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Devenir maman, ma grande bataille

Hello, moi c’est Jessica, maman de 27 ans. J’ai rencontrĂ© mon conjoint en 2005 et nous nous sommes installĂ©s ensemble, puis, 5 ans plus tard nous dĂ©cidions d’avoir un enfant. Mais lĂ , rien ne s’est passĂ© comme prĂ©vu ou comme tout le monde


J’arrĂȘte la pilule

AprĂšs l’arrĂȘt de la pilule (pris pendant 2 ans ) plus de rĂšgles
 AprĂšs quelques problĂšmes personnels, je dĂ©cide alors de prendre rendez-vous chez un gynĂ©cologue et les rĂ©sultats tombent
 La gynĂ©cologue nous oriente alors en PMA (ProcrĂ©ation MĂ©dicalement AssistĂ©e).

Une bonne nouvelle, mais pas pour moi

Ma sƓur nous annonce sa premiĂšre grossesse (elle a arrĂȘtĂ© la pilule en mĂȘme temps que moi). Je suis anĂ©antie. Impossible de me rĂ©jouir pour elle, pour eux ! Je ne veux plus la voir, du moins voir son ventre s’arrondir me fait du mal
 Je me fous complĂštement de sa grossesse. Je l’évite et je ne veux pas voir ses Ă©chographies
 Bref
 Je le regrette maintenant mais c’est humain de rĂ©agir comme ça ! Il n’y a que ceux qui le vivent ou qui l’ont vĂ©cu qui comprennent cette haine que l’on dĂ©veloppe, ce mal-ĂȘtre que l’on possĂšde, cette injustice qui nous hante
.

Aprùs de long mois d’attente

Nous voilĂ  au premier rendez-vous et on recommence les examens
 HystĂ©rographie, bilan hormonal, Ă©chographie, spermogramme
 La gynĂ©cologue nous confirme que je suis atteinte d’OPK (ovaires polykistiques). Cela signifie donc que je n’ovule pas ou trĂšs rarement 
 La gynĂ©cologue est claire, OPK ne signifie pas stĂ©rile mais signifie besoin d’un coup de pouce pour avoir un bĂ©bé  Pour mon conjoint, il a le droit Ă  un spermogramme, ses spermatozoĂŻdes sont fainĂ©ants mais rien de bien « anormal ». Elle nous parle donc des IAC (insĂ©mination artificielle avec sperme du conjoint). Ça parait ĂȘtre du chinois
 Ces flacons avec ces aiguilles Ă  injecter dans le ventre ou dans le haut de la cuisse Ă  heure fixe
 Bref c’est le bout du tunnel bientĂŽt, on sera 3


Enfin c est ce qu’on croyait


PremiĂšre tentative 
. Les injections, c’est mon conjoint qui me les fait, c’est une façon Ă  lui de participer Ă  tout ça. Trop rapide. J’ai rapidement 3, 4 follicules
. Et donc il y a un risque de grossesse multiple
 donc fin du traitement et dĂ©ception.

DeuxiĂšme tentative. On prend les mĂȘmes et on recommence avec cette fois-ci risque de quintuplĂ©s
 Second Ă©chec et interdiction de faire des cĂąlins, que l’on fait quand mĂȘme. On risque une grossesse multiple et alors ? On aura tout tentĂ©. Bon avec le recul j’avoue que c’est un peu risquĂ© des quintuplĂ©s, surtout pour moi c’est le risque de tous les perdre un par un. Le corps n’est pas prĂ©parĂ© Ă  ça


La FIV

AprĂšs rĂ©flexion avec mon conjoint et rendez-vous avec la gynĂ©cologue, on dĂ©cide de passer Ă  la FIV (fĂ©condation in vitro). On se lance mais le traitement est lourd. Tout d’abord ils me mettent en mĂ©nopause artificielle pour prendre le contrĂŽle sur mes ovaires comme ils le souhaitent. AprĂšs un mois de traitement (et toujours mon chĂ©ri qui me fait mes injections), des baisses de morale des pleurs, des crises, me voilĂ  programmĂ©e pour ma ponction d’ovocyte
 ouf.

Mais , quelques jours avant ma FIV ma sƓur me tĂ©lĂ©phone et veut me voir. Tout de suite je lui dis : « Quoi ? Tu es enceinte ? ». Et oui c’était ça ! Me voila en pleure ! Impossible de lui parler, je lui en veux grave et en mĂȘme temps elle n’y est pour rien mais quelques jours avant ma FIV, pourquoi ? Pour moi ce n’était pas le moment de me l’annoncer et surtout par tĂ©lĂ©phone. Du coup, je raccroche et lui Ă©cris une lettre pour lui dire combien je suis dĂ©solĂ©e mais combien je souffre de cette situation de ne pas pouvoir avoir d’enfant et surtout de ne pas pouvoir en donner Ă  Sylvain.

Le 8 avril 2013
. Enfin !

Ponction effectuĂ©e, c’est dur trĂšs dur et les douleurs sont assez importantes : 32 follicules de ponctionnĂ©s, 30 matures (prĂȘts Ă  ĂȘtre fĂ©condĂ©s) les mĂ©decins n’en reviennent pas, c’est top ! Mais bon, aprĂšs quelques jours de surveillance en culture ils m’injectent directement dans l’utĂ©rus 2 embryons Ă  3 jours de culture. Maintenant : repos. MĂȘme si les mĂ©decins disent qu’il faut reprendre une vie normale, mouais
. Ben quand cela fait 3 ans que l’on vit les Ă©checs
 et bien on se repose ok ! RĂ©sultat dans 15 jours
. L’attente est insupportable. NĂ©gatif. Je me revoie l’annoncer Ă  mon conjoint.

Les larmes coulent et coulent encore en y pensant. Je suis blessĂ©e, anĂ©antie, meurtrie, je ne pense pas pouvoir me relever
 Pourquoi moi ? Qu’est-ce qu’on a fait pour mĂ©riter de souffrir autant ?Mon conjoint est impuissant fasse Ă  tout cela et il souffre mais est toujours lĂ  pour moi
 Il me voit souffrir et n’arrive pas toujours Ă  trouver les mots justes et surtout les mots que je veux entendre mais il est lĂ , Ă  mes cotĂ©s
. Notre relation est consacrĂ©e sur ça, que des cĂąlins programmĂ©s. Et oui, avant la FIV il faut « renouveler » les spermatozoĂŻdes 3 jours avant alors
 bref. On programme alors la TEC(Transfert d’Embryons CongelĂ©s) pour juin
. Juste des cachets hormonaux afin de prĂ©parer l’utĂ©rus Ă  accueillir les embryons
 2 !

On effectue la TEC le 24 juin 2013

Cela se passe le jour de l’anniversaire de mon papa, il a 50 ans. Qui sait, c’est peut ĂȘtre un signe. DerniĂšre avant notre mariage Ă  Sylvain et Ă  moi car il faut ajuster la robe et surtout ĂȘtre prĂȘte pour le jour J et en pleine forme mais Ă©chec. On passe Ă  autre chose. Le mariage et on recommence en octobre aprĂšs tout ça
.

J’ai l’impression que la nature m’en veux

Je me force Ă  « renoncer » Ă  ce ventre que je dĂ©sire tellement, Ă  ces enfants que je n’aurais jamais, cette grossesse que je n’aurais pas, Ă  voir mon corps changer, les coups de pieds que je ne ressentirais jamais, l’accouchement
 Bref un tout qui me rend triste, trĂšs triste
 Je n’ai jamais voulu me faire aider psychologiquement pourtant l’hĂŽpital le propose mais je ne sais pas pourquoi. Je voulais paraĂźtre forte. Je suis une adepte du paraitre
 sourire toujours sourire
 et faire semblant. Mais au plus profond de moi je suis perdue, anĂ©antie et triste, trĂšs triste, d’ĂȘtre si malheureuse, de rendre mon mari triste de ne pas lui donner ce qu’il dĂ©sir, de ne pas fonder une famille avec lui alors que je l’aime tellement.

Nous parlons avec Sylvain, beaucoup ensemble, et on dĂ©cide de monter le dossier d’adoption. Il faut avoir minimum 28 ans (ce que je n’ai pas) ou 2 ans de mariage
 non plus
 On monte quand mĂȘme le dossier, on ne sait jamais. Mais les rendez-vous de rencontre sont les jours de semaine.Il est difficile de se rendre disponible


Me voilà mariée


Octobre on recommence. FatiguĂ©e, tension Ă  9
Programmation de la FIV le 11 dĂ©cembre 2013 (lendemain de mon anniversaire), aprĂšs prĂšs d’un mois et demi de traitements de piqĂ»res. Mon ventre est meurtri, mon cƓur aussi, mes sautes d’humeur et mes angoisses sont bien prĂ©sentes… VoilĂ  c’est l’heure. On m’indique ma chambre, la mĂȘme que la premiĂšre fois, un signe ? Je somnole, Sylvain est Ă  mes cotĂ©s.Il part faire son prĂ©lĂšvement et tout se passe bien pour lui. Je n’en doutais pas, quoi qu’il est malade depuis quelques semaines alors ça n’aide pas.

Elle met son fameux produit et me voilĂ  presque dans les bras de MorphĂ©e. Je me rĂ©veil avec un mal atroce pire que la premiĂšre fois je crois. Je dois attendre, les larmes coulent et n’arrivent pas Ă  s’arrĂȘter. La tension n’est pas au top. Verdict… 21 dont 15 de mĂ»res, deux fois moins que l’autre fois. C’était le but ! Les injections hormonales on Ă©tĂ© plus progressives afin d’obtenir moins de follicules mais de meilleure qualité ! Ils sont tous gĂ©rĂ©s en ICSI, on croise les doigts…

J’attends un appel tout la nuit. 7 heures 20 me voilĂ  sur le canapĂ© avec mes pensĂ©es plus ou moins positives… L’appel arrive… « On transfert Mme R……. «  Youhouuuuuu ! 11 heures 20 me voilĂ  en position pour accueillir mes blastocystes( oui oui on en met 2). Sylvain toujours prĂšs de moi. Bon elle trouve le col assez facilement et introduit sa pipette… voilĂ  c’est fait! RĂ©sultat le 27 dĂ©cembre…

Nous y voilĂ  dans cette attente

Celle oĂč tu Ă©coutes ton corps comme jamais, que tu ressens chaque douleur mĂȘme si elle ne veut rien dire…Une nuit de douleur… Ça me tiraille. J’ai peur, peur que ce soit mon utĂ©rus qui rejette mes embryons et oui les pensĂ©es nĂ©gatives font aussi parties de tout ce long parcours… Le rĂ©veil est aussi douloureux avec peu de sommeil… Les pics aux ovaires continuent. Une journĂ©e encore difficile, une nuit aussi. Les douleurs sont moins prĂ©sentes mais ponctuelles j ai le ventre d’une femme enceinte et ça me plait assez, pourvu que ça dure…

ForcĂ©ment le 22 dĂ©cembre dans la nuit mon ventre Ă©tait encore plus gonflĂ©, enceinte de 6 mois. Sylvain ne me laisse pas le choix. On part aux urgences. Le verdict tombe, je fais une hyperstimulation ascite dans le ventre, hospitalisation obligatoire. Mon mari passe me voir aprĂšs le boulot tous les soirs et c’est trĂšs dur d’ĂȘtre sĂ©parĂ©… Le voir les larmes aux yeux le soir en partant me touche au plus profond de moi
 Le 25 dĂ©cembre, prise de sang et le rĂ©sultat est positif ! Miracle !

4 ans de douleurs morales physiques pour un merveilleux cadeau

Celui de porter la vie
 Louane est nĂ©e le 28 AoĂ»t 2014. Pour toutes celles qui vivent cela, il y aura des haut, des bas, de la jalousie, de l’incomprĂ©hension, de la haine, de la peine, des douleurs
 Le parcours de la PMA laisse des traces il ne s’oublie pas mais aprĂšs on vit avec et surtout on profite Ă  fond de ce qui est le plus prĂ©cieux pour nous : notre enfant !

Un jour on m’a dit : « Les parents sont capables de dĂ©placer des montagnes mais ceux qui souhaitent le devenir son capables de bien plus encore, et c’est vrai ! ».

 

jessica ripon temoignage sur la pma et la fiv

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