Toxémie gravidique : pourquoi impose-t-elle un suivi médical impératif pendant la grossesse ?

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Aussi appelée aussi pré-éclampsie, la toxémie gravidique touche essentiellement les futures mamans de plus de 35 ans et celles qui attendent des jumeaux. Plus rarement, les très jeunes femmes enceintes âgées de moins de 18 ans. Explications en 7 points du Professeur et gynécologue-obstétricien, René Frydman, auteur de Neuf Mois : Attendre bébé.

Qu’est-ce que la toxémie gravidique ?

Cette pathologie du dernier trimestre de la grossesse se manifeste par de l’hypertension artérielle et de l’albumine dans les urines. La toxémie gravidique est liée à une mauvaise vascularisation du placenta. Ce dernier secrète alors des substances nocives pour les vaisseaux sanguins. Cela va perturber les échanges entre l’utérus et le placenta. Et peut entraîner un retard de croissance chez le futur bébé. En effet, le placenta n’assurant plus une oxygénation suffisante ni une nutrition correcte, la santé du futur bébé peut donc être affectée. Quant à la maman, les risques sont à la mesure de l’importance de l’hypertension.

Enceinte, quelles sont les conséquences de l’hypertension ?

Modérée et prise en charge rapidement par un traitement médicamenteux et des règles d’hygiène de vie, les conséquences de l’hypertension pendant la grossesse sont limitées. La grossesse se poursuit sans problème grave et va en général jusqu’à son terme. Non traitée ou dépistée trop tard, l’hypertension se complique de deux manières différentes. L’éclampsie, qui se manifeste par des convulsions et parfois des troubles de la conscience chez la maman, et l’hématome rétro-placentaire. Petite poche de sang située derrière le placenta. Dans certains cas, l’hématome rétro-placentaire peut provoquer un décollement d’une partie du placenta de la paroi utérine. Et là, c’est une complication très grave car cela peut entraîner le décès in utero du fœtus. La toxémie gravidique peut aussi provoquer un dysfonctionnement des reins ou du foie chez la maman. C’est pour cela qu’il faut se faire suivre régulièrement pendant la grossesse et toujours consulter en cas de doute.

Quels sont les symptômes de la toxémie gravidique ?

On constate souvent l’apparition d’un œdème au niveau du visage, des mains et/ou des chevilles. Ainsi que de la fatigue et un essoufflement. A l’examen, la tension artérielle, mesurée aux deux bras, en position debout ou assise, dépasse 13 pour le chiffre supérieure et 9 pour le chiffre inférieur.

Quel est le traitement préconisé en cas de toxémie gravidique pendant la grossesse ?

C’est au cas par cas, souvent avec des médicaments hypertenseurs, ou, selon le cas, tout simplement avec de l’aspirine à très faible dose. Car à haute dose, ce médicament est toxique pour le fœtus et demeure donc contre-indiqué. Parmi les règles d’hygiène de vie, on préconise essentiellement du repos, avec un arrêt maladie si la future maman est encore en activité Ainsi qu’une limitation du sel dans l’alimentation s’il est consommé en excès.

Comment savoir si le fœtus a souffert de cette pathologie ?

Le dosage de l’acide urique et de certaines hormones de la grossesse dans les urines de la maman permet de se faire une idée. Mais d’autres examens, des échographies et des dopplers, permettent d’évaluer plus précisément les conséquences sur la croissance du fœtus. On pratique aussi souvent un monitoring de l’activité cardiaque du bébé. Et on demande à la future maman de surveiller les mouvements de son bébé trois fois par jour. Le matin, l’après-midi et le soir après le dîner, toujours en position allongée sur le côté gauche et sans bruit autour d’elle. En cas de problèmes graves, l’accouchement peut être déclenché par voie basse ou une césarienne peut être décidée.


Quelles sont les conséquences de la toxémie gravidique après l’accouchement et dans le cas d’une nouvelle grossesse ?

Les troubles de la toxémie gravidique disparaissent dans les jours ou les semaines qui suivent la naissance. Une nouvelle grossesse peut parfaitement se dérouler sans problème car la toxémie gravidique touche le plus souvent des primipares. En cas de pré-éclampsie lors d’une grossesse précédente, un traitement préventif à base d’aspirine à très faible dose est souvent prescrit à partir du 4e mois et jusqu’au 8e mois de grossesse. L’aspirine présentant des risques d’hémorragie, le traitement est stoppé en amont de l’accouchement par précaution.

Quelles sont les futures mamans les plus sujettes à la toxémie gravidique ?

En général, il s’agit plutôt de femmes primipares. Il semble aussi que de plus en plus de futures mamans soient hypertendues en raison de l’augmentation générale de l’âge de la maternité. C’est pourquoi la toxémie gravidique touche plus volontiers les femmes de plus de 35 ans. Les mamans de jumeaux ou de triplés sont aussi plus couramment atteintes. Parfois, lorsque la future maman est encore adolescente, c’est-à-dire moins de 18 ans, elle peut présenter aussi une toxémie gravidique. Les femmes en fort surpoids y sont également plus facilement exposées. Ainsi que celles qui présentent certaines pathologies, telles que le diabète gestationnel ou souffrant de diabète chronique. Il faut impérativement suivre le traitement prescrit. En effet, l’éclampsie non traitée est une des principales causes de décès maternel par insuffisance cardiaque, rénale ou hépatique ou par hémorragie cérébrale. Heureusement, seulement 5% des grossesses sont concernées par la toxémie gravidique.

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