PMA : sera-t-il bientôt possible de se passer de gamète femelle ?

Serions-nous en train d’assister à un bouleversement total de la reproduction naturelle ? Scientifiquement, il n’est pas possible de concevoir un bébé autre que par la fusion d’un spermatozoïde et d’un ovule. Mais tout serait sur le point de changer… En effet, des biologistes issus de l’université de Bath, basée au Royaume-Uni, en collaboration avec ceux de l’université de Ratisbonne, située en Allemagne, ont réussi à mettre au monde des souris en injectant du sperme dans une cellule qui n’était pas un ovule, et donc en se passant de gamète femelle. Les résultats ont été publiés dans la revue scientifique britannique Nature Communications, le 13 septembredernier.

Pour se reproduire, il faut un gamète femme : l’ovocyte et un gamète mâle : un spermatozoïde. Dans ces cellules sexuelles, on trouve un exemplaire de chaque chromosome qui formera alors les paires de chromosomes de l’embryon après la conception. Mais cette fois-ci, plus de gamète femelle ! Pour parvenir à ce résultat on ne plus incroyable, l’équipe du médecin Toru Suzuki a utilisé des embryons de souris à un stade très précoce, en stimulant chimiquement un ovule avant de commencer la première division cellulaire. Pour la deuxième partie, un spermatozoïde a alors été injecté dans chacun des embryons, puis ils ont ensuite implanté les cellules « fusionnées » dans des souris, ayant pour rôle celui de mère porteuse. Résultats ? Pour 24% de toutes les souris (soit un quart de l’ensemble de portées) ces mères porteuse ont mis au monde des souriceaux non seulement vivants, mais aussi en bonne santé et non stériles ! Pour le médecin Anthony Perry, principal auteur de l’étude, c’est une très bonne nouvelle. En effet, il a déclaré dans la revue scientifique : « C’est la première fois que l’on obtient un développement mené à terme en injectant des spermatozoïdes dans des embryons ».

Sera-t-il possible de se passer d’un ovocyte ?

Pour les biologistes, il sera, en effet, possible de se passer un jour d’un ovule pour se reproduire. En effet, cela permettrait alors de moins dépendre des ovocytes, dont la collecte est très difficile, a notamment expliqué Marie-Hélène Verlhac, chercheuse en biologie cellulaire au CNRS. Une avancée scientifique qui pourrait donner une chance aux couples dont la femme se bat contre son infertilité, d’avoir un bébé. Cette procédure serait également un excellent moyen pour les couples gays d’avoir un enfant, comme l’indique un article dans le site britannique The Independant.


Toutefois attention ! Comme le rappelle Simon Fishel, directeur général de la clinique privée britannique Care Fertility : « Les souris ne sont pas des humains », avant de poursuivre : « Il faudra de nombreuses années pour comprendre les risques pour l’ADN et la santé des humains ». Affaire à suivre donc… En attendant, les avancées scientifiques ne cesseront jamais de nous surprendre !

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