7 idées reçues sur la fausse couche

En tout début de grossesse, vous craignez la fausse couche ? C’est normal, car cet événement qui touche une femme sur quatre est difficile à vivre. Surtout quand vous entendez autour de vous « tout et n’importe quoi ». Nos experts* ont accepté de tordre le cou à ces idées reçues.

C’est génétique

Faux. Eh bien non, ce n’est donc pas parce que votre mère et votre grand-mère ont fait des fausses couches que vous allez forcément vivre la même expérience.

Les fausses couches sont rares, donc si ça t’arrive c’est qu’il y a un souci gynécologique

Faux. Chaque année, 200 000 femmes sont concernées par une interruption spontanée de la grossesse, dans les premières semaines. Soit quasiment une femme enceinte sur quatre.

Les fausses couches touchent tout le monde quel que soit l’âge

C’est vrai et c’est faux. On peut subir une fausse couche à 20 ans comme à 45 ans, mais il convient tout de même de préciser que le risque augmente avec l’âge. Après 40 ans, il y a plus de risque que l’embryon soit atteint d’une malformation chromosomique qui conduit, presqu’à coup sûr, à une fausse couche.

Si tu fais une fausse couche dès la première grossesse, ça risque d’être difficile d’avoir un bébé

N’exagérons rien. Une fausse couche à la première grossesse n’augure absolument pas un souci pérenne. Les fausses couches à répétition ne touchent que 1% des femmes, alors que 20 à 25% sont concernées par une fausse couche. Cependant, les statistiques ont démontré que le risque d’une nouvelle fausse couche peut être très légèrement augmenté, mais cela ne veut pas dire que cela se produira. La plupart des femmes ont une grossesse tout à fait normale après une fausse couche.

Il vaut mieux attendre plusieurs mois avant de refaire un bébé

Sur le plan médical, il n’y a pas de délai à respecter avant de relancer la tentative bébé après une fausse couche spontanée durant les premières semaines. Il suffit juste d’être en bonne santé, de ne pas souffrir d’infections vaginales ou de problème sur l’utérus notamment. Dès le retour des règles, vous pouvez tenter de concevoir bébé. Mais ne vous mettez pas la pression. Laissez faire la nature et ne transformez pas vos relations amoureuses en « challenge conceptionnel ».

Le stress est un facteur de fausse couche

C’est le bruit qui court mais cela n’a pas été formellement prouvé. Ce qui est sûr, c’est que les femmes stressées ont tendance à consommer des palliatifs, comme le tabac, l’alcool et certains médicaments, qui peuvent provoquer des fausses couches. Si vous êtes stressée, prenez le temps de retrouver votre sérénité avant de concevoir bébé et faites-vous suivre par un professionnel de santé, pratiquez le yoga, la sophrologie, votre passion quelle qu’elle soit, trouvez un lieu d’écoute pour exprimer vos craintes. Revoyez votre hygiène de vie, avec une alimentation équilibrée, des plages de repos suffisantes et un peu de pratique sportive. Des règles de vie qui seront de toute façon indispensables pendant la grossesse.


La fausse couche, c’est toujours du côté de la femme qu’il faut trouver les raisons

Pas du tout. L’âge du père, la qualité de son sperme peuvent aussi être en cause, notamment quand il s’agit de fausses couches à répétition. Dans ce cas, le père doit passer un examen, appelé spermogramme, pour permettre une meilleure évaluation de la fertilité du couple. De toute façon, en matière de fausse couche spontanée, il n’est pas nécessaire de pointer du doigt un « responsable », père ou mère. Dans bien des cas, environ 90% des cas, c’est la nature qui décide. L’accident génétique est à l’origine de la grande majorité des fausses couches, parce que l’embryon n’est pas viable. Mais il n’y a aucune raison de penser que vous en êtes responsable, ni de croire que vous êtes condamnée à faire des fausses couches. Et même si cela était, que vous étiez sujette aux fausses couches à répétition, l’histoire de la parentalité ne compte plus les exemples de femmes devenues naturellement mamans, une ou plusieurs fois et sans forcément complications, après quelques fausses couches successives. Positivez !

*Professeur Alexandra Benachi, gynécologue-obstétricienne ; Dr Michel Touraine, gynécologue-obstétricien ; Céline Albentosa, sage-femme.

 

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