Calendrier vaccinal 2016 : les points essentiels à connaître

Publié le 30 mars, le calendrier vaccinal 2016 ne bouleverse rien de particulier. Comme en 2015 d’ailleurs où le calendrier vaccinal continuait globalement sur la lancée de 2014. Après les polémiques de 2015 sur fond de pétition très suivie (ndlr, celle du Pr Joyeux), de suspension d’un pédiatre ayant signé de faux certificats de vaccination et de procès de parents ayant refusé la vaccination obligatoire pour leurs enfants en raison de l’indisponibilité du vaccin DTP simple, on pouvait s’attendre à une levée de l’obligation vaccinale pour le dernier vaccin obligatoire.

En 2016, on n’en est pas encore là. Certes, la Ministre de la Santé a parlé d’un débat national sur la vaccination pour arriver à ménager la chèvre et le chou : laisser la liberté vaccinale aux parents tout en assurant une couverture vaccinale suffisante dans la population pour éviter le retour des épidémies gravissimes, désormais éradiquées. Un challenge qui semble bien difficile à réussir tant les informations contradictoires et subjectives sur les réseaux sociaux tendent à détourner les parents de cette médecine préventive qui a sauvé jusqu’ici de nombreuses vies.

L’enjeu sera donc d’assurer et de relayer la meilleure information possible aux parents et aux professions de santé sur l’intérêt des vaccins et leurs éventuels effets secondaires. Car comme tout traitement, la vaccination n’échappe pas à la balance bénéfice-risques. Verra-t-on en 2017 disparaître la dernière obligation vaccinale ? Seul le temps le dira et pour l’instant, le DPT reste obligatoire en 2016. Petit rappel des différents vaccins et des formes disponibles pour protéger bébé.

DTP : on ne peut pas encore y couper !

Si certains parents attendaient que ce vaccin soit enfin recommandé et non plus obligatoire, c’est râpé ! Pour l’instant, le DTP reste indispensable. Le souci, c’est que la forme simple est en rupture de stock depuis des mois. Certaines pharmacies et PMI sont petit à petit approvisionnées et il faut entamer un vrai jeu de piste pour le trouver et le réserver. Mais les stocks commencent à se reconstituer, la polémique devrait donc se tasser au fil des mois. En attendant, ou pour les parents qui veulent apporter une protection supplémentaire à leurs enfants, il existe la forme hexavalente (ndlr, six vaccins) qui protège contre trois autres maladies (coqueluche, infections invasives à Haemophilus influenzae type b responsables de méningites bactériennes graves, hépatite B). Une autre formule permet d’ajouter une protection contre le pneumocoque et, par effets secondaires positifs, de réduire de 30% grâce à ce vaccin (ndlr, Prévenar 13) le nombre d’otites chez les bébés vaccinés. 

Quand vacciner bébé ?

En général, le vaccin s’effectue dès l’âge de 2 mois, suivi d’un rappel à 4 mois, puis à 11 mois. Il faudra ensuite effectuer un nouveau rappel vers 6 ans, en même temps que la coqueluche acellulaire (DTCaPolio), puis à l’entrée de l’adolescence (11 à 13 ans) avec un vaccin combiné (dTcaPolio). Ces rappels sont importants car la protection contre la polio est obligatoire jusqu’à l’âge de 13 ans.

BCG : seulement dans certains cas

Depuis 2007, en France, on en a fini avec l’obligation vaccinale contre la tuberculose. Le vaccin cependant recommandé pour les enfants migrants, nés dans un pays où la maladie est encore très active, ou ayant yb parent originaire d’un de ces pays, ou encore pour les enfants devant voyager dans des zones à forte endémie. De même, en raison de la présence de nombreux migrants dans certaines régions françaises, la vaccination y reste fortement recommandée notamment en Île de France ou en Guyane.

Quand vacciner bébé ?

Le vaccin peut s’effectuer dès la naissance en cas de situation à risque élevé, sans test préalable. Mais, après 3 mois, le test d’intradermoréaction à la tuberculine doit être réalisé avant pour éviter de vacciner un enfant qui aurait déjà été contaminé.

Méningocoque type C : c’est préférable…

On l’oublie souvent, mais cette infection est souvent mortelle et vise essentiellement les enfants de moins de 5 ans. Et aussi les adolescents. Quand elle n’est pas mortelle, cette infection peut avoir de graves conséquences sur la santé des enfants, avec des séquelles physiques ou neurologiques importantes.

Quand vacciner bébé ?

La vaccination s’effectue plus tard que la plupart des vaccins pour nourrissons, vers l’âge de 12 mois, en même temps que la vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).

Pneumocoque : à réfléchir

Le pneumocoque peut provoquer chez les petits enfants (bébés jusqu’à 3 ans) des septicémies, des méningites et des pneumonies, et aussi pas mal d’otites et de sinusites, désagréables mais pas mortelles. Ce n’est pas un phénomène rare puisqu’il s’agit de la première cause d’infection bactérienne le très jeune enfant. Ce vaccin, recommandé comme la plupart des vaccins hormis le DTP obligatoire, est à bien réfléchir car la méningite bactérienne est à l’origine de décès chaque année : 10% des enfants infectés décèdent. Son efficacité est évaluée à 97,4% sur les maladies provoquées par les types de pneumocoques ciblés par le vaccin.

Quand vacciner bébé ?

Pour ce vaccin aussi, on commence tôt, à 2 mois, avec deux injections à deux mois d’intervalle et un rappel à l’âge de 11 mois. Une troisième injection, un mois après la seconde, est prévue uniquement pour les bébés prématurés et les nourrissons à risque élevé de contracter une infection invasive à pneumocoque. Ces bébés fragiles devront eux aussi faire un rappel à l’âge de 11 mois. En cas de non-vaccination au cours de la première année, il est possible (et même recommandé) d’envisager un rattrapage vaccinal entre 2 et 5 ans, si l’enfant appartient à un groupe à risque élevé.

ROR : une précaution nécessaire

La rougeole revient et tue régulièrement des bébés, contaminés par des enfants plus grands atteints par la maladie. Mais dans les décès constatés, on trouve aussi des enfants aux portes de l’adolescence. Quant aux oreillons, on sait que cette infection est une cause de stérilité chez les garçons, comme la rubéole est particulièrement dangereuse pour une future maman et pour son fœtus. La sagesse préconise donc la vaccination, à l’âge de 12 mois avec une seconde dose à 18 mois, qui n’est pas un rappel, mais une possibilité de conforter l’immunité pour les enfants n’ayant pas  séroconverti un ou plusieurs des antigènes lors de la première injection.

Quand vacciner bébé ?

Dès 12 mois puis entre 16 et 18 mois si possible, mais on peut réaliser la seconde injection plus tard en cas d’oubli ou d’impossibilité. En cas de besoin, la seconde dose peut être injectée avant 16 mois, mais il faut impérativement respecter un intervalle d’un mois minimum entre les deux doses.


Varicelle : rarement !

Mieux vaut attraper la varicelle petit, c’est bien connu, car à l’âge adulte, et surtout pendant la grossesse, c’est très problématique. Et parfois mortel. Mais là, pas question de se prévenir spontanément par la vaccination, ce vaccin est réservé aux enfants très malades, qui doivent subir une greffe d’organe dans les six mois. Rien de vous interdit de vacciner votre enfant, mais tout professionnel de santé vous dira sans doute que c’est inutile.

Grippe : pas vraiment utile

Comme le vaccin contre la varicelle, celui contre la grippe ne présente pas vraiment d’intérêt chez les bébés en bonne santé. Il est essentiellement recommandé chez les nourrissons de moins de 6 mois, à l’état de santé inquiétant, notamment les prématurés ou les bébés souffrant de pathologies graves.  

Fièvre jaune : en Guyane uniquement

C’est la seule modification du calendrier vaccinal 2016 : désormais la vaccination contre la fièvre jaune est recommandée chez les enfants vivant en Guyane ou s’y rendant en vacances.

Quand vacciner bébé ?

Le vaccin peut être fait dès l’âge de 9 mois et, dans certains circonstances exceptionnelles, à partir de l’âge de 6 mois si le bébé doit séjourner en milieu rural, en forêt ou en cas d’épidémie en cours. Pour rappel, cette vaccination est déconseillée chez les femmes enceintes, mais peut concerner les mamans qui allaitent sous strict avis médical. Mieux vaut donc décaler le voyage en Guyane si vous êtes enceinte et pendant l’allaitement, ou tant que bébé n’a pas atteint l’âge du vaccin, soit 9 mois.

Le calendrier vaccinal 2016 de la naissance à 2 ans

Age

Vaccins

Naissance BCG si groupe à risque (sans test)
2 mois Diphtérie, Tétanos, Polio, Coqueluche, infections à Haemophilus influenzae b pour les groupes à risques, Hépatite B. Pneumocoque.
3 mois BCG si groupe à risque encore non vacciné (avec test)
4 mois Diphtérie, Tétanos, Coqueluche, Polio, infections à Haemophilus influenzae b pour les groupes à risques, Hépatite B. Pneumocoque.
11 mois Diphtérie, Tétanos, Polio, Coqueluche, infections à Haemophilus influenzae b pour les groupes à risques, Hépatite B. Pneumocoque.
12 mois Rougeole-Oreillons-Rubéole.Méningocoque C
16 mois Hépatite B. ROR.
Fièvre jaune 1 injection dès 9 mois (ou 6 mois dans des cas exceptionnels : épidémie en cours, séjour dans la forêt tropicale…). Déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement.
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