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Témoignage : Après un parcours en PMA, Maman Pavlova se confie sa sensation d’abandon après l’accouchement

Passionnée par l’éducation, la maternité et la puériculture, Maman Pavlova adore essayer de nouvelles choses et est généralement LA personne que ses amies vont voir lorsqu’elles ont une question sur bébé. C’est donc naturellement qu’elle a ouvert un blog, quand même un peu poussée par son mari, papa Ours. Utilisant son expérience, elle conseille sans jugement aucun et en n’oubliant jamais de rappeler qu’il y a autant de réponses qu’il y a d’enfants, car après tout, on est tous différents ! Pour Neuf Mois elle revient sans langue de bois sur son parcours de PMA mais aussi sur son sentiment d’abandon après la grossesse.

Combien de temps s’est-il écoulé avant de débuter la PMA ?

Très peu de temps. J’ai beaucoup de chance dans la vie, nous venions d’aménager dans une nouvelle région de France, et je cherchais une gynécologue pour un contrôle de routine. Nous avions décidé Papa Ours et moi, d’arrêter la contraception 6 mois avant les essais, et par chance, cette gynécologue (qui en plus était la remplaçante, de celle que j’aurais dû voir), m’a immédiatement dit que j’avais l’air d’être OPK (le syndrome des ovaires polykystiques), elle m’a fait gagner presque 2 ans.

Comment avez-vous vécu la PMA ?

 Je suis d’un naturel très positif, au départ j’ai vécu cela comme une chance, on savait ce que j’avais, et en plus on allait nous aider pour que cela marche vite. Et puis, j’ai commencé à me rendre malade, la fausse couche, toutes les copines qui tombent enceintes, et moi toujours là avec le ventre vide. Mon mari a été remarquable, il a été (comme toujours d’ailleurs) d’un soutien remarquable, et m’a accompagnée, physiquement, et psychologiquement.

Quels types de traitements avez-vous suivi pour concevoir bébé ?

J’ai été sous stimulation ovarienne, par injection. Il m’a fallu 400 piqûres pour avoir ma fille. 30 échographies, 100 prises de sang, une opération d’un kyste à l’ovaire, et 3 IAC (Insémination Artificielle Intra-conjugale).

Comment avez-vous été suivie durant la PMA ?

J’ai eu beaucoup de mal à trouver une gynécologue correcte, nous avons vu en 6 mois, 5 gynécologues différents avant de tomber sur ma perle, celle que je ne quitterai pour rien au monde. Elle est formidable, elle m’a donné son portable personnel, et elle répond même en vacances en Thaïlande ! Quand les traitements ne fonctionnaient pas, elle était aussi triste que moi, c’est tellement rare d’être plus qu’un numéro…

Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de votre première grossesse ?

Je venais à peine de rentrer en PMA, c’était mon premier mois de traitement. Nous venions de nous marier, j’ai appris que j’étais enceinte le lendemain. J’étais rassurée, cela allait marcher, puisque dès le premier coup j’étais enceinte, je ne pensais pas qu’il me faudrait encore pile une année de galère… J’étais bien loin de la réalité…

Comment avez-vous vécu votre fausse couche ? 

Quand on fait une fausse couche en PMA, c’est une bonne nouvelle, surtout en début de parcours. Cela veut dire que le parcours sera probablement rapide. Alors les médecins n’arrêtent pas de vous dire, « C’est une bonne nouvelle ». Sauf que pour vous, cela ne l’est pas du tout, vous avez perdu un enfant. Le plus ignoble que j’ai eu à entendre d’une personne de mon entourage c’est : « n’en fait pas tout un truc, ce n’est qu’un tas de cellules ». Je suis allée voir une hypnothérapeute, qui m’a énormément aidé à lâcher prise, sur ce parcours difficile. Une fois, on a même fait une séance de couple, cette femme est formidable, et je ne la remercierai jamais assez, je suis sûre qu’elle m’a aidé à devenir maman.

Qu’est-ce qui a fait que vous ne baissiez jamais les bras ?

Mon mari ! Je voulais fonder une famille, et je ne lâche jamais rien dans la vie, je n’abandonne jamais. Je suis contrôle freak, je ne me laisse jamais le droit à l’erreur. Je n’allais tout de même pas abandonner le projet de ma vie, fonder une famille. La confiance de ma gynécologue en or aussi, m’a aidé à avancer, tête baissée.

Comment avez-vous abordé votre nouvelle grossesse ?

Avant même le test de grossesse, je savais que j’étais enceinte, je le disais à mon mari. Et dès le début tous les résultats étaient parfaits, prise de sang Beta HCG très élevée (au point qu’on était sûr d’en trouver deux !). J’ai souffert d’hyperemesis gravidarum (la maladie de Kate Middleton, les nausées sévères). Ce qui est très bon signe, et veut dire que le bébé s’accroche. Jusqu’au 12 SA, ma gynécologue m’a fait une échographie tous les 15 jours, j’étais donc en permanence rassurée, et bizarrement je savais que tout irait bien. Jusqu’aux 12 SA, j’ai retenu mon souffle, mais ensuite j’ai enfin respiré à pleins poumons, nous allions être parents !

Comment avez-vous vécu cette grossesse ? 

Je me suis mis dans une bulle de soie, j’ai fermé mes oreilles, mes yeux et je ne me laissais plus envahir par les mauvaises nouvelles des autres, les histoires qui finissent mal. J’ai adoré être enceinte, c’était absolument magique, je ne me suis jamais plaint une seule fois. C’était le miracle de la vie, comment ne pas être heureuse quand la vie si attendue vous a choisi pour grandir en vous…  J’aurais voulu ne jamais accoucher, rester avec mon bébé en fusion. J’ai fait extrêmement attention À tout ce que je faisais, plus de restaurants, plus de voiture, manger bio, cosmétique bio, plus de perturbateurs endocriniens, je voulais que tout soit parfait. Si, c’était à refaire, je lâcherais un peu de mou au moins pour les sorties au restaurant.

Vous parlez des cours de préparation à l’accouchement dans votre blog, comment étaient-ils pour vous ? 

J’ai adoré ma sage-femme, les cours étaient super, mais en fait, ils ne servaient à rien. J’ai eu un accouchement parfait, un allaitement de rêve. J’aurais aimé qu’elle me prépare au retour à la maison, aux pleurs de déchargement, aux coliques du nourrisson et aux méthodes naturelles pour aider bébé. A la solitude que j’allais ressentir, au lâcher prise que j’allais devoir apprendre moi la contrôle freak…

Pour vous, quelles sont les informations que vous auriez aimé avoir et qui ont manqué ? 

Le julep gommeux, j’aurais aimé en entendre parler avant la naissance de ma fille. J’aurais aimé savoir que je ne pourrais peut-être pas manger ce que je voulais, car cela aurait une incidence sur sa digestion.

Pourquoi, selon vous, ne vous ont-elles pas été fournies ?

Je n’en ai aucune idée, mais je vais en parler avec ma sage-femme, pour la prévenir, qu’il faudrait des séances là-dessus…

Comment avez-vous géré les premières semaines avec votre bébé ?

Hyper bien, j’étais en fusion avec mon bébé, elle était parfaite, j’étais avec mon mari dans une bulle. Puis très vite elle a souffert de RGO et de coliques, et jusqu’à ce que je tape du poing sur la table, ma pédiatre ne voulait pas l’entendre et la soigner. Le plus difficile pour moi c’était vraiment la solitude, nous étions en plein été, il faisait chaud et je passais mes journées sous la climatisation à la maison, souvent seule quand papa était lui en train de travailler. Ce qui a vraiment été éprouvant pour moi, ce sont les pleurs de déchargement de notre fille de ses 15 jours à ses 3 mois, elle pleurait de 18h30/19h à 20h. Elle hurlait dans mes bras, je n’ai jamais au grand jamais laissé pleurer ma fille seule, et pendant ses longues minutes, je lui parlais tout doucement, je la berçais, je la promenais dans l’appartement.

Nous avons appris ensuite que notre fille était précoce, et que c’était une des raisons de ses pleurs de déchargement. Petit à petit au fil des semaines, j’ai commencé à trouver ce qui apaisait ses pleurs, et vers la fin elle ne pleurait plus que 15 minutes. Mon mari rentrait du travail juste après, quand tout était calme dans la maison. Quand, le soir vers ses 3 mois elle a arrêté de pleurer, c’est devenu étrange, ce calme après la tempête.

Pourquoi vous êtes-vous sentie abandonnée après la naissance de votre bébé ?

Parce que les médecins ne vous écoutent pas, on passe toujours pour la mère névrosée. Que toutes mes amies étaient sur Lyon (car nouvelle dans cette ville). Je me suis sentie isolée, seule, heureusement que mes parents étaient toujours au rendez-vous pour moi. Mais je n’aurais probablement pas ressenti tout cela si mon père n’était pas tombé gravement malade, quelques semaines après la naissance de ma fille. J’ai dû soutenir mes parents dans cette épreuve terrible, tout en étant moi-même submergée par mes hormones. Mes parents, qui étaient tout mon soutien, ont eu besoin de moi en même temps que j’ai eu besoin d’eux, problème de timing dirons-nous. C’est assez déstabilisant de devenir mère et quelques semaines après d’avoir peur de perdre son père, qu’on aime tant… Heureusement, maintenant sa maladie est stabilisée, mais c’était très dur cette période.


En quoi le premier enfant est-il un challenge selon vous ?

Il vient tout bousculer dans votre vie, dans votre couple, vos convictions, vos habitudes. Mais c’est aussi des shoots de bonheur à respirer à plein poumons, des joies indescriptibles. Nous sommes devenus encore plus fusionnels mon mari et moi après la naissance de notre fille, on a vraiment fait notre cocon. J’ai vraiment la chance d’avoir un papa plein d’amour et d’attention, un mari plus que parfait, il est vraiment mon pilier dans toute cette superbe aventure qu’est la maternité.

Et comment serait-il possible d’adoucir ce défi ?

Bien s’entourer, se séparer des gens toxiques de son entourage (qu’il soit pro ou perso). Sortir, voir du monde, chercher des activités parents-enfants, et accepter de déléguer. Ne pas se laisser avaler par le quotidien, garder un contact avec le monde extérieur. Je repense à la sage-femme qui m’a fait la rééducation (ce n’est pas la même que celle des cours) ! Un jour je suis arrivée, fatiguée, cernée, j’ai parlé du reflux et de la difficulté que j’avais de voir souffrir mon enfant. Elle m’a répondu : « Ça va vous vacciner d’en faire un deuxième hein, j’ai jamais connu des trucs aussi durs, moi mes filles étaient parfaites et très calmes ». Je me suis sentie méprisée et humiliée… Si c’était à refaire je lui claquerais la porte de son cabinet et partirais vite de chez cette femme toxique.

Quand avez-vous vu « la lumière au bout du tunnel » ?

Je n’ai jamais perdu la lumière, dès la naissance de ma fille j’étais sur un nuage, mais c’était le bonheur en enfer, l’impression d’être une princesse dans un palais avec des grilles aux fenêtres. J’ai eu beaucoup de chance car je n’ai eu aucun baby blues ou dépression post-partum, j’ai simplement eu un gros coup de mou, je pense, j’ai évité tout cela car j’étais très bien entourée… Mais, j’ai vraiment commencé à faire des choses et à me sortir de mon isolement après les 3 mois de ma fille, le « 4ème trimestre de la grossesse » passé, j’étais plus sereine, et j’avais suffisamment confiance pour bouger. L’amélioration de la santé de mon papa, a aussi été une énorme bouffée d’oxygène.

Après tout cela, la maternité comment ça se passe aujourd’hui ?

Je suis absolument comblée et épanouie, par mon rôle de maman et d’épouse. Ma fille va avoir 18 mois c’est une petite fille extraordinaire (je ne suis pas objective, mais je ne suis pas la seule à le penser ah ah !). Elle parle très bien et fait des phrases, elle nous fait mourir de rire chaque jour. C’est une petite fille très facile et câline, elle nous rend au centuple tout ce que nous lui offrons. J’étais pleine de préjugées sur les femmes au foyer, j’ai décidé de quitter un CDI que j’adorais, moi la carriériste, pour élever ma fille… C’est dire si elle me rend heureuse. Bref, j’aime profondément ma vie maintenant, je ne voudrais absolument rien changer, les débuts rock’n’roll nous ont rendus très fusionnels, pour mon plus grand bonheur.

Avec votre recul, qu’est-ce qui devrait être mis en place pour aider les jeunes mamans juste après l’accouchement ? 

J’en parle dans mon article, mais une association de mamans bienveillantes qui pourrait venir en aide, même par téléphone aux jeunes mamans, parfois il suffit juste d’une oreille extérieure attentive, pour lâcher la pression et aller mieux.

Quels conseils donnez-vous aux futures mamans qui vont bientôt accoucher pour gérer cette nouvelle vie ?

Il ne faut pas avoir peur de demander de l’aide, il faut aussi accepter les mains tendues et ne pas se penser superwoman. Rester en contact avec des personnes bienveillantes, et j’insiste, virer de son entourage les personnes toxiques, il faut se préserver, s’entourer d’amour, pas de reproches. Et surtout, il faut que le papa soit investi, qu’il soit présent pour la maman, pour gérer le bébé mais aussi pour l’écouter, la consoler, la câliner.

Un grand merci de m’avoir laissée m’exprimer chez vous, j’espère sincèrement, que je pourrai aider des mamans !

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