Trois grossesses, trois parcours compliqués et semés d’embûches mais trois amies qui se soutiennent plus que tout

Hello la communauté Neuf Mois ! Nous c’est Aurore, Perrine et Camille, trois amies qui ont connu bien des épreuves et de grosses galères avant de partager en même temps la joie de devenir maman. Etre enceinte après avoir vécu un parcours vraiment compliqué, quel bonheur, mais en plus être enceinte en même temps que ses meilleures copines, c’est fabuleux… Et c’est ici, sur Neuf Mois, que nous tenions à partager et raconter notre histoire. 

Perrine : « j’ai été la première à annoncer ma grossesse »

Pour mon compagnon et moi, c’était la fin de plusieurs années d’attente. Nous étions si heureux. Il faut dire que notre parcours a été laborieux. Nous avons commencé les essais mais j’ai malheureusement fait une fausse couche à 7 semaines d’aménorrhée. Nous nous sommes alors tournés vers la PMA. La fécondation in vitro s’est malheureusement avérée négative. De plus, mon compagnon allait subir une opération et de mon côté, je décidais de me faire poser un anneau gastrique quelques mois après. Deux ans plus tard, nous avons décidé d’avoir recours à l’insémination artificielle. Et là, le miracle : celle-ci a fonctionné, j’étais enfin enceinte. Le premier bébé du groupe était lancé. Avec mon compagnon, nous avons décidé de ne pas connaître le sexe du bébé, ni de dévoiler le prénom choisi. Mes amies ont donc choisi de l’appeler Olaf, en attendant de le rencontrer. Pour tout vous dire, j’étais angoissée à l’idée d’annoncer à mes amies que j’étais enceinte. Dire à ces dernières qu’on a enfin réussi alors qu’elles étaient toutes les deux en essai et avaient du mal à y arriver, cela a été très difficile. J’étais très heureuse d’avoir réussi mais je craignais en même temps leurs réactions. Ne pas pouvoir parler de cette grossesse autant que je l’aurais voulu et ne pas pouvoir partager mon bonheur a été compliqué. Finalement, elles étaient très contentes pour moi, ce qui m’a fait très plaisir. J’avais peur de ne pas réussir à leur annoncer que j’étais enceinte alors qu’elles n’y parvenaient pas. Je sais ce que ce genre d’annonce peut provoquer. Au final, tout s’est bien passé.

Camille : « je suis la « vieille » maman du groupe » 

Mon aînée est âgée de 3 ans et demi et est issue d’un parcours un peu long aussi. Pour l’avoir, j’ai décidé d’arrêter toute contraception. Pourtant, au bout de 2 ans, je ne suis toujours pas enceinte. Je décide donc timidement de contacter une gynécologue spécialisée avec laquelle je réalise mes premiers tests pour chercher la source d’éventuels problèmes. Après des stimulations simples et une première fausse couche,  je décide de me diriger vers un centre plus important sur Lyon appelé  « Procreo ». Là-bas, je consulte le Docteur Divry qui me recommande de faire une chirurgie bariatrique. Mon esprit change de préoccupation, le projet bébé se fait moins lourd à porter, et surprise mon test est positif. Ce fut un bonheur de partager ce petit bébé qui arrivait avec mes amies, ces dernières n’étant pas encore au stade de la PMA. La grossesse se passe sans encombre. Et enfin, une jolie petite fille se prénommant Clélia pointe le bout de son nez. Nous sommes très heureux. Après 4 années à ne penser qu’a ce bébé qui n’arrivait pas, ainsi qu’une fausse couche précoce, tout est effacé pour laisser place au bonheur.

Nous décidons ensuite de faire un petit frère ou une petite sœur à Clélia. Mais nous sommes encore angoissés à l’idée de connaître à nouveau un parcours long et difficile. Néanmoins, j’apprends que je suis à nouveau enceinte. Cette grossesse est bien plus compliquée à annoncer désormais, puisque mes amies ont débuté le parcours de la PMA. Pour l’avoir vécue, je sais à quel point l’annonce d’une grossesse est difficile. Pourtant, je sais aussi que j’ai besoin de mes amies, d’autant plus que les choses ne semblent pas se dérouler comme il le faut. Effectivement, un curetage aura lieu, le cœur du fœtus s’étant arrêté… Une expérience marquante, et pourtant, je suis à nouveau enceinte. Je suis très angoissée, néanmoins, ma petite Noélyne naît pourtant sans aucun souci. Une bonne nouvelle accueillie avec tristesse, car même si Perrine était enfin enceinte, Aurore venait d’apprendre l’échec de son insémination. Mais finalement, un mois après, Aurore a appris qu’elle nous rejoignait  dans l’aventure de la grossesse.

En tant que maman d’un second enfant, j’ai pu transmettre à mes amies mon ressenti sur l’accouchement. De plus, j’étais super heureuse de savoir que nous serions mamans toutes les trois en même temps. Je voulais soutenir mes amies, qui rentraient dans un nouveau monde, celui de la grossesse. Nous avons pu nous entraider, nous donner des conseils mutuellement, donc cette seconde grossesse était très différente de la première pour moi.

L’histoire d’Aurore : « pendant quelques jours, j’ai été jalouse en silence »

J’étais suivie par le Docteur Divry au centre Procreo , quand j’ai commencé mon parcours pour la PMA. Camille venait de subir son curetage et l’ambiance n’était pas des plus agréables. Puis Perrine a appris qu’elle allait devenir maman.  Pendant quelques jours, j’ai été jalouse en silence… Il m’a fallu un peu de temps pour digérer la nouvelle. Finalement, je me suis rendu compte que même si moi, je n’y arrivais pas, elle oui. Elle était heureuse, donc je voulais aussi l’être pour elle.

Le premier mois a été un échec. Le risque que la PMA fonctionne et que je me retrouve enceinte de triplés était trop grand, donc le docteur m’a refusé l’essai. Au second mois, la première insémination artificielle s’avère être également un échec. Je suis extrêmement déçue, d’autant que celle du mois suivant ne peut être réalisée, et que la tentative du troisième mois est également un échec. Je suis au plus mal, d’autant que Camille m’annonce sa grossesse.  Je n’arrêtais pas de me dire que si mon insémination avait fonctionné, j’aurais été enceinte en même temps que ma meilleure amie, et que nous aurions pu partager cela. Là, elle allait partager ce moment avec Perrine, et j’allais être exclue de cette expérience… Je me sentais nulle et inutile, étant incapable de concevoir et de réaliser mon rêve de devenir maman malgré la PMA, malgré les piqûres quotidiennes depuis 4 mois et les sempiternelles échographies.


Mais nous avons enfin rendez-vous avec mon conjoint pour la troisième insémination artificielle, et le miracle se produit : je suis enfin enceinte. Ma prise de sang est positive, j’ai un taux élevé de bêta HCG, bref, je suis folle de joie. Je l’annonce alors aux filles, et enfin, nous réalisons que nous sommes toutes les trois enceintes en même temps. Nous allons pouvoir tout partager, comme on en rêvait depuis la fac. Je commence tout de même à être angoissée… J’ai peur de la douleur, de l’accouchement, je suis terrifiée à l’idée de mourir en mettant mon enfant au monde. Je réclame une césarienne, mais on me la refuse. Je stresse d’autant plus. Les filles me soutiennent tout au long de ma grossesse et parviennent à me détendre suffisamment pour que j’ai le courage d’avancer et d’y arriver.

Si nous devions résumer nos grossesses, nous pourrions parler de peur, d’échange, de bonheur, de partage, ainsi que d’entraide. Aujourd’hui, nous sommes toutes comblées et faisons en sorte de nous voir régulièrement, voire plus qu’avant. Vivre ensemble cette expérience nous a encore plus rapprochées, et nous avons la chance de savoir que nos enfants vont grandir ensemble. Nous espérons juste qu’ils partageront eux aussi une aussi belle amitié que la nôtre.  

 

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