5 situations fréquentes quand on ne sait pas qu’on est enceinte

Quelle qu’en soit la raison, bébé s’est invité dans votre utérus. Sauf que vous ne le saviez pas. Forcément, quand l’évidence s’impose, vous avez des doutes : et si, involontairement, votre mode de vie avait fait du mal à ce futur bébé ? Les réponses de Céline Albentosa, sage-femme et du Dr Annelise Jacon, chirurgien-dentiste.

J’ai continué à prendre la pilule

Les grossesses inattendues sont le plus souvent dues à un oubli de pilule dans la période de fécondité. En toute bonne foi, on continue sa plaquette, et comme les « fausses règles » arrivent au bout du compte, on ne se méfie pas. Et on ré-entame une plaquette, jusqu’aux « fausses règles » suivantes et ainsi de suite. Pour un peu, qu’on ne souffre pas de nausées de début de grossesse et autres symptômes divers et variés, bénie des dieux que l’on est, comment deviner qu’on est enceinte ?

Ce qu’il faut savoir

La femme enceinte est tellement imprégnée d’hormones que la pilule ne représente aucun danger pour l’embryon. Il suffit simplement de l’arrêter une fois que la grossesse est confirmée. En cas de grossesse sous stérilet (très rare), c’est un peu plus compliqué surtout s’il s’agit d’un stérilet au cuivre. En fonction du lieu d’implantation de l’embryon dans la muqueuse utérine, la sage-femme ou le gynécologue décidera de le retirer ou non (risque abortif si l’embryon est mal situé). Mais dans la plupart des cas, le stérilet est laissé en place sous surveillance médicale jusqu’à la fin de la grossesse.

Mon dentiste m’a fait une radio

Un petit contrôle pour une dent douloureuse, c’est la radio quasi assurée. Et si on ne sait pas enceinte, le dentiste, lui n’est pas devin. Donc, radio… C’est grave ou pas ?

Ce qu’il faut savoir

La grande majorité des cabinets dentaires en France utilise des systèmes numériques pour les clichés, technique cent fois moins irradiante que la radiographie conventionnelle. Le danger est donc très, très, très limité. De même, si vous avez dû passer une radio pour d’autres soucis qu’une simple carie ou un scanner, pas de panique : en règle générale, les examens pratiqués de manière courante ne délivrent que de très faibles doses de rayons X. Pour que le fœtus souffre de malformation ou de retard mental, il faudrait subir au moins 8 scanners abdominaux ou 20 000 radios des poumons. Ouf… on respire déjà mieux, là, non ?

Si vraiment ça vous panique encore, parlez-en à votre sage-femme ou à votre gynécologue qui contactera le radiologue pour évaluer la quantité de rayons X reçus et pourra donc faire une estimation réelle des risques encourus par l’embryon. Nul doute que vous serez vite rassurée.

J’ai fait des séances d’UV

Ras le bol du teint d’endives ? Même en hiver, les coquettes ont envie d’un look un peu plus sexy et quoi de plus tentant qu’une cabine d’UV dans ce domaine ? Ou un séjour sous les cocotiers, mais ça n’est pas le même prix et ça exige plus de disponibilité. Reste à savoir si ce bronzage artificiel a pu déranger bébé…


Ce qu’il faut savoir

Des études ont montré qu’in vitro, les embryons sont sensibles aux UV, mais on ignore leurs effets réels sur le foetus. En revanche, ce que l’on sait de source sûre, c’est qu’ils favorisent l’apparition du masque de grossesse. Et augmentent le risque de mélanome malin. D’ailleurs certains pays ont interdit carrément les cabines de bronzage. Et la France aussi récemment, lors du vote de la Loi de Santé, mais le décret d’application n’étant pas encore paru, on pourrait encore s’y précipiter. Sauf que ce n’est vraiment pas conseillé. Pour un joli teint hâlé, foncez sur les autobronzants progressif (en version bio, il existe notamment chez Melvita une formule très satisfaisante à partir d’ingrédients naturels).

J’ai continué à prendre mes médicaments

Un rhume, une infection… ou un traitement au long cours ? Parfois, le traitement médicamenteux fait partie du quotidien. Mais quand on se découvre enceinte par hasard, il y a de quoi flipper parfois quant aux conséquences de cette pharmacopée sur le fœtus. Restez zen, les effets les plus graves ne concernent heureusement que très peu de molécules. En tout état de cause, lisez tout de même soigneusement les notices, les contre-indications sont précisées, ou/et interrogez le Centre de Référence sur les Agents Tératogènes (CRAT).

Ce qu’il faut savoir

En général, les femmes en âge de procréer qui suivent un traitement pour une pathologie particulière sont averties des risques que cela représente en cas de grossesse et sont en général à l’abri d’une grossesse surprise. Tout traitement antibiotique pour soigner l’acné, par exemple, exige chaque mois un test sanguin de dépistage de la grossesse, donc les risques de ne découvrir sa grossesse qu’au troisième mois ou plus tard encore, sont inexistants. Les femmes épileptiques, suivies régulièrement par un neurologue, sont normalement averties des risques teratogènes de certaines molécules, notamment le valproate de sodium (Dépakine), un traitement qu’il ne faut pas arrêter brusquement. Appelez vite votre neurologue qui avisera. Sinon, s’il s’agissait juste de médicaments courants, il n’y a pas lieu de trop s’inquiéter.

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Evitez tout de même l’automédication car un certain nombre de molécules sont déconseillées voire interdites à des stades différents de la grossesse (par exemple, l’aspirine et l’ibuprofène, tolérés en début de grossesse, ne le sont plus à partir du 6ème mois). Les médicaments courants à bannir sont les anti-inflammatoires, un bon nombre d’antibiotiques et certains antidépresseurs. En cas de doute, parlez-en à votre médecin qui pourra contacter le CRAT en cas de doute pour obtenir un avis.


Je me suis fait vacciner

Qu’il s’agisse de prévention de la grippe ou d’un rappel d’une « vieille » vaccination comme le tétanos, il arrive dans notre vie d’adulte de renouer avec la vaccination. Et si vous l’avez fait sans avoir que vous étiez enceinte, vous pouvez nourrir quelques inquiétudes, en effet, mais ça ne veut pas dire qu’elles sont justifiées…

Ce qu’il faut savoir

Certains vaccins comportent un risque réel : fièvre jaune, rubéole, rougeole, varicelle et BCG car ils sont à base de virus vivants ou atténués. Mais en dehors de celui contre la fièvre jaune si vous projetiez un voyage lointain, ce ne sont pas ceux qu’on effectue le plus souvent à l’âge adulte ! Contrairement au tétanos ou à la grippe…

Ces vaccins, comme celui contre l’hépatite B sont sans danger pendant la grossesse. Le vaccin contre la grippe, sans adjuvant à l’aluminium, est même recommandé par les autorités de santé aux femmes enceintes qui ont un système immunitaire abaissé afin que leur organisme accepte le « corps étranger » que représente le fœtus. Et quand les défenses immunitaires sont abaissées, on a tendance à choper tous les virus qui passent. La grippe peut être dangereuse, parfois mortelle, pour les personnes à l’immunité affaiblie.

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