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Perturbateurs endocriniens : les critères de définition publiés par Bruxelles font polémique

Mercredi 15 juin, la Commission européenne a rendu publics ses critères d’identification des perturbateurs endocriniens contenus dans les cosmétiques, plastiques, pesticides… Très attendues, ses conclusions auraient dû arriver il y a déjà deux ans, et devraient permettre de réglementer la production et l’utilisation de ces substances susceptibles de modifier le fonctionnement du corps humain (perturbations hormonales, obésité, malformations, troubles de la fertilité), en particulier pour les fœtus qui y sont exposés in utero. Mais les critères définis ont éveillé de nombreuses critiques, tant chez les défenseurs de l’environnement que chez les industriels.

Des critères de définition rejetés par les défenseurs de l’environnement

Comment évaluer le risque ? On peut retenir deux principes : quantifier par les effets intrinsèques de la substance toxique (c’est-à-dire de manière absolue), ou quantifier par l’intensité de l’exposition des individus à la substance (de manière relative). Étant donné la vulnérabilité de certaines populations, et en particulier des fœtus, sur lesquels une exposition minime à certaines substances peut avoir des conséquences durables, le texte de la Commission aurait dû privilégier les critères absolus. Or, si celle-ci affirme s’être basée sur ce type de critères, elle a tout de même prévu des exceptions… Si le risque d’exposition est « négligeable » ou si une plante a besoin d’une substance pour survivre, celle-ci sera utilisée même si ses propriétés intrinsèques représentent un risque de danger pour l’homme.

Autre point polémique, seule la santé des êtres humains est évoquée. Pour Lisette Van Vliet, membre de l’Alliance Santé et Environnement HEAL, ces critères sont « désastreux » : « Normalement on regarde non seulement toutes les preuves trouvées sur les humains mais aussi ce qui se passe chez les animaux« . L’eurodéputée Michèle Rivasi (Verts-ALE), a renchéri, en affirmant que ce texte fait des humains des « cobayes« .

L’ONG WECF-France, qui vient d’organiser un débat au Sénat intitulé « Halte aux perturbateurs endocriniens », ne cache pas sa déception : « Après plusieurs années d’attente, nous sommes extrêmement déçus par cette décision de la Commission européenne, qui ne garantit pas une protection élevée de la santé, comme l’exigent pourtant les traités en vigueur dans l’Union européenne, souligne sa présidente Véronique Moreira. Les scientifiques réclament l’usage du principe de précaution, seul capable d’assurer une protection des populations vulnérables face à ces substances qui ont envahi notre quotidien : par son choix, la Commission ne fait pas de la protection de la santé des populations une priorité ». Et d’estimer que les critères choisis « excluent des éléments pourtant essentiels », dénonçant que seuls les perturbateurs endocriniens « avérés » seront réglementés, au contraire de la proposition, soutenue notamment par la France, de classement en 3 catégories, permettant de réglementer des substances « avérées », « probablement » ou « potentiellement » perturbateurs endocriniens.

Pour les industriels, ces critères ne permettent pas de distinguer les substances nocives

Ces critères ont donc suscité beaucoup d’indignation chez les défenseurs de l’environnement. Mais les industriels ne sont pas en reste… La Commission a affirmé ne pas avoir tenu compte des considérations « socio-économiques« , pour privilégier une approche « basée sur la science« , qui n’est pas au goût des acteurs économiques. Ils déplorent par exemple que la prise en compte du taux d’exposition ne soit que marginale, et ne soit pas le critère premier de la règle européenne. Dans un communiqué, l’association européenne de l’industrie phytosanitaire a affirmé que les critères définis ne permettent pas de distinguer « les substances vraiment nocives » de celles « qui ne posent aucune menace à la sécurité des humains« .


Un texte en débat le 20 juin

Ce texte, qui doit être discuté par le conseil européen des ministres de l’environnement le 20 juin prochain, puis examiné par le Parlement européen, est donc loin de faire l’unanimité, même s’il s’appuie sur les travaux de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce n’est pas vraiment une surprise : les perturbateurs endocriniens sont devenus un sujet de santé publique majeur, particulièrement débattu alors que l’utilisation du glyphosate fait l’objet d’un véritable bras de fer en Europe.

En attendant que l’utilisation des perturbateurs endocriniens soit mieux régulée, autant appliquer un principe de précaution : il est recommandé aux femmes enceintes d’être vigilante avec les polluants présents dans leur environnement, en privilégiant les matières naturelles au plastique, en limitant leur consommation de plats cuisinés et de biscuits industriels, leur utilisation de produits ménagers chimiques et de cosmétiques qui présentent encore des substances sur lesquelles le doute est de mise.

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