Débat : la vaccination obligatoire en France doit-elle être supprimée ?

« Doit-on supprimer la vaccination obligatoire en France ? », c’est le débat qu’a lancé la ministre de la Santé Marisol Touraine. Depuis quelques mois, un climat d’inquiétude et de polémique s’est installé en France, auquel ce débat national a pour mission de remédier.

Il y a quelques jours, nous vous informions qu’un couple originaire d’Auxerre, Marc et Samia Larère écopaient de deux mois de prison avec sursis pour ne pas avoir fait vacciner leurs enfants contre le DT-Polio. Pourquoi ne l’avaient-ils pas fait ? Parce que ce vaccin, obligatoire depuis 2007, est en rupture de stock depuis 2008 et que la seule alternative est de recourir à un autre vaccin qui comprend des valences non obligatoires, notamment contre la coqueluche, l’Hæmophilus ifluenzae de type B (bactérie à l’origine de méningites et de problèmes respiratoires) mais aussi contre l’Hépatite B, un vaccin très controversé. Face à ce vaccin dit hexavalent, les parents sont méfiants. C’était le cas notamment d’un autre parent, Mickaël Lecompte, papa d’un petit Pierre, qui a comparu devant le tribunal de Strasbourg en novembre 2015 pour la même raison que le couple Larère,  le refus de certains vaccins en raison de leurs composants et de leurs éventuels effets secondaires.

Un débat qui durera toute l’année

C’est donc en raison de ces deux points polémiques qui incitent de nombreux parents à éviter les vaccins non obligatoires mais pourtant recommandés que Marisol Touraine a décidé de lancer le débat. Un enjeu de taille : relancer la confiance qui a été écorchée depuis la mauvaise gestion de la vaccination contre l’Hépatite B dans le courant des années 1990, mais aussi lors de l’affaire de la grippe H1N1 en 2009. Interviewée par Le Monde, la ministre de la Santé a alors déclaré : « La montée d’interrogations, de doutes, parfois même de suspicions, aboutit à fragiliser la parole publique. Répondre à la défiance est aujourd’hui un enjeu de société. » Il s’agira donc d’un débat national qui s’étendra tout au long de l’année 2016 afin d’éviter que la baisse de la couverture vaccinale ne finisse par menacer la santé publique. En effet, pour éviter le retour des épidémies il faut une couverture vaccinale de 90% en moyenne pour la plupart de ces maladies. Or une enquête de l’Institut national de Veille Sanitaire (InVS) a montré que la couverture vaccinale a baissé d’environ 5 % chez les bébés de 0 à 9 mois entre 2014 et 2015 pour le vaccin hexavalent qui protège contre six maladies (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, Hib et hépatite B) et pour le vaccin Prevenar qui protège l’enfant contre des maladies causées par plusieurs types de la bactérie Streptococcus pneumoniae (méningite, septicémie, bactériémie, pneumonie et otite). Si la baisse se poursuit dans les années à venir, les maladies risquent de regagner du terrain comme c’est déjà le cas dans certaines région d’Europe notamment pour la diphtérie, ou pour la rougeole aux Etats-Unis.

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Débattre et rassurer, c’est bien, mais ce n’est pas tout. Marisol Touraine prévoit aussi tout un plan de mesures autour de ce débat national sur la vaccination : la mise en place d’un carnet de vaccination électronique qui améliorera le suivi vaccinal de son propriétaire, une obligation pour les laboratoires pharmaceutiques d’orchestrer au mieux la gestion des stocks pour éviter la pénurie, l’installation d’une coordination d’experts et d’usagers appelée « comité des parties prenantes » dont la mission sera de faciliter la compréhension des enjeux de la vaccination aux yeux de tous.

Ces mesures vous semblent-elles suffisantes pour répondre à vos interrogations de parents sur la vaccination ?

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