Cholestase gravidique : qu’est-ce que c’est ?

La cholestase gravidique est une maladie qui se manifeste chez la femme enceinte à partir du troisième trimestre de grossesse, lorsque la bile ne peut plus aller du foie jusqu’au duodénum (premier segment de l’intestin grêle). La bile, liquide sécrété par le foie et favorisant la digestion, s’accumule alors et certains de ses constituants refluent dans le sang. Ce reflux augmente la concentration sanguine en acides biliaires, un phénomène qui cause des symptômes inconfortables pour la future maman, mais surtout dangereux pour le fœtus.

Les symptômes de la cholestase gravidique

La présence d’acides biliaires dans le sang provoque chez la femme enceinte de très fortes démangeaisons aux paumes des mains et à la plante des pieds. L’obstruction de la circulation de la bile peut également provoquer une jaunisse dans 1 cas sur 5. Des selles pâles et des urines sombres sont aussi des symptômes de la cholestase gravidique, à surveiller avec attention si l’on pense en être atteinte. N’hésitez surtout pas à prendre rendez-vous avec votre médecin traitant.

Quels sont les risques pour la santé du fœtus ?

Les démangeaisons sont le symptôme le plus facilement détectable et le plus désagréable pour la future mère souffrant de cholestase gravidique, mais le risque est le plus grand pour le bébé. Les acides biliaires présents dans le sang de la mère sont très toxiques pour le fœtus. Pour le préserver, les médecins préconisent donc souvent de déclencher l’accouchement de manière prématurée. La cholestase gravidique provoque une naissance prématurée dans 20 à 40% des cas. Mais les effets de la maladie sur le bébé peuvent être bien plus graves, car un risque de mort in utero est présent après 37 semaines de grossesse.

Comment traite-t-on la cholestase gravidique ?

Il est possible de réduire les risques de la cholestase par l’administration d’acide ursodésoxycholique à la mère, dans le but de réduire la quantité d’acides biliaires dans le sang. Les démangeaisons disparaissent le plus souvent après l’accouchement. Mais les origines de la maladie étant encore inconnues, la prévention et le traitement définitif de la cholestase gravidique sont actuellement impossibles. Seul le contrôle régulier de la santé de la future mère et son bébé permettent de prévoir au mieux la marche à suivre en cas d’apparition de la cholestase. On pratique donc sur la maman des tests sanguins, pour évaluer la concentration d’acide biliaire dans son sang. Un monitoring du rythme cardiaque de l’enfant à naître est aussi nécessaire, ainsi que de son niveau de stress fœtal. La seule solution efficace pour éviter un maximum de risques pour le foetus est le déclenchement prématuré de la naissance. Si la cholestase se manifeste dans 2 à 5 grossesse sur 1 000, 40 à 75% des femmes qui en ont été atteintes connaissent des récidives.


 

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