Fertilité : pourquoi supprimer le soja des menus du futur papa ?

Et si ce que l’on met dans notre assiette pouvait avoir des incidences sur notre fertilité ? La question n’est pas nouvelle et a déjà été évoquée en ce qui concerne la fertilité féminine. Eh bien figurerez-vous que le futur papa n’échappe pas à cette contrainte diététique : en effet, plusieurs études ont montré que certaines substances présentes dans le sperme pourraient mettre un sérieux frein à votre désir de bébé.

Quels aliments à base de soja peuvent impacter la qualité du sperme ?

Le lait, le yaourt, le tofu et le miso peuvent contenir des phytoestrogènes et notamment de la daidzéine et de la génistéine, qui peuvent avoir des effets sur la qualité du sperme et sur les capacités reproductives. Il y a une quinzaine d’années, une alerte avait déjà été lancée à propos du soja. Cette plante serait un perturbateur endocriniens « naturel » et l’Afssa avait émis en 2005 un avis de prudence en ce qui concerne l’alimentation des bébés et des jeunes enfants jusqu’à 3 ans, recommandant de ne pas donner de boissons végétales au soja avant l’âge de 3 ans.

L’Afssa avait aussi conseillé aux industriels de l’agroalimentaire de réduire les teneurs des phytoestrogènes dans les produits à base de soja, comme le tofu par exemple et bien sûr toutes les boissons et desserts dérivés du soja. Simple principe de précaution pour protéger la fertilité future des petits garçons. « Les perturbateurs endocriniens sont des agents externes avec lesquels tout le monde est en contact dans la vie moderne et qui affectent notre équilibre hormonal », explique le Dr Francisco Dominguez, chercheur à la Fondation IVI, spécialisée dans la médecine de la reproduction humaine, qui présentait en octobre une nouvelle étude sur le rôle délétère en matière de fertilité des phytoestrogènes dans l’alimentation des hommes lors d’un congrès aux Etats-Unis. « Ce type de recherche nous aide à clarifier ce qui affecte la capacité de reproduction des hommes et permet donc de prendre des mesures pour les aider à augmenter leurs chances de succès lorsqu’ils suivent des traitements de reproduction. » 

Changer de régime alimentaire trois mois avant l’arrêt de la contraception, bonne idée ?

Pour l’instant, ce que l’on sait de l’action du soja et de ses dérivés sur la fertilité masculine devrait inciter les couples qui désirent un enfant et rencontrent des difficultés à procréer à lever le pied sur les régimes qui proposent de remplacer les produits laitiers et les protéines animales par des dérivés du soja.


En 2014, une gynécologue-obstétricienne, Eliza Orzylowska (Loma Linda University School of Medicine), qui présentait le même type d’études lors d’un précédent congrès de l’American Society for Reproductive Medicine, était arrivée aux mêmes conclusions : un régime végétalien ou végétarien trop riche en soja amoindrirait la fertilité masculine. Mais rassurez-vous, ce n’est pas irrémédiable ! « Il faut éviter les régimes végétarien et végétalien et la consommation de soja 74 jours avant la conception, le temps que les spermatozoïdes se renouvellent », conseille le Dr Eliza Orzylowska.

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