Procréation : faire un bébé ça marche comment ?

Vous vous souvenez de maman, vous expliquant comment naissent les bébés quand vous étiez petite ? « Les filles naissent dans les roses et les garçons dans les choux ». Ou de mamie quand elle vous racontait que : « ce sont les cigognes qui déposent les bébés dans les maisons». Si ces explications vous ont satisfaites étant plus jeune et contenteront sûrement votre bambin un temps, elles ne reflètent pas la réalité de la procréation. Votre enfant, très curieux, ne cessera alors de vous harceler en vous posant la question que tout parent redoute : « Maman, comment on fait les bébés ? »

Si la naissance d’un enfant est un miracle de la vie, fruit de l’amour entre deux êtres, il est aussi le résultat d’un phénomène scientifique, qui se produit au cours d’un rapport sexuel, la rencontre d’un petit ovule et d’un spermatozoïde. Enquête dans les coulisses de la vie avec le collège national des gynécologues et obstétriciens français.

 

Bébé, mode d’emploi : faites l’amour

Faire un bébé, comment ça marche ? Un bébé est engendré suite à un rapport sexuel fécond, ce qui déclenche ensuite une fécondation. Condition number one de la fécondation ? La rencontre puis la fusion d’un spermatozoïde avec un ovule, qui a lieu dans la trompe utérine. Toutefois, pour que cela fonctionne, le rapport amoureux doit avoir lieu dans les 24 à 48 heures autour de l’ovulation. L’implantation dans l’utérus aura lieu 6 à 7 jours après l’ovulation. Sachant que le taux de survie d’un spermatozoïde est de 72 heures en moyenne et que l’ovule ne reste fécondable guère plus longtemps, la probabilité de concevoir un enfant sur un cycle de 28 jours est donc assez faible.

 

Une affaire d’hygiène de vie

Bien souvent, plusieurs tentatives sont nécessaires pour tomber enceinte, les filles ! Donc pas de panique ! On ne tombe pas enceinte d’un seul coup de baguette magique. Fatigue, mauvaise hygiène de vie, pilule sont autant de facteurs qui peuvent entraver la fécondation. Ce n’est pas parce que vous désirez un bébé ardemment que le test va virer au positif par magie…

Optimisez vos chances pour favoriser la conception. Évitez alcool, tabac et mangez équilibré. Bref, prenez soin de vous, ne vous focalisez pas sur cette envie de bébé qui peut venir parasiter votre couple. La recette miracle ? Faites l’amour régulièrement bien entendu et aux périodes où vous êtes féconde. C’est votre chéri qui va être content ! Par ailleurs, sachez qu’en fin de journée – entre 17 et 19 heures -, la densité du sperme est plus élevée de 35 % par rapport au matin. Sachant que la femme est plus susceptible d’ovuler elle aussi dans l’après-midi, la conclusion est simple : faites l’amour en fin d’après midi ! Et si vous passiez la fin de journée sous la couette avec Chéri ? Un bon programme !

 

Les techniques qui boostent

Même si concevoir un bébé paraît naturel et simple, certains couples rencontrent des difficultés. En effet, environ un couple sur sept a des difficultés pour avoir des enfants. L’infertilité est le plus souvent en cause, chez l’un ou l’autre partenaire.  Les progrès de la science aidant, il existe aujourd’hui des recours pour favoriser cette Procréation Médicalement Assistée : la PMA.

Dans certains cas, il suffit juste de favoriser la fécondation. Lorsqu’il y a un problème d’obstruction des trompes utérines chez la femme ou des canaux génitaux, une intervention chirurgicale peut régler le problème. Si ce sont des troubles de l’ovulation qui sont en cause, un traitement hormonal peut suffire pour les régler et favoriser ainsi la procréation. Les traitements de l’infertilité actuellement proposés n’ont cessé de progresser grâce à une meilleure maîtrise des processus hormonaux et de la production des hormones impliquées dans la fertilité. Ces hormones permettent la stimulation de l’ovulation en vue de la grossesse. La connaissance de celles-ci et leurs protocoles d’administration favorisent dès lors la mise en œuvre des différentes techniques d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP), qu’il s’agisse de l’insémination intra-utérine (IIU), de la fécondation in vitro (FIV) ou de l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI).

 

La stimulation de l’ovulation

Elle est proposée en cas d’absence ou d’anomalie de l’ovulation, voire de grande difficulté à obtenir une grossesse. Les inducteurs de l’ovulation sont pris par voie orale à partir du deuxième jour des règles, ou si nécessaire par injections. L’ovulation est surveillée par des échographies et des dosages hormonaux sanguins. Les rapports sexuels réguliers en période ovulatoire sont évidemment la deuxième phase (indispensable) du « traitement ». Les chances de grossesse sont de l’ordre de 10 à 20 % après la première stimulation.

 

L’insémination intra-utérine (IIU)

Cette technique indolore consiste à déposer le sperme du conjoint (ou le cas échéant d’un donneur anonyme) directement dans l’utérus à l’aide d’un fin cathéter passant par les voies naturelles. Elle est précédée d’une induction de l’ovulation par injections de gonadotrophines. Le sperme est recueilli au laboratoire, le jour de l’insémination, après un délai d’abstinence sexuelle de 2 à 3 jours. L’IIU est généralement proposée en cas d’anomalie du col de l’utérus ou de la glaire cervicale, gênant le passage des spermatozoïdes, alors qu’au moins une des deux trompes est perméable. Elle est aussi indiquée en cas d’infertilité masculine (problème d’éjaculation ou anomalie du sperme) et d’infertilité inexpliquée. Les chances d’obtenir une grossesse sont de 10 à 15 % par cycle de traitement.

 

La fécondation in vitro

La stimulation de l’ovulation est réalisée par des injections de gonadotrophines, à des doses permettant le recueil de plusieurs ovules. Le recueil est effectué sous anesthésie par ponction ovarienne à travers la paroi vaginale de follicules parvenus à maturation. Les ovules sont mis en présence dans une éprouvette (in vitro) du sperme recueilli chez le conjoint. Surveillés par le biologiste, les embryons qui se forment et qui ont un bon développement sont ensuite placés dans l’utérus par le clinicien, à l’aide d’un cathéter. Le transfert est souvent limité à deux embryons pour éviter les grossesses multiples. Les embryons obtenus en surnombre et non utilisés peuvent être congelés en vue d’une tentative ultérieure.

Mais à qui est proposée la FIV ? Elle est proposée aux couples en cas d’anomalie tubaire (obstruction ou absence de trompes), de problèmes d’ovulation, d’endométriose et après échec de l’IIU. Elle aide aussi à résoudre les infertilités masculines (spermatozoïdes trop peu nombreux ou pas assez mobiles). En moyenne, la FIV obtient 21 % de grossesses par ponction et 26 % par transfert d’embryons. Environ 72 % des grossesses obtenues sont des grossesses uniques. Ces grossesses aboutissent dans trois quarts des cas à une naissance.


 

L’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI)

L’ICSI est une fécondation in vitro réalisée avec un seul spermatozoïde que l’on fait directement pénétrer dans l’ovule par micro-injection. Les premières étapes sont les mêmes que celles de la FIV : stimulation de l’ovulation pour obtenir la maturation de plusieurs ovules, ponction folliculaire pour le recueil des ovules et recueil du sperme du conjoint.

Le biologiste examine ensuite les spermatozoïdes et les choisit en fonction de leur mobilité et de leur forme. Il en micro-injecte un seul dans chaque ovule recueilli. Comme dans la FIV, les embryons obtenus sont ensuite transférés (généralement au nombre de deux) dans l’utérus. Les embryons surnuméraires peuvent être congelés en vue d’une tentative ultérieure.

En moyenne, l’ICSI obtient 25 % de grossesses par ponction et 27 % par transfert d’embryons. Environ 74 % des grossesses obtenues sont des grossesses uniques. Les grossesses aboutissent dans 8 cas sur 10 à une naissance.

 

La chirurgie

Elle permet de traiter de manière définitive certaines stérilités et d’obtenir des grossesses sans autre traitement. La chirurgie s’adresse surtout aux lésions dues à l’endométriose, aux adhérences, aux fibromes… Elle peut souvent être réalisée de manière moins invasive grâce à la cœlioscopie.

Les traitements de l’infertilité masculine

En cas d’anomalie hormonale, on utilise des traitements par gonadotrophines. Surtout au niveau testiculaire, la chirurgie peut corriger d’éventuelles obstructions interférant sur la production et le transport des spermatozoïdes. Mais c’est surtout l’ICSI qui constitue aujourd’hui un progrès majeur permettant de résoudre les problèmes d’infertilité masculine sévères.

Les dons de gamètes

Encadrés par la loi de bioéthique du 6 août 2004, les dons de gamètes font partie de l’assistance médicale à la procréation : le don de sperme peut être utilisé en cas d’infertilité masculine ou exceptionnellement en cas de risque de transmission d’une maladie génétique à l’enfant.

Le don d’ovocyte peut être utilisé en l’absence d’ovulation, en l’absence de réponse à la stimulation de l’ovulation ou exceptionnellement en cas de risque de transmission d’une maladie génétique à l’enfant.

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