J’ai pris trop de poids dès le 4e mois de grossesse : comment limiter les dégâts ?

limiter la prise de poids-neuf mois

Un coup d’œil sur l’aiguille de la balance et votre sage-femme ou votre gynécologue vous fait les gros yeux ? Cela arrive de plus en plus souvent car les règles ont changé : fini le principe des 12 kg en moyenne. La prise de poids se calcule désormais en fonction de l’IMC de départ et peut aller de 5 à 15 kg, selon les morphologies. Le Dr Romain Guilherme, gynécologue-obstétricien, vous explique pourquoi il faut traquer les kilos superflus et vous donne les recettes pour redresser la barre.

Pourquoi surveille-t-on aussi strictement la courbe de poids des femmes enceintes ?

Le corps médical s’appuie sur des études médicales – dont récemment d’ailleurs une étude suédoise publiée dans Obstetric and Gynécology – qui démontrent qu’un contrôle du poids en faveur d’une prise de poids moindre implique moins de complications telles que le diabète gestationnel, l’hypertension gravidique, les troubles respiratoires, mais aussi, à l’accouchement en cas de gros bébé, les déchirures, les extractions instrumentales, les hémorragies de la délivrance rendant nécessaire une transfusion, les risques de lésions des organes internes en cas de césarienne en raison de l’excès de tissus adipeux.

Le bébé peut-il souffrir lui-aussi de l’excès de poids pendant la grossesse ?

Bien sûr ! On constate, sans pouvoir forcément l’expliquer, plus de risques de mort in utero chez les bébés dont les mamans sont en surpoids. Mais même sans cette mortalité fœtale heureusement rare, on sait que les bébés qui présentent un poids de naissance supérieur à 4 kg peuvent présenter une souffrance fœtale pendant le travail. Cette dernière nécessitera une réanimation pédiatrique. Il y a des risques de lésions neurologiques lors du passage des épaules, provoquant une paralysie partielle du plexus.

Et on sait aussi que ces enfants présentent des risques aggravés de syndrome métabolique. Tels que des troubles de la régulation des glucides ou de l’obésité. Ou bien encore des complications cardio-vasculaires durant toute leur vie adulte, avec un risque de transmission épi-génétique. C’est-à-dire de génération en génération. Précision : il s’agit de risques aggravés, pas d’une fatalité à tous les coups. Mais quand on a pris 6 kg au cours du premier trimestre, il faut tirer la sonnette d’alarme !

Quelles solutions si on a pris trop de poids ?

La première des solutions consiste à démarrer la grossesse après un bilan nutritionnel. Ainsi, vous rééquilibrerez votre alimentation trois à six mois avant de démarrer la grossesse. Ensuite, les solutions sont simples : diminuer les apports glucidiques et faire de l’exercice, supprimer les conduites de grignotage, augmenter la ration de légumes et faire attention à certains fruits, vraiment trop sucrés.

Peut-on suivre un régime hypocalorique pendant la grossesse ?

Oui, bien sûr, tant qu’on est suivie par un gynécologue pour la partie médicale et par un nutritionniste diplômé d’état pour la partie diététique. Globalement, la grossesse ne nécessite pas d’apport calorique supplémentaire au premier trimestre. Et au second et au troisième, cela ne nécessite pas plus de 80 et 150 calories en plus. Donc, en cas de surpoids ou d’obésité, on peut très bien réduire l’apport calorique de 200 à 300 calories par jour sans danger, tant que les apports sont équilibrés, et que le suivi médical l’autorise.

Quels sont les régimes totalement prohibés pendant la grossesse ?

Tous les régimes qui pratiquent l’exclusion d’une ou de plusieurs catégories d’aliments, qu’il s’agisse de l’hyper-protéiné, du dissocié ou du régime végétalien. Le meilleur des régimes, c’est celui qui permet une réduction calorique dans le respect des apports indispensables. Aussi bien en matière de glucides, de lipides, de protéines, de vitamines et de minéraux.


Enceinte, peut-on utiliser des compléments alimentaires naturels pour gérer fringales et rétention d’eau ?

Attention, ce n’est pas parce que c’est naturel que ce n’est pas dangereux. Les produits vendus en pharmacie sont normalement contrôlés, donc pas toxiques en soi. Mais il peut demeurer une absence de certitudes sur la pertinence à consommer ces produits pendant la grossesse en raison de certains actifs encore mal évalués.

Le principe de précaution consiste plutôt à s’abstenir. Et notamment en ce qui concerne les diurétiques médicamenteux, parfois détournés sans prescription pour résorber la rétention d’eau : ces médicaments passent la barrière placentaire et peuvent provoquer des risques d’anomalies fœtales.

La phytothérapie est aussi à utiliser sous contrôle médical. En effet, certains œstrogènes naturels ne sont pas forcément très bons pour la formation des organes génitaux du fœtus.

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