Fuites après bébé : comment gérer l’incontinence anale post-accouchement ?

Les fuites urinaires du post-partum, tout le monde connaît le problème et la solution. Mais quand ça se passe au niveau anal, tout le monde passe en mode tabou ! Et pourtant plus de 15% des jeunes mamans en souffrent. Neuf Mois vous expliquent comment régler ce problème en quelques semaines après un accouchement.

L’incontinence annale après l’accouchement

On estime que 10 à 15 % des premiers accouchements ont pour conséquence une incontinence annale. La grande majorité se réglant dans les quelques mois qui suivent. Pets intempestifs, projection de matières fécales … ce genre de désagréments est souvent rapporté par les femmes pendant la rééducation périnéale. Il est aussi possible que beaucoup plus de femmes en souffrent car peu d’entre elles osent en parler à leur médecin.

Les symptômes liés à l’incontinence anale

De façon transitoire ou durable, les femmes sont nombreuses à ressentir différents types d’inconforts dans la zone anale quelques jours et même plusieurs mois après un accouchement. Les symptômes les plus courants sont les suivants : difficulté à retenir les gazs, ce qui peu être particulièrement gênant, perte de sensibilité au niveau de l’anus, impossibilité de retenir les selles.

Existe-t-il différentes formes d’incontinence anale ?

Il existe plusieurs degrés et types d’incontinence anale dont peut souffrir une femme en post-partum. Elle peut se manifester de manière permanente ou bien passagère et durer seulement quelques jours après l’accouchement ou bien plus longtemps. Il peut s’agir d’une simple perte de sensibilité au moment de déféquer ou bien d’une difficulté, voire d’une impossibilité à retenir les matières fécales. On peut ne plus arriver à retenir uniquement les gazs, parfois également des selles liquides et parfois même des selles solides. Quand il y a perte involontaire de selles, on parle alors plutôt d’incontinence fécale.

Peut-on prévenir l’incontinence annale ?

La grossesse représente forcément un facteur dans la mesure où le périnée et le sphincter se retrouvent distendus. Mais les causes ne sont pas évidentes et systématiques. Le poids du bébé, la durée d’expulsion et l’utilisation de forceps ou d’instruments chirurgicaux semblent aussi constituer des facteurs pour ce type d’incontinence. Mais il n’est pas toujours possible pour l’obstétricien ayant effectué un acte instrumental d’être en mesure d’indiquer à la patiente l’existence d’une lésion quelconque dans cette zone. En particulier dans le cas d’un nerf qui aurait été étiré lors de l’expulsion.

Episiotomies, faiblesses musculaires et hémorroïdes, augmentent-ils les risques d’incontinence anale ?

La réalisation d’une épisiotomie pour éviter justement tout type de déchirures périnéales n’est en général pas responsable des incontinences annales. Un périnée peu musclé avant l’accouchement peut être responsable de troubles dans la zone anale dans une certaine mesure. Enfin, la présence d’hémorroïdes, apparues avant ou après l’accouchement, ne joue pas non plus sur l’apparition de l’incontinence anale post-partum, même si elles ne font qu’augmenter l’inconfort dans cette zone et la sensibilité au passage des selles.


L’alimentation joue-t-elle un rôle dans ces troubles ?

Oui, chez une patiente atteinte d’incontinence anale, il faudra veiller à rétablir les éventuels troubles du transit afin de ne pas multiplier les inconforts. Il conviendra avant tout de revoir certaines de ses habitudes alimentaires (introduction de fibres, hydratation, excès de crudités …). En cas de selles trop liquides, des compléments alimentaires permettent de solidifier ces dernières. En cas de constipation, des traitements accélérateurs de transit peuvent être prescrits.

Quel médecin consulter en cas d’incontinence anale ?

Si vous souffrez d’incontinence anale, il ne faut pas hésiter à en parler à votre médecin traitant, gynécologue ou sage-femme qui établira un diagnostic précis. Vous pouvez aussi consulter un proctologue qui effectuera un examen complémentaire. En cas de lésion sphinctérienne majeure, la rééducation anale serait vouée à l’échec et il vous faudra sûrement avoir recours à la chirurgie. il existe des professionnels de santé spécialisés dans la rééducation anale (sage-femme ou kinésithérapeute) et les séances prescrites par votre médecin sont remboursées par la Sécurité sociale.

Comment se passe la rééducation anale après l’accouchement ?

L’anus faisant partie intégrante du périnée, la rééducation de celui-ci sous-entend celle de la fonction de rétention urinaire et anale. Sur une rééducation anale, il va s’agir de muscler plus spécifiquement le périnée postérieur ; il existe pour cela des sondes anales spécifiquement adaptées à une introduction par l’anus. Avec la méthode du biofeedback (rétrocontrôle), à l’aide d’un capteur de pression rectale ou vaginale (on introduit une sonde anale ou vaginale), la patiente apprend progressivement à contracter ses muscles de manière efficace. Elle peut suivre l’intensité de ses contractions sur un écran vidéo relié. L’électrostimulation périnéale postérieure provoquant des contractions rythmées peut être également efficace mais uniquement dans certains cas bien précis. La grande majorité des incontinences anales du post-partum se règlent dans les quelques mois qui suivent. Mais dans toute rééducation périnéale, qu’elle concerne la prévention et/ou la guérison de l’incontinence urinaire ou anale, ce qui compte avant tout c’est la motivation de la patiente. Au-delà des séances effectuées en cabinet, les résultats seront nettement plus encourageants si la personne concernée est assidue et qu’elle poursuit les exercices toute seule chez elle.

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