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L’endomĂ©triose peut-elle me rendre stĂ©rile ?

Maux de ventre, douleurs ovariennes au moment des rĂšgles, et si vous souffriez d’endomĂ©triose ? La plupart des femmes se plaignent de douleurs violentes au niveau du bas-ventre lors de leurs cycles. Et pourtant, rien Ă  voir avec le fait d’ĂȘtre douillette. Souvent diagnostiquĂ©e au moment du dĂ©sir de maternitĂ©, l’endomĂ©triose est une maladie chronique, rĂ©cidivante, qui touche une femme sur dix (tout de mĂȘme !) en Ăąge de procrĂ©er et qui peut avoir un impact sur la fertilitĂ©. Heureusement, des traitements existent. Le point avec Endofrance, l’association française de lutte contre l’endomĂ©triose.

L’endomĂ©triose, une maladie complexe

Mais comment se manifeste cette maladie ? L’endomĂštre est un tissu qui recouvre l’utĂ©rus. Sous l’effet des hormones, l’endomĂštre va s’épaissir et s’il n’y a pas fĂ©condation, il se dĂ©sagrĂšge et saigne pour donner lieu aux rĂšgles. Chez la femme atteinte d’endomĂ©triose, les cellules remontent et migrent via les trompes. Un tissu semblable au tissu endomĂ©trial se dĂ©veloppe hors de l’utĂ©rus et provoque des lĂ©sions et des kystes ovariens sur les organes colonisĂ©s ce qui provoque des douleurs. Cette maladie peut donc toucher toutes les femmes de la pubertĂ© Ă  la mĂ©nopause. Le souci c’est que la maladie ne se dĂ©piste pas facilement.

Les symptĂŽmes se limitent Ă  des douleurs intenses pendant les rĂšgles et pendant les rapports sexuels ou encore lors des opĂ©rations de vidange de la vessie et des intestins. C’est pourquoi le symptĂŽme n’est pas toujours associĂ© Ă  la maladie car beaucoup de femmes souffrent pendant les rĂšgles sans ĂȘtre pour autant atteintes d’endomĂ©triose. Le diagnostic est d’autant plus difficile que les douleurs sont d’intensitĂ© variable en fonction du degrĂ© d’évolution de la maladie. « Il s’agit bien souvent d’une douleur invalidante, entraĂźnant une incapacitĂ© totale ou partielle pendant quelques jours » prĂ©cise notre interlocuteur Ă  EndoFrance. D’oĂč parfois, l’incapacitĂ© de mener une vie professionnelle, familiale, normale, liĂ©e Ă  cette souffrance chronique. C’est pourquoi la maladie est souvent dĂ©couverte par hasard, avec un retard en moyenne de 5 ans sur son apparition. Et bien souvent c’est Ă  l’occasion d’un bilan de fertilitĂ© que la maladie est dĂ©couverte. Autant dire parfois trop tard pour les femmes souhaitant une grossesse.

Quelles sont les consĂ©quences de l’endomĂ©triose sur la fertilitĂ© ?

Si l’endomĂ©triose est en cause dans prĂšs d’un cas d’infertilitĂ© sur quatre, ce n’est heureusement pas irrĂ©versible. Une fois opĂ©rĂ©e, la patiente pourra concevoir naturellement un bĂ©bĂ©. Et en gĂ©nĂ©ral, la grossesse a pour effet de faire disparaĂźtre la maladie ou du moins ses symptĂŽmes. AprĂšs avoir eu un enfant, la plupart des femmes souffrant d’endomĂ©triose n’ont plus ressenti de douleur.

Les examens nécessaires

Contrairement Ă  bien d’autres pathologies, les examens sanguins ne permettent pas de dĂ©pister l’endomĂ©triose. Selon les recommandations de la Haute AutoritĂ© de Sante (HAS), l’examen gynĂ©cologique reste le premier examen Ă  effectuer pour orienter le diagnostic. Il peut ĂȘtre complĂ©tĂ© par une Ă©chographie pelvienne. Une IRM (imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique) peut Ă©galement ĂȘtre prescrite pour affiner le diagnostic. Un examen pelvien orientĂ© ainsi qu’une Ă©chographie endovaginale peuvent complĂ©ter les examens. D’autres examens plus rares comme le bilan urodynamique (Ă©tude du dĂ©bit de l’urine, des variations de pression et de la tonicitĂ© du sphincter) ou une cƓlioscopie diagnostique seront effectuĂ©s pour affiner le diagnostic et dĂ©cider d’une Ă©ventuelle opĂ©ration chirurgicale.

Quels traitements contre l’endomĂ©triose ?

Malheureusement, le traitement ne traite pas la maladie mais les symptĂŽmes, d’ailleurs l’HAS prĂ©conise de ne pas prendre de traitement hormonal particulier en cas d’endomĂ©triose asymptomatique. Ainsi, des anti-douleurs peuvent ĂȘtre prescrits. L’endomĂ©triose Ă©tant une maladie hormono-dĂ©pendante, la solution consiste Ă  bloquer le cycle ovarien pour empĂȘcher la venue des rĂšgles. Le traitement utilisĂ© en premiĂšre intention est donc la contraception par Ɠstroprogestatifs et le SIU (systĂšme intra-utĂ©rin au lĂ©vonorgestrel) au LNG Ă  52 mg.
On peut aussi procĂ©der Ă  des cures de mĂ©nopause artificielle, avec des injections pour permettre Ă  l’ovaire de se reposer.

Lorsque l’on bloque le cycle avec un traitement hormonal (qui peut affecter l’humeur !), les douleurs peuvent disparaĂźtre ou, Ă  tout le moins, s’attĂ©nuer fortement. En gĂ©nĂ©ral, une prise en charge psychologique est aussi conseillĂ©e, afin de travailler sur certains blocages induits par la douleur. Dans tous les cas, un suivi mĂ©dical assez contraignant s’avĂšre nĂ©cessaire.

Une lectrice anonyme, atteinte d’endomĂ©triose, tĂ©moigne pour Neuf Mois

« J’ai pu avoir un enfant malgrĂ© tout. C’est Ă  l’ñge de 20 ans que ma gynĂ©cologue a diagnostiquĂ© mon endomĂ©triose. Depuis la pubertĂ©, je souffrais de maux de ventre violents et souvent paralysants au moment de mes rĂšgles, allant jusqu’à me tordre de douleur. Ma gynĂ©co a pris mes douleurs au sĂ©rieux, elle n’a pas essayĂ© de minimiser le fait que je souffre. RĂ©sultat de l’échographie : deux kystes d’endomĂ©triose sur les ovaires dont un qu’il a fallu opĂ©rer. Mais avant l’opĂ©ration, j’en ai passĂ©, des examens : Ă©chographie pelvienne, IRM, puis hospitalisation pour cƓlioscopie. Ensuite, j’ai Ă©tĂ© en mĂ©nopause pendant un an, avec un traitement assez lourd, des injections dans les cuisses pour bloquer l’activitĂ© des ovaires.Une pĂ©riode difficile Ă  vivre pour moi, je me sentais amputĂ©e dans mon corps, stĂ©rile. Heureusement, mon endomĂ©triose a Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e Ă  temps, et bien soignĂ©e. La pilule que j’utilise dĂ©sormais permet de lutter efficacement contre le retour des kystes. Mais, surtout, j’ai pu avoir un enfant, une magnifique petite fille de 15 mois dĂ©sormais. J’ai eu beaucoup de chance ».

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4 Comments

  1. 1

    Salut Ă  tous,
    J’ai 43 ans et je suis atteinte d’une endomĂ©triose Ă  un stade trĂšs avancĂ© selon le diagnostic de mon mĂ©decin. Ma crainte est de ne pas connaĂźtre un jour la joie de l’enfantement. C’est une angoisse terrible que je vivais quotidiennement jusqu’au jour oĂč dans mes recherches je suis tomber sur une vidĂ©o traitant de PMA. J’ai Ă©tĂ© Ă©mu par le tĂ©moignage d’une femme de 54 ans qui est devenue mĂšre grĂące Ă  un programme de dons d’ovocytes + une fĂ©condation in vitro. Je veux alors savoir si avec la maladie dont je souffre, il est toujours d’ĂȘtre enceinte comme cette internaute ? Si oui, donnez-moi les informations pour que je puisse me lancer.

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