. Un travail plus en profondeur peut être nécessaire. Si le futur papa s’est senti à l’aise dans ce groupe de paroles, cela peut l’inciter à poursuivre son cheminement avec un psychothérapeute que lui conseillera l’animateur du groupe de parole qui est souvent un ou une sage-femme, un gynécologue plus rarement et parfois un psychologue.

Quelques consultations peuvent permettre à ces pères de mieux affronter leurs craintes, de comprendre pourquoi ils sont si angoissés et de se libérer pour avancer plus sereinement dans cette nouvelle vie qui s’ouvre devant eux. Dans certaines maternités, des psychologues rendent visite aux nouveaux parents avant la sortie, cela peut être aussi l’occasion pour le futur père de découvrir l’intérêt de venir en consultation deux ou trois fois.

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