Un placenta praevia, c’est grave ou pas ?

Pendant la grossesse, les médecins ont parfois le chic pour nous flanquer une trouille bleue avec des mots savants qui nous semblent sonner le tocsin, alors que finalement, ce n’est pas forcément la déclaration de guerre. Sûr que si le gynécologue te dit comme ça, brut de décoffrage, que tu as un placenta praevia, tu vas baliser. Normal, moi aussi à ta place. Alors Neuf Mois a posé la question au Dr Karine Guillard, gynécologue-obstétricien : c’est grave ou pas, ça ?

Dépisté en général lors de l’échographie du quatrième mois de grossesse, le placenta praevia est un placenta qui recouvre plus ou moins le col de l’utérus. Les médecins parlent de placenta à insertion recouvrante, qui peut être marginale ou latérale. Ce qui n’est pas vraiment sa place au départ.

Et qu’est-ce que ça change ?

Cela peut provoquer des hémorragies au troisième trimestre, d’une intensité variable, et surtout sans signe annonciateur. Tu peux être tranquille en train de dormir et zou, c’est parti pour un joli flux d’hémoglobine. Conseil d’amie, si tu as un placenta praevia, prévois un protège-matelas bien imperméable par mesure de précaution ! Mais bon, ça peut aussi arriver au bureau ! Donc, même conseil de copine, balade-toi avec une petite trousse de secours, contenant tout ce qu’il faut pour colmater les brèches… Mais surtout, file consulter ton gynécologue-obstétricien !

Césarienne obligée ?

Côté santé, au cours du troisième trimestre, il faut lever le pied afin d’éviter une naissance prématurée. En effet, parfois, des contractions peuvent endommager le placenta et provoquer un décollement et donc de fortes hémorragies. Dans ce cas, l’équipe médicale décide d’un déclenchement immédiat, indispensable, même de manière très prématurée, pour sauver le bébé et garantir la sécurité de la maman. Dans le cas contraire où la grossesse arrive heureusement à terme sans trop de souci, l’accouchement par voie basse est en principe possible sauf si le placenta est trop proche du col de l’utérus ou qu’il le recouvre en grande partie. Dans ce cas, pas le choix, c’est la césarienne….

Les précautions indispensables

Donc, oui,un placenta praevia, ça peut être grave, on ne va pas dire le contraire même si, heureusement, dans de nombreux cas, tout se passe bien. C’est surtout en cas de contractions fortes et fréquentes qu’il y a du danger. La solution est simple : du repos ! S’allonger le plus possible, éviter les grosses fatigues, le ménage de printemps et tutti quanti. Et ne pas zapper la prescription que le médecin aura faite, le cas échéant, de médicaments stoppant les contractions.

Quelle qu’en soit la cause, en cas de placenta praevia, la sagesse, c’est d’éviter les déplacements inutiles, surtout en voiture (contractions assurées) et de rester toujours à proximité d’une maternité avec un plateau technique pouvant prendre en charge ce type de complication. Le placenta praevia est une complication qui touche environ 1 femme enceinte sur 200, soit une complication de la grossesse quand même assez fréquente. Plus on attend pour programmer bébé, plus on risque d’être touchée mais l’âge n’est pas le facteur prédisposant : en cas de cicatrices utérines (type curetage) ou de grossesse multiple, on a plus de risques de présenter un placenta praevia…

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