Non immunisée contre la varicelle : quels sont les risques pour une femme enceinte ?

La plupart des mamans sont heureusement immunisées contre les maladies infantiles et notamment contre la varicelle, qui sévit en hiver et au printemps. Et si on ne l’est pas, parce qu’on ne l’a pas attrapée enfant, que risque-t-on ? Comment se protéger et protéger son bébé ? Les réponses du Docteur Nicole Ciraru-Vigneron, gynécologue-obstétricienne.

Seulement 10% d’adultes non immunisés

Cette maladie infectieuse contagieuse survient essentiellement en hiver et au printemps. Elle est habituellement bénigne dans l’enfance. A l’âge adulte, elle est rare car 90% des adultes sont heureusement immunisés pour l’avoir attrapée pendant leur enfance, mais quand elle survient, la varicelle est plus compliquée que chez l’enfant. Et notamment chez la femme enceinte, car elle peut provoquer un avortement, des malformations et parfois, hélas, le décès du fœtus. Mais pas de panique, c’est rare, même très rare et il existe des traitements.

Comment éviter la contamination de la varicelle ?

La transmission du virus se fait par l’intermédiaire des gouttelettes de salive émises par le malade et par contact avec les lésions cutanées. Garder ses distances, éviter les bisous et notamment sur la bouche avec un bébé ou un jeune enfant gardé en collectivité et n’ayant pas déjà eu la varicelle, c’est une règle de bon sens (et cela permet aussi d’éviter la contamination par le cytomégalovirus (CMV). Et se laver les mains soigneusement plusieurs fois par jour ! Une fois la future maman contaminée, la transmission au fœtus se fait à travers le placenta deux jours avant l’éruption de taches rouges chez la femme enceinte.

Que risque bébé si j’attrape la varicelle ?

Au cours du premier trimestre de la grossesse, la varicelle peut entraîner un avortement spontané. Dans les mois qui suivent, le risque est inférieur à 10 %. En revanche, des anomalies et des atteintes physiques diverses sont hélas possibles. Plus l’éruption chez la maman est proche de l’accouchement, plus le risque est grand pour le fœtus car le bébé n’a pas encore eu le temps de recevoir des immunoglobulines maternelles spécifiques susceptibles de le défendre contre le virus. C’est pourquoi il faut toujours anticiper, quand on a été en contact avec un malade.


Quelles sont les solutions pour éviter varicelle ?

Si l’on n’est pas immunisée, il faut impérativement consulter le plus vite possible dès que l’on a été en contact avec une personne atteinte par la varicelle. Le traitement consiste en une injection des immunoglobulines polyvalentes dans les 72 heures qui suivent le contact. Une analyse du liquide amniotique permettra d’établir ou pas la présence du virus et d’immunoglobulines M (variété d’immunoglobulines qui augmentent en premier en cas d’infection) et donc le risque de contamination du fœtus.

En cas de diagnostic tardif, l’échographie permet d’évaluer les malformations fœtales mais elles sont très rares (à peine 1% des fœtus contaminés selon les études médicales) et d’envisager une interruption médicale de grossesse en cas de graves malformations. Mais comme on le disait juste avant, ce sont des cas extrêmement rares. Ce qui ne doit pas vous dispenser des mesures de prudence évoquées plus haut : pas de contact trop rapprochés avec un enfant gardé en crèche ou allant à l’école, avec une personne malade, et lavage de mains soigneux et plusieurs fois par jour, même sans contact avec un enfant ou un adulte malade.

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