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Peur de la fausse couche : Emily Oster nous en parle dans son livre « Liberez-vous des idées reçues »

  • La peur de la fausse couche
  • Avant 5 semaines, on parle encore de grossesse "chimique" (pour rappel, on compte à partir du premier jour des dernières règles, donc 5 semaines c’est une semaine après les règles manquées).
  • Certains symptômes du début de grossesse peuvent en outre faire craindre une fausse couche
  • Vous vous demandez certainement s’il y a quelque chose à faire pour éviter une telle issue (à part tomber enceinte à 20 ans plutôt qu’à 35 !)

La peur de la fausse couche, on l’a toutes, on la redoute, on croise les doigts pour que cette peur et ce risque disparaissent le plus vite possible. Dans son livre « Enceinte libérez-vous des idées reçues », Emily Oster revient sur cette peur qui nous ronge, qui nous terrifie. Dans un extrait de son ouvrage paru aux éditions Quanto, cette maman et économiste à la renommée mondiale, nous aide à faire le point sur les idées reçues autour de cette peur, elle fait le tri sur ce qu’il faut savoir, retenir et zapper.

La peur de la fausse couche

Il est d’usage d’attendre la fin du premier trimestre pour annoncer une grossesse, car c’est à ce moment que le risque le plus élevé de fausse couche diminue. Étant donné le sérieux avec lequel les gens appliquent cette « règle », ça laisse croire qu’un changement important s’opère entre la 12e et la 13e semaine. Je me suis d’ailleurs toujours questionnée sur ce « premier trimestre ». S’arrête-t-il à 12 semaines ou à 13,33 ? La biologie ne fonctionne évidemment pas comme ça. La règle des 12 semaines semble être davantage une convention sociale qu’autre chose. C’est en effet à ce moment que les rondeurs commencent à se voir. Mais en somme, vous n’avez pas besoin de l’aval de votre médecin pour annoncer votre grossesse à vos collègues. Le fait est que le risque de fausse couche diminue à mesure que la grossesse progresse, il ne baisse pas d’un coup dès la 12e semaine passée.

Avant 5 semaines, on parle encore de grossesse « chimique » (pour rappel, on compte à partir du premier jour des dernières règles, donc 5 semaines c’est une semaine après les règles manquées).

Durant cette période, une grossesse peut être détectée à l’aide d’un test, mais n’est pas encore visible à l’échographie. Beaucoup ne dépasseront pas ce stade, peut-être la moitié. J’ai évoqué ceci dans le chapitre sur la conception. Ce n’est que récemment que les tests de grossesse sont devenus en mesure d’en déceler les signes aussi précocement.

Après 6 semaines, le médecin peut voir les preuves de la grossesse à l’échographie, on parle alors de grossesse « clinique ». C’est à ce moment que la plupart des femmes se rendent à leur premier rendez-vous prénatal. À supposer que tout se présente bien, le risque de perte embryonnaire est faible à modéré par la suite et diminue progressivement. Pour répondre à mon amie, il faut se pencher sur les études ayant suivi des femmes dont les premières consultations prénatales ont eu lieu à des moments différents. Les chercheurs ont pu examiner combien de femmes perdent leur bébé parmi celles dont l’échographie est normale à 6 semaines, à 7 semaines, et ainsi de suite. On peut alors établir le risque de fausse couche par semaine de grossesse. Dans le graphique suivant, les résultats représentent les moyennes de trois études similaires. Si vous êtes vue à 6 semaines et que tout semble normal, votre probabilité de faire une fausse couche est d’environ 11%. Si tout va bien à 8 semaines, le risque de fausse couche tombe à 6%, puis à 2% en 11e semaine.

Il s’agit ici de moyennes. Un certain nombre de facteurs peuvent augmenter ou diminuer votre risque personnel. Si, par exemple, vous avez déjà fait une fausse couche, vous êtes un peu plus susceptible d’en faire une autre. Selon une étude anglaise, la probabilité de fausse couche au premier trimestre, environ 4 à 5% en cas de première grossesse ou pour les femmes ayant déjà mené une grossesse à terme, monte à 25% pour celles qui auraient déjà perdu un bébé. Ça peut sembler effrayant, mais il est important de rappeler que la grande majorité des femmes dans ce cas finissent par avoir des enfants. L’âge est un deuxième facteur. Plus les femmes sont âgées, plus le risque de fausse couche augmente (probablement en raison d’un taux plus élevé de problèmes chromosomiques). Une étude a révélé un taux de 4,4% chez les femmes de moins de 20 ans, de 6,7% chez les femmes de 20 à 35 ans et de près de 19% chez les plus de 35 ans. Par ailleurs, il y a plus de fausses couches lors de fécondation in vitro (FIV) : 30% contre 19% pour les grossesses naturelles.

Certains symptômes du début de grossesse peuvent en outre faire craindre une fausse couche

L’un d’eux est le saignement vaginal. Les saignements sont très fréquents au cours du premier trimestre et, la plupart du temps, il n’y a pas lieu de s’en inquiéter. Cependant, ce signe traduit une légère augmentation du risque de fausse couche. Une étude a en effet montré que 13% des femmes ayant eu des saignements ont fini par perdre leur bébé, contre seulement 4,2% des femmes n’en ayant pas eus. Autre indice : l’absence de nausées. Les femmes qui n’en ont pas sont plus susceptibles de faire une fausse couche.

Vous vous demandez certainement s’il y a quelque chose à faire pour éviter une telle issue (à part tomber enceinte à 20 ans plutôt qu’à 35 !)

Malheureusement rien. Sachant que la plupart des fausses couches à ce stade sont dues à des problèmes chromosomiques, déterminés lors de la fécondation, vous n’avez aucune influence. Un faible taux de progestérone (qui affecte très peu de femmes) peut contribuer à une fausse couche précoce ; ça peut parfois être corrigé par un supplément de progestérone. La question fait débat, mais si vous avez fait plusieurs fausses couches, c’est une piste à explorer avec votre médecin.


Le graphique que j’ai transmis à mon amie s’arrête à 11 semaines (il ne lui a heureusement pas servi à grand-chose, elle a accouché d’un petit garçon en bonne santé à 38 semaines et 6 jours). Au cours du deuxième trimestre, les fausses couches sont moins fréquentes, mais pas exclues. Selon la plupart des études, le risque se situerait entre 1% et 2% après 12 semaines. Une très vaste recherche, portant sur près de 300 000 femmes, a montré que les taux de fausses couches s’abaissaient à 0,6% après 15 semaines, avec un taux un peu plus élevé pour les femmes d’un âge avancé, mais toujours très faible. À 22 ou 23 semaines, certains bébés peuvent survivre à l’extérieur de l’utérus (bien que cela soit rare et généralement accompagné de handicaps lourds). On parlera alors de naissance prématurée, sujet d’un prochain chapitre.

Emily Oster

Auteure du livre « Enceinte libérez-vous des idées reçues » en vente sur Amazon

Editions Quanto