Un mélanome pendant la grossesse peut engendrer des métastases

Une nouvelle étude publiée dans le Journal of the American Academy of Dermatology  par des chercheurs américains (Cleveland, USA) pointe l’éventuelle évolution de mélanomes présents chez la femme enceinte en métastases dans d’autres organes et tissus.  Et même après traitement, cette femme serait plus exposée à une récidive du cancer.

Le mélanome, un cancer de la peau rare mais très agressif

Le mélanome est une tumeur maligne qui se développe à partir de cellules de la peau appelées mélanocytes. Le mélanome malin est la plus grave forme de cancer de la peau, même si elle ne représente que 10% de ces cancers, et il est en progression constante depuis des années. Un phénomène notable montre par ailleurs que ce type de cancer touche de plus en plus les jeunes femmes (ndlr, en raison de leur exposition excessive au soleil et à l’usage des cabines d’UV) et représente un vrai problème lors de grossesses. L’étude montre de manière globale comment ce cancer de la peau, détecté pendant la grossesse ou dans l’année qui suit, pourrait par la suite donner lieu à des métastases dans d’autres parties du corps. Les femmes enceintes sont donc les premières concernées puisqu’elles ont cinq fois plus de risques d’en mourir que les femmes qui n’attendent pas d’enfant au moment où elles développent un mélanome. A noter également qu’elles ont neuf fois plus de risques de récidive de leur cancer pendant les 7 prochaines années.

Une étude précise et sans appel

Cette étude américaine datée du 20 janvier a été menée sur 462 femmes âgées de moins de 50 ans. Parmi ces femmes, 41 ont développé un mélanome pendant la grossesse ou l’année qui a suivi. Le résultat montre que 20% sont décédées suite au développement du mélanome, un chiffre qui ne se monte qu’à 10% dans le groupe où les femmes n’étaient pas enceintes à l’époque du diagnostic. En outre, le développement du cancer dans d’autres zones du corps est de 25% pour les femmes diagnostiquées pendant la grossesse contre 12,7% pour les femmes qui ne n’étaient pas enceintes.

Reste une question…

Les femmes enceintes seraient-elles plus enclines à développer un mélanome ? Pas forcément : selon les chercheurs, les femmes enceintes ne sont pas plus sujettes au mélanome mais les effets délétères de cette tumeur peuvent être « plus virulents », selon le Pr Brian Gastman qui a coordonné l’étude. Tous les chercheurs s’accordent à dire que les modifications hormonales seraient sûrement l’une des raisons de l’agressivité plus poussée du mélanome chez les femmes enceintes.

En conclusion, les femmes diagnostiquées avec un mélanome au cours de leur grossesse ou dans l’année qui suit sont 5,1 fois plus susceptibles de décéder d’un cancer, 6,9 fois plus à risque de souffrir de métastases et 9,2 fois plus susceptibles d’avoir une récidive du cancer dans les années qui suivent.

Des méthodes pour enrayer le phénomène

La prévention est un élément très important à ne pas négliger et peut se faire notamment grâce au dépistage.  Les chercheurs américains pointent bien du doigt le fait de faire des contrôles réguliers de la peau et des auto-examens pour éviter toute récidive, surtout si ce cancer est détecté pendant la grossesse. Il est également conseillé aux femmes enceintes de se protéger des UV car elles sont beaucoup plus sensibles aux rayons du soleil à cause de la poussée d’hormones. Cela permet d’éviter les taches pigmentaires qui peuvent apparaître au niveau du front, du nez ou de la bouche mais aussi les varices et les jambes lourdes tant qu’à faire. Même en ville, il faut donc se protéger grâce aux crèmes SPF 50 jusqu’à l’accouchement. Et même après si l’on est sous contraception hormonale (pilule), car ce contraceptif est photo-sensibilisant. Certes des taches pigmentaires ne sont pas mortelles, mais si on peut les éviter, c’est tout de même plus esthétique.


 

Bébé, une fois né, n’échappera pas à ces précautions anti-UV…

…sauf que pour lui, c’est zéro soleil obligé. Outre la déshydratation que provoque l’exposition solaire (et qui peut être mortelle en très peu de temps), les coups de soleil dans la petite enfance sont à l’origine de nombreux cancers de la peau redoutables à l’âge adulte. Pas de risque avec une crème solaire SPF 50+ ? Bien sûr que si. Et de toute façon l’application de crème solaire n’est pas recommandée chez un tout petit bébé, en raison de la dangerosité des filtres solaires utilisés. Un bébé doit rester à l’ombre, et pas seulement sous un parasol : ces accessoires, même traités anti-UV, peuvent laisser passer une partie des rayons solaires. A l’ombre toute, bébé !

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