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Consommer trop de poisson pendant la grossesse augmente l’obésité infantile

Consommer trop de poisson pendant la grossesse augmente l’obésité infantile

Consommer trop de poisson pendant la grossesse encouragerait des perturbations endocriniennes avec pour corollaire des risques d’obésité du jeune enfant ou des troubles importants de croissance. C’est ce que rapporte une étude publiée lundi 15 février dans le Journal of the Americain Medical Association Pediatrics par une équipe internationale de chercheurs.

L’étude met plus spécifiquement l’accent sur le fait que manger plus de trois fois par semaine du poisson lors d’une grossesse serait nuisible au bébé à cause des polluants organiques présents dans l’environnement qui se répandent alors dans cet aliment.

Une étude menée sur la durée pour assurer le suivi des enfants

Depuis déjà deux ans, l’Agence américaine des produits alimentaires et de médicaments (FDA) et l’Agence de protection de l’environnement (EPA) encouragent les femmes en désir d’enfant et les femmes enceintes à ne pas consommer plus de trois fois par semaine du poisson pour limiter l’exposition trop importante du bébé au mercure. Ce métal, à long terme, peut se loger dans le sang de la maman et mettre jusqu’à un an à être évacué naturellement. La contamination peut donc être directe et ce même si la consommation importante de poisson datait d’avant la grossesse. A noter également que ce métal serait la cause d’un mauvais développement cérébral du bébé voire de problèmes neurologiques graves.


L’étude américaine a été menée sur la durée puisque qu’elle met en exergue l’évolution de l’enfant de la naissance à 2 ans puis de 4 à 6 ans. Des recherches ont donc été réalisées aux Etats-Unis mais aussi en Europe afin de comprendre le lien entre la consommation de poisson pendant la grossesse et l’évolution du poids de l’enfant. Il faut tout de même noter une différence importante de consommation de poisson entre certains pays, notamment la Belgique et l’Espagne : 0,5 fois par semaine pour le premier contre 4,45 fois pour le second.

Au total, 8215 enfants ont été suivis pendant 6 ans et les résultats sont sans appel : 31% d’entre eux ont subi une croissance rapide de la naissance à leurs 2 ans alors que 19,4% étaient en surpoids dès l’âge de 4 ans contre 15,2% à 6 ans seulement. L’étude révèle donc que l’indice de masse corporelle (IMC) des enfants âgés de 2, 4 et 6 ans est donc beaucoup plus élevé pour les enfants qui ont été nourris par de fortes quantités de poisson in utero que pour ceux dont la consommation indirecte était moindre.

Il ne faut cependant pas oublier les apports bénéfiques du poisson

De manière générale, seuls les poissons et les fruits de mer apportent des acides gras oméga-3 au bébé via le placenta. En cas de carence, la maman serait plus sujette au baby-blues et à la dépression mais, surtout, il y aurait un risque pour le bébé,  de faible développement des neurones est à prévoir. Mais d’autres nutriments essentiels sont aussi apportés par le poisson : le sélénium, l’iode, le magnésium, le fer ou le cuivre.

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Tous sont importants mais soulignons notamment que l’iode puisé chez sa maman est le seul moyen pour le foetus de fabriquer ses hormones thyroïdiennes. De même, la carence en iode chez la maman peut empêcher un bon développement cérébral chez le foetus. Les poissons les plus riches en iode autorisés chez le femme enceinte sont le saumon, la morue voire la langoustine.


Pour une consommation raisonnée et saine, il faut donc mettre l’accent sur les poissons qui ont une teneur en pollution faible. Même si certains poissons des mers froides contiennent beaucoup de mercure, les poissons gras d’eau douce (anguille, barbeau, brème, carpe, silure, brochet…) n’y échappent pas non plus. L’Anses (ndlr, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a donc émis des recommandations en direction des femmes enceintes : ne pas consommer de lamproie et limiter la consommation de poissons à deux apports par semaine maximum.

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