Et si consulter avant de concevoir bébé, ça changeait tout ?

Selon un sondage Odoxa pour le Grand Forum des Tout-Petits, réalisée auprès 1.008 Français âgés de 20 à 40 ans, deux tiers des Français en âge de procréer seraient mal informés sur l’hygiène de vie (diététique, alcool, tabac, médicaments, polluants…) à mettre en place avant de concevoir bébé et pendant la grossesse. Et la plupart pense que seule l’hygiène de vie de la mère compte, que celle du père n’a pas d’incidence sur la santé et la croissance du fœtus. En clair, les jeunes en âge de procréer ont des lacunes à combler et s’estiment mal informés. Pourtant, ce ne sont pas les bonnes informations qui manquent sur Neuf Mois, n’est-ce pas ? Notamment une d’importance : la consultation préconceptionnelle est recommandée. On vous rappelle de quoi il s’agit.

Autrefois, c’est-à-dire quand votre mère avait 20 ans, on appelait ça la visite pré-nuptiale et c’était obligatoire. Et puis les temps changent et des esprits modernes ont décidé de la renvoyer au rayon des aléatoires puisque le mariage n’est plus le préalable à la conception d’un enfant. Et c’est tant mieux sans doute. Cependant, l’intérêt de cette consultation médicale avant la conception d’un enfant n’est pas caduque pour autant.

A quoi servait cette consultation ?

Jusqu’au milieu des années 80, célébrer la Pentecôte avant Pâques, c’était encore très mal vu. Donc, les bébés, on les faisait après être passés devant Monsieur le Maire. Et avant, avec le médecin on vérifiait que rien ne s’opposait à la conception d’un petit bout dans de bonnes conditions : pas de « maladies honteuses » (syphyllis…) comme on disait encore alors dans certaines campagnes, pas de cousinages préoccupants, pas de maladies génétiques connues dans l’une ou l’autre famille et on repartait avec les premières analyses de dépistage : rubéole, toxoplasmose… Mais aujourd’hui, près de deux bébés sur trois naissent hors mariage. Alors forcément, la visite pré-nuptiale, c’est obsolète. Pour autant, ne faut-il pas consulter quand même une sage-femme ou un médecin dès qu’on souhaite faire un bébé, c’est à dire quelques mois avant de d’arrêter la contraception ?

Une consultation utile pour faire un bilan de santé

Plein de petits soucis de santé peuvent contrarier les projets de maternité zen : des carences notamment en folates (vitamine B9) qui touchent beaucoup de jeunes femmes en âge de concevoir et peuvent causer des malformations fœtales. Prendre une supplémentation trois mois avant d’arrêter la pilule et la poursuivre a minima jusqu’au quatrième mois et si possible tout au long de la grossesse, c’est l’un des points qui sera évoqué pendant ce rendez-vous. C’est aussi l’occasion d’évoquer les antécédents de santé (les vôtres, les siens, les héréditaires…), les traitements en cours, les problèmes de surpoids éventuels (ou le contraire aussi) qu’il convient de résoudre autant que possible avant d’entamer la grossesse pour éviter les complications qu’un excès de poids génère, enceinte.

Si vous avez déjà eu un bébé, le professionnel de santé va examiner la manière dont la grossesse et l’accouchement se sont déroulés et mettre en place, le cas échéant, des traitements préventifs pour démarrer une nouvelle grossesse dans de meilleures conditions que la précédente ou surveiller plus précisément son déroulement, si vous avez connu des soucis lors de votre première grossesse et/ou de votre premier accouchement. Il est d’autant plus nécessaire de consulter avant de concevoir bébé si vous avez déménagé ou décidé de changer de praticien.


Utile pour se rassurer

Que ce soit votre première grossesse ou pas, il est possible que vous éprouviez des craintes plus ou moins avouées. Prenez rendez-vous avec une sage-femme libérale, de préférence à un médecin généraliste, car elles sont des professionnelles de la grossesse à 100% et prendront le temps de parler avec vous, temps dont un généraliste ne dispose pas souvent, voire même jamais. Cette consultation réalisée avant de concevoir bébé permet de tirer un trait sur des angoisses inutiles qui peuvent rendre la grossesse plus pénible qu’elle ne devrait l’être en réalité. Cela permet aussi de baliser le terrain en matière de suivi médical pendant la grossesse : voir si le courant passe, si le professionnel de santé est à l’écoute ou seulement stressé par les contraintes de son carnet de rendez-vous, ça compte. Et puis certains ont des valeurs – tout à fait honorables – qui peuvent être différentes des vôtres – tout aussi honorables -, ce qui peut créer des malentendus : bref, le courant ne passe pas. Ça arrive, ça n’est pas grave, et autant le savoir avant de remplir pour de vrai le carnet de maternité.

Et si je l’ai loupée, cette consultation ?

Vous avez zappé ? Tant pis, tous ces points pourront être évoqués aussi au cours de la première consultation prénatale, mais celle-ci ne permettra évidemment pas la mise en place de traitements préventifs en amont de la grossesse. A savoir, il existe aussi un entretien du 4e mois, recommandé mais non obligatoire, effectué auprès d’une sage-femme hospitalière ou libérale, qui permet d’aborder tranquillement toutes les questions utiles : la santé, les émotions, les relations dans le couple pendant la grossesse mais aussi les aides auxquelles les futurs parents ont droit et les lieux où ils peuvent trouver une écoute et de l’aide. A ne pas zapper, c’est vraiment un entretien utile pour décompresser et mieux vivre sa grossesse. Alors, vous voyez, ça n’est pas si compliqué d’être bien informés… surtout si vous continuez à nous lire tous les jours.

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