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Ce jour oĂč je me suis fait couper en deux pour donner naissance Ă  ma fille…

Hello les amies, moi c’est Chouquette et l’homme de ma vie c’est Chat… Ça c’est mon histoire Ă  moi, pas celle de la voisine , ni une fiction…non c’est l’histoire de ma vie, racontĂ©e Ă  tripes ouvertes. Ça fait un tout petit peu plus de trois ans que nous sommes ensemble : heureux, amoureux, Ă©panouis… Le bonheur ne compte pas les points. Moi ? Je suis malade. Malade depuis longtemps…Depuis 14 ans je suis atteinte d’une maladie auto-immune : le genre de maladie qui incite votre propre corps Ă  se battre contre lui-mĂȘme, le systĂšme immunitaire a dĂ» rester perchĂ© quelque part lĂ -haut sur son cocotier car au lieu de me protĂ©ger, il envoie ses petits soldats les anticorps dĂ©truire mon organisme…

La mĂ©decine explique qu’on ne sait pas pourquoi ça arrive ni pourquoi ça se dĂ©clenche comme ça soudainement…

Je teste un nombre incalculable de traitements, tous en vain car le corps refuse tout en bloc. Alors l’hĂŽpital attend mes 18 ans, la fin de ma croissance en somme , pour me soigner : par chimiothĂ©rapie parce que c’est le seul traitement qui me soulage. Un peu comme ces gens qui ont le cancer, cette saletĂ© que j’appelle le crabe de la mort. Moi ce n’est pas un crabe c’est plutĂŽt une mygale du Bengale qui a tissĂ© sa toile dans tout mon organisme et qui s’amuse Ă  le pourrir de fond en comble. Et puis depuis deux ans j’ai dĂ©veloppĂ© ce que la science appelle des douleurs neuropathiques invalidantes. La premiĂšre fois que j’ai entendu le nom j’ai failli m’Ă©touffer avec. C’est quoi ce truc encore ? AprĂšs plusieurs mois de souffrance et d’hospitalisation on m’explique que c’est le systĂšme nerveux qui nĂ©crose (comprenez qui moisit/se putrĂ©fie)…mais pas n’importe oĂč non…dans mon utĂ©rus. Ma fabrique Ă  bĂ©bĂ©s ! Les douleurs que je ressens en plus de celles provoquĂ©es par la mygale sont telles que je suis pliĂ©e en quatre. Je mange douleur, je pisse douleur, je travaille douleur, je marche douleur…ma vie est douleur. L’Ă©chelle de cette de douleur qui va de 1 Ă  10 sur laquelle on vous demande d’Ă©valuer combien vous souffrez ? Ha bah moi c’est facile 3000000/10 au minimum, pour vous donner une idĂ©e. Souffrance Ă  un chouilla de l’insurmontable. Mais je survis. Parce qu’il le faut. Parce que dans la vie on arrĂȘte jamais de se battre. Aucun traitement proposĂ© par l’hĂŽpital ou le centre de la douleur ne fonctionne alors je pars Ă  Nantes pour rencontrer un des grands pontes de la douleur neuropathique qui lui me dit que seul un protocole KĂ©tamine pourra me soulager.

Alors j’entame ce protocole, je retourne Ă  l’hĂŽpital que je commence Ă  connaĂźtre par cƓur et je vais me faire perforer les autoroutes qui me servent de veines pour recevoir cette fameuse KĂ©tamine. J’ai vu des Ă©lĂ©phants roses manger des coccinelles, des tentacules sortir des murs, des Ă©toiles vert fluo qui chantent mais j’ai Ă©tĂ© soulagĂ©e alors le reste n’a plus eu trop d’importance. Puis avec le Chat, nous avons ressenti le besoin de concrĂ©tiser notre amour et donc dĂ©cider de faire un bĂ©bĂ©. Je ne savais pas si ça allait marcher, les mĂ©decins Ă©taient sceptiques vu la santĂ© que je me traĂźne mais ma vieille carcasse malade s’est finalement mise en route et nous avons appris ma grossesse un 8 dĂ©cembre Ă  l’hĂŽpital : jour oĂč je devais initialement recevoir une fois de plus la KĂ©tamine. Les bĂȘta-HCG avaient lĂ©gĂšrement augmentĂ©, assez pour convaincre le mĂ©decin qui me suivait de ne pas me faire transfĂ©rer en neurologie pour le traitement au risque de tuer le fƓtus mais pas assez pour convaincre le Chat que c’Ă©tait bien rĂ©el.

Une semaine plus tard donc le 14 je refaisais une prise de sang et lĂ , surprise…

BĂ©bĂ© s’Ă©tait installĂ©, nous avions confirmation. A partir de lĂ  tout a changĂ© : je n’ai Ă©videmment pas pu garder ma chimiothĂ©rapie habituelle, les mĂ©decins me l’ont adaptĂ©e Ă  la grossesse . On me dit que ce sera beaucoup moins efficace mais que c’est le seul moyen de combiner la vie et la mort, en l’occurrence la mygale et mon bĂ©bĂ©. Et bien sĂ»r j’ai dĂ» arrĂȘter la KĂ©tamine, incompatible avec mon nouveau moi. C’est parti pour 9 mois de galĂšre sans traitements Ă  deux dans le mĂȘme corps dont on ne sait pas si on peut faire confiance Ă  celui-ci dans la mesure oĂč il peut lĂącher Ă  n’importe quel moment. Alors je m’accroche chaque jour qui passe…plus le temps avance plus je souffre…mais je tiens bon. Pour mon Chat, pour le bĂ©bĂ© que je fabrique et un petit peu pour moi aussi.

J’ai des infirmiĂšres Ă  domicile une Ă  deux fois par semaine, une sage-femme Ă  domicile toutes les semaines , je vais Ă  l’hĂŽpital et Ă  la maternitĂ© plusieurs fois dans le mois… Autant vous dire que je suis encore plus surveillĂ©e que le prĂ©sident. Ma grossesse est Ă  hauts risques alors on prend les prĂ©cautions nĂ©cessaires. Maman et bĂ©bĂ© doivent ĂȘtre protĂ©gĂ©s par tous les moyens possibles. Les premiers mois sont plus que durs, sans mes traitements je suis au bout de ma vie. J’ai sans cesse l’impression que je vais mourir, que mon cƓur va lĂącher tellement j’ai mal, que ma tĂȘte va exploser tellement je pleure mais heureusement le Chat est lĂ  pour me prendre dans ses bras quand c’est trop dur et que je veux abandonner. L’amour fait des miracles, je continue d’avancer chaque jour un peu plus. Ici on est forts. A chaque Ă©chographie mensuelle, oui parce que l’avantage d’ĂȘtre aussi malade, c’est qu’on vous met d’office des rendez-vous en confĂ©rence visuelle avec votre bĂ©bĂ© tous les mois pour voir s’il se dĂ©veloppe bien, si tout est normal, s’il n’y a pas de graves anomalies dues aux traitements de cheval de la maman… J’ai de fortes angoisses mais le diagnostic est jusque-lĂ  toujours bon.

Je vois mon bĂ©bĂ© qui ressemble vraiment Ă  un bĂ©bĂ© et pas Ă  un micro tĂȘtard, pour la premiĂšre fois Ă  l’Ă©chographie des 12 semaines. On nous annonce, Ă  90% de certitude, une petite fille. Notre graine d’amour tant dĂ©sirĂ©e est une princesse. Nous voulions un fils mais la nature a tranchĂ©. Chat a du mal Ă  s’y faire mais trĂšs vite il saute au plafond quand il rĂ©alise qu’il ne perdra pas au change. Le temps passe, les mĂ©decins de la maternitĂ© me rassurent chaque mois quand je me pointe pour un contrĂŽle. Et puis j’arrive aux 22 semaines. TrĂšs vite. Je n’ai pas vu le temps passe.

A l’Ă©chographie de contrĂŽle on me diagnostique un placenta praevia

Un quoi je dis ? AprĂšs des explications, nous apprenons que comme 1% des femmes enceintes, le placenta qui fait vivre mon bĂ©bĂ© Ă  travers moi est mal placĂ© : au lieu d’ĂȘtre en haut du ventre comme tous les placentas normaux, il est complĂštement en bas et recouvre entiĂšrement le col de l’utĂ©rus, seule sortie possible pour dans quelques mois. LĂ  je dois ĂȘtre maudite ce n’est pas possible autrement. A cause de ce mauvais positionnement, ma fille est elle aussi mal placĂ©e dans mon ventre. Mais les mĂ©decins ne sont pas tellement inquiets car c’est pour eux une anomalie banale. Ils nous expliquent qu’il peut toujours remonter avant le terme et que donc bĂ©bĂ© se placera correctement en consĂ©quence. Par contre je dois faire encore plus attention car le moindre choc peut me faire saigner et lĂ  comme je dis souvent c’est « terminado la rigolada. ». Évidemment ça m’arrivera…deux fois…oĂč j’ai eu trĂšs peur… Je perds du sang, quelques petites mĂ©trorragies provoquĂ©es par le stress, les angoisses, la fatigue et bĂ©bĂ© que je sens me donner des petits coups. Chat dit que ce sont des coups « de latte », moi j’adore. La sentir bouger me rassure et me conforte dans l’idĂ©e que je fais bien d’endurer toute cette souffrance car la rĂ©compense n’en sera que plus belle.

Un samedi, nous sommes en soirĂ©e, j’ai subitement trĂšs mal au ventre. Je dis Ă  Chat que je l’abandonne Ă  son cuba libre, je ne me sens vraiment pas bien, il est un peu surpris car ça ne m’arrive jamais. Je monte me coucher et la nuit se passe tranquillement. Puis on arrive aux 36 semaines, 4 jours aprĂšs cette Ă©trange sensation de mal-ĂȘtre Ă  l’intĂ©rieur de moi. Mais je vais bien.

Encore une Ă©chographie. Pour vĂ©rifier. Mon terme c’est le 25 aoĂ»t. Nous sommes le 26 juillet, le jour oĂč une de mes sƓurs, Johanna est nĂ©e, il y a 21 ans . Alors comme cadeau je lui dis de venir avec moi Ă  l’examen. Nous voyons ma fille en siĂšge, mais en bonne santĂ©. Tous les organes sont bien dĂ©veloppĂ©s, elle est estimĂ©e Ă  2,5 kg Ă  la naissance. Le placenta est bien remontĂ©, aucun souci pour la suite. C’est un petit poids mais moi aussi quand je suis nĂ©e j’Ă©tais toute fine : haute comme 3 plaquettes de beurre pour 2,3 kg alors ça ne m’inquiĂšte pas. Nous repartons de la maternitĂ©, confiantes toutes les deux, pour le dernier mois de grossesse.

Je ne cesse de cĂąliner mon ventre depuis des mois

Je parle Ă  mon nombril en espĂ©rant que bĂ©bĂ© ait dĂ©jĂ  l’Ă©cho de ma voix, je mitraille mon corps qui abrite ce petit fruit de notre amour, cette petite graine tant attendue, pour avoir plus tard, de beaux souvenirs et pouvoir lui montrer comment maman s’est petit Ă  petit transformĂ©e en baleine pour la fabriquer. Le 27 juillet arrive, je suis encore lĂ  , enceinte jusqu’aux yeux, je suis Ă  37 semaines. J’ai mon oncle et ma tante Ă  la maison depuis quelques jours et c’est l’heure du dĂ©jeuner. Il fait chaud et je suis fatiguĂ©e mais j’ai trop envie de tomate mozzarella alors je cuisine assise Ă  mon bar. D’un coup je ne me sens pas bien. La tĂȘte me tourne et je sens que quelque chose au fond de moi cloche. Je cours Ă  la salle de bain. Je n’ai pas le temps de m’asseoir que je me mets Ă  perdre du sang. Beaucoup trop de sang. Je n’ai pas le temps de comprendre ce qui se passe, je crie au Chat que quelque chose ne va pas. A ce moment-lĂ  j’ai tellement peur que je tremble de partout. J’appelle la maternitĂ© qui me dit de venir tout de suite aux urgences.

Chat m’emmĂšne en voiture, 20 longues minutes nous sĂ©parent de la clinique et je perds toujours du sang. Comme Ă  son habitude il me fait des blagues nulles : « attention Ă  mes siĂšges en cuir », il me balance mais Ă  ce moment prĂ©cis je n’ai pas le cƓur Ă  sourire. Je m’inquiĂšte pour notre fille. Que se passe-t-il ? Nous arrivons enfin aux urgences. Une sage-femme un peu brute de dĂ©coffrage m’examine et me dit qu’il y autre chose que du sang dans ce que je perds, que je suis ouverte Ă  1 doigt , qu’il y a de grosses contractions mais qu’on va quand mĂȘme faire une Ă©chographie pour voir ce qu’il passe avant d’appeler la gynĂ©cologue. ConcrĂštement elle croit que le travail commence. Chat pense que je vais accoucher ce soir ou cette nuit. Moi j’ai de sĂ©rieux doutes sur la question je ne le sens pas.

La sage-femme m’installe un monitoring, j’entends alors battre le cƓur de mon bĂ©bĂ©. Je suis quelque peu rassurĂ©e, au moins elle est toujours en vie. Mais avec tout ce sang qui coule je ne suis pas tranquille. On me descend au bloc Ă©chographie en fauteuil avec les superbes blouses de l’hĂŽpital : celles oĂč vous ĂȘtes nues dessous et oĂč tout le monde peut contempler votre arriĂšre-train. J’ai froid et j’ai peur. Chat est reparti pour son travail, je suis seule avec toute cette ribambelle de mĂ©decins qui me tourne autour comme des mouches. Je patiente un peu puis le mĂ©decin Ă©chographiste me prend en charge. Encore et toujours ce sang qui coule, je lis dans ses yeux qu’il n’est pas tranquille non plus. Il reste silencieux comme la mort, je pose alors la question fatidique aprĂšs 5 minutes d’examen : qu’est ce qui se passe ? Le verdict tombe : il me rĂ©pond qu’il y a un hĂ©matome de la taille d’une pastĂšque sous la tĂȘte de mon bĂ©bĂ©, et qu’il n’y a quasiment plus de col. « Vous savez ce qui va suivre ? », me dit-il… Malheureusement oui je connais la suite des Ă©vĂ©nements. On me remonte Ă  toute vitesse aux urgences maternitĂ©. La sage-femme m’annonce une cĂ©sarienne d’urgence, mon bĂ©bĂ© sera trĂšs vite en souffrance si l’on ne me dĂ©coupe pas. Elle prend mon tĂ©lĂ©phone pour appeler le Chat qui rapplique en deux temps trois mouvements. Je ne sais pas Ă  quoi est du cet hĂ©matome on ne me dit rien.

LĂ -bas c’est un peu comme Ă  l’usine…

Ils enchaĂźnent les accouchements comme nous on enchaĂźnerait les cacahuĂštes Ă  l’apĂ©ro alors bien sĂ»r je n’en sais toujours pas plus. On me demande ma carte de groupe sanguin, il se peut que je sois transfusĂ©e et une infirmiĂšre vient me poser la perfusion. Je serre trĂšs fort la main du Chat et lui demande de m’accompagner au bloc opĂ©ratoire. Je fais la fiĂšre en essayant de cacher mon stress mais il voit bien que ça ne va pas, il me connaĂźt. Je rencontre l’Ă©quipe mĂ©dicale qui va me prendre en charge tout le long de la cĂ©sarienne. Je perds toujours mon sang. J’ai froid, j’ai mal et je veux que ça aille plus vite. Ce vieux monsieur qu’est l’anesthĂ©siste me dit qu’il va me faire une rachianesthĂ©sie : d’accord faites-moi ce que vous voulez mais activez-vous. Je ne sens plus mes jambes mais je sens toujours mon ventre, les contractions, les mĂ©decins qui m’appuient dessus, ce n’est pas normal…je leur demande oĂč est mon Chat, il ne me reste plus beaucoup de forces, Ă  peine de quoi articuler quelques maigres mots… Ils me rĂ©pondent que mon mari arrive. Puis j’entends la gynĂ©cologue qui clame l’ouverture de la boucherie. Je me rappelle vomir quelque chose de jaune fluo. Je me rappelle avoir senti les mains de l’Ă©quipe mĂ©dicale Ă  l’intĂ©rieur de moi aprĂšs le coup de scalpel… Ils ont sĂ»rement dĂ» inciser grand car j’ai l’impression d’avoir les boyaux au vent. Je les sens Ă©carter mes muscles & mes organes pour aller chercher mon bĂ©bĂ©. Ce sont des sensations trĂšs Ă©tranges que d’ĂȘtre fouillĂ© ainsi de l’intĂ©rieur…Mais je n’ai pas mal…je suis avec les anges. J’entends la gynĂ©cologue me dire que ma fille fait 2,080 kg.. mais je ne la vois pas. Elle n’est pas sur moi je ne comprends pas… oĂč est mon bĂ©bé ? On me dit qu’elle va bien mais que je ne pourrais pas la voir tout de suite. On ne me dit jamais rien ici ça commence Ă  ĂȘtre usant. Je ne sais mĂȘme pas oĂč je suis. On me dit fĂ©licitations pour la naissance de ma fille et on m’amĂšne une photo d’elle en noir et blanc. C’est une macro chouquette branchĂ©e de partout.

LĂ  je percute enfin, je suis en salle de rĂ©veil. Tout ce que je veux c’est voir les deux amours de ma vie. Le temps me paraĂźt infiniment long. Puis on m’annonce que je vais ĂȘtre transfĂ©rĂ©e en chambre pour me reposer. Mais j’en ai rien Ă  cirer de me reposer moi. On me pousse alors en fauteuil jusqu’au service de rĂ©a-nĂ©onatologie. J’aperçois mon bĂ©bĂ© cƓur et mon Chat. Ils m’ont tant manquĂ©. On me met macro chouquette dans les bras. Elle est si petite, si fragile…on m’accorde 5 minutes car aprĂšs elle doit retourner dans ce que j’appelle son aquarium : la fameuse couveuse.

Je ne revois pas la gynĂ©cologue…

Ça non plus je ne sais pas trop pourquoi. J’aurais voulu qu’on m’explique, qu’on me parle, qu’on me rassure mais rien de tout ça ne vient. Alors j’attends. Puis 9 heures, le lendemain arrive. Nous sommes le 28 juillet. La gynĂ©cologue entre dans ma chambre, fleur au fusil et me balance Ă  la tronche : «  Bon vous avez failli la perdre mais tout va bien ! ». Je fonds littĂ©ralement en larmes , le moment des explications est enfin arrivĂ©. Elle me dit qu’en fait le placenta praevia n’est pas complĂštement remontĂ©, il restait une languette sur le cĂŽtĂ© gauche. Languette qui a provoquĂ© un dĂ©collement des membranes puis un dĂ©collement placentaire. Vous vous rappelez de ce samedi soir oĂč j’ai eu trĂšs mal au ventre ? Ça c’est le fameux hĂ©matome qui se forme… Je n’ai accouchĂ© que 5 jours plus tard d’oĂč son Ă©norme taille. Elle me dit qu’il Ă©tait rempli de caillots et qu’heureusement que j’ai fait une hĂ©morragie externe car ça aurait Ă©tĂ© interne, mon bĂ©bĂ© serait mort. Je comprends alors Ă  cĂŽtĂ© de quoi je suis passĂ©e. Je viens de comprendre que j’ai failli perdre ma fille. Elle m’explique que notre boule de bĂ©bĂ© d’amour Ă©tait trĂšs fatiguĂ©e Ă  la naissance, beaucoup trop maigre, d’une extrĂȘme pĂąleur et en dĂ©tresse respiratoire. C’est pour ça qu’on me l’a enlevĂ© si vite. Maintenant je comprends mieux mais Dame la Peur s’est emparĂ©e de moi et je n’arrive pas Ă  me calmer. S’ils m’ont dĂ©coupĂ© c’est pour nous sauver pourtant.

Aujourd’hui aprĂšs la boucherie, nous allons bien. Mais j’ai toujours peur et je pleure encore. Je fais partie de ces femmes, des warriors jusqu’au bout des ongles, cette tribu de femmes fortes qui ont un sourire gravĂ© sur le bas-ventre… Le sourire qui a donnĂ© la vie Ă  une merveille de bĂ©bĂ©. Je suis une maman qui a survĂ©cu pour vous conter la lĂ©gende de la cĂ©sarienne d’urgence. Ce 27 juillet, le jour oĂč je me suis fait couper en deux est aussi le jour oĂč j’ai donnĂ© naissance Ă  notre fille. S’il fallait recommencer je recommencerai car rien ne vaut plus cher Ă  mes yeux que le regard de ma fille dans lequel je lis un amour Ă©ternel. Quand nous contemplons notre bĂ©bĂ© je sais que je n’ai pas endurĂ© tout ça pour rien. « La vraie vie commence quand les anges te donnent la possibilitĂ© de renaĂźtre »…

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