On a déclenché mon accouchement et je l’ai très bien vécu !

Salut moi c’est Valentine, et j’ai eu très envie de témoigner car j’entends trop souvent des femmes dire qu’elles ont souffert de leur accouchement déclenché. Parfois j’ai l’impression d’être « l’exception qui confirme la règle », alors quand j’entends des femmes avoir peur, se questionner ou regretter leur futur déclenchement, je m’efforce de les rassurer, parce que c’est que j’aurai aimé que l’on fasse pour moi. Voici ma petite histoire…

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« J’étais une vraie pile électrique, mais lui voulait rester au chaud ! »

J’étais enceinte d’un petit garçon prévu pour le 2 novembre 2015. Il avait failli arriver un peu avant le 8ème mois de grossesse, mais c’est sans doute parce que suis une pile électrique ! Je ne sais pas m’arrêter, d’ailleurs j’ai travaillé deux semaines avant le jour qui était censé être celui de mon accouchement. Physiquement je me sentais bien, belle, en forme, bien sur je me sentais aussi lourde, grosse (j’ai pris 13 kilos, bon c’est sûr tout est relatif mais un kilo reste un kilo !) et fatiguée de ne plus bien dormir la nuit, mais j’étais heureuse. Le papa était très présent, je suivais mes cours de préparation à l’accouchement (de l’haptonomie), je préparais son arrivée… Pour tout dire, j’ai adoré ma grossesse !

Le 2 novembre aucun signe de son arrivée

Le monitoring dit que bébé va bien, pour ce qui est du contrôle du col, je suis ouverte à 1cm. Je n’ai pas la moindre contraction, alors retour maison ! J’ai donc commencé à faire tout ce qui faut pour déclencher un accouchement : j’ai marché, j’ai fait de la voiture, j’ai fait mon ménage, j’ai fait des câlins avec Chéri, j’ai fait une petite chorégraphie devant les clips du matin à la télé… Mais rien à faire ! Au deuxième jour du terme, bébé veut rester au chaud. Quant au contrôle du col, je suis ouverte à 2cm, je n’ai toujours pas la moindre contraction, on retourne donc à la maison. Au quatrième jour, toujours pareil ! Mais le lendemain je n’ai pas eu le choix, les médecins ont été obligés de déclencher mon accouchement.

« Moi qui aime tout planifier, j’étais servie ! »

Je n’ai pas eu le choix. Maintenant que j’y pense c’est assez étrange de se dire qu’un médecin décide de tout sans même vous demander votre avis. Mais sur le coup je n’y ai même pas pensé, c’était « le protocole » comme ont dit les sages-femmes. Et puis mon gynécologue est un médecin et un homme extraordinaire alors il avait toute ma confiance. Maintenant que j’y pense j’aurais aimé qu’on me demande comment je le vivais. Le lendemain j’ai appelé la maternité pour savoir s’il n’y avait pas eu trop d’urgences dans la nuit et si je pouvais venir. Sensation très bizarre de confirmer ce rendez-vous que j’avais avec la vie, avec mon fils…

Arrivée 8h30 à la maternité, avec le papa et les valises. La sage-femme est très accueillante, gentille, rassurante, à l’écoute. Elle me fait remarquer qu’à l’inverse des autres femmes qui ne sont pas déclenchées, j’ai eu le temps de prendre ma douche et de me maquiller, que je suis belle pour la venue de mon fils ! Je me souviens avoir ri, le papa aussi, c’était tellement normal pour moi de me faire jolie, même pour aller accoucher ! C’est tellement moi.

Finalement ce déclenchement me permet de maîtriser ce que je n’aurai pas pu maîtriser en accouchement naturel, moi la grande planificatrice, moi qui aime que tout soit sous contrôle. Finalement c’est pas mal !


Le monitoring dit que des contractions arrivent, mais je ne sens rien, mais bébé va bien. Mon col est à 3cm ! Pas de tampon de gel. Ouf !
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Le déroulement, heure après heure

9h30 : injection des antibiotiques (streptocoque B) et de l’ocytocine. Les contractions sont légères, on augmente petit à petit la dose. Je découvre ce qu’est une contraction. Je me remémore les cours d’haptonomie… tout va bien.

12h : la sage-femme me perce la poche des eaux et me propose la péridurale avant qu’il ne soit trop tard. J’accepte, c’était une volonté de ma part de l’avoir. A ce moment-là les contractions sont douloureuses, j’ai du mal à gérer la respiration, mais le fait de savoir que la péridurale arrive me donne du courage. J’ai eu mal jusqu’à 13h30, heure d’arrivée de l’anesthésiste qui était un peu en retard. Pose de la péridurale, enfin ! J’ai trouvé ça impressionnant, très médical, surmédicalisé même : le champ opératoire, la charlotte sur la tête, la désinfection du dos…. mais ayant demandé à ne rien savoir et ne rien voir (surtout pas l’aiguille !) je ne savais pas ce qu’il se passait et donc n’avais pas peur.

La péridurale fait effet tout de suite mais j’ai les effets secondaires : je tremble, les muscles sont tétanisés, et mon torse me gratte affreusement. Le papa a du mal à me voir souffrir comme ça. Mais en réalité je ne souffre pas, mais je parle comme un robot à cause des tremblements ! On en ri encore aujourd’hui. A ce moment-là, mon col est ouvert à 5cm. Tout va très vite pour un premier accouchement. La sage femme me dit que bébé arrivera pour le goûter !
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15h : je sens l’envie de pousser, effectivement, mon col est ouvert à 9,5cm. On me fait patienter et en attendant, on m’installe en position comme chez le gynécologue. A 15h15 j’ai l’autorisation de pousser. A ce moment, je ressens comme une force surhumaine, quelque chose qui vient des tripes. Le déclenchement m’a permis d’être zen et reposée, la poussée en est facilitée. Je donne tout ce que je peux. Le gynécologue et le papa sont impressionnés de l’apnée que j’arrive à faire pendant la poussée !
Et à 16h05, pile à l’heure du goûter, Gatien est là. Moment magique rempli de joie, de larmes, de soulagement, d’amour…. Et de caca ! Oui parce que monsieur est un petit farceur et a décidé de me faire caca dessus pendant le peau à peau ! Un accouchement pas comme les autres, du début à la fin !
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