Booster sa fertilité : pourquoi ça passe aussi par l’alimentation ?

Bébé tarde à venir ? Et si vous révisiez le contenu de vos repas ? Car booster sa fertilité ça se passe aussi dans l’assiette ! On fait le point avec Laetitia Agullo, diététicienne nutritionniste, qui nous révèle l’union sacrée entre nutrition et conception.

Quel est le régime qui favorise la fertilité ?

Incontestablement, celui qui privilégie un index glycémique bas ! En effet, en consommant des glucides à IG élevé, on fait monter de manière excessive notre taux de sucre dans le sang. Parallèlement, le pancréas sécrète beaucoup d’insuline pour juguler cette arrivée massive de sucre. Si cela se répète trop souvent, l’hormone qui libère les ovules se « lâche ». Cela provoque une sécrétion accrue d’hormones androgènes (masculines) par les ovaires et les glandes surrénales. Et cela peut nuire à l’ovulation. Selon certaines études, les femmes qui ont une charge glycémique très élevée ont un risque accru d’infertilité de plus de 92 %.

Pas de sucres rapides donc, et quid des graisses ?

Essentielles ! Le surpoids abdominal comme une inflammation chronique génèrent une résistance à l’insuline. Résultat, le taux de sucre dans le sang est trop élevé. Il faut donc privilégier les oméga 3 (huile de lin, de colza, de noix…) qui améliorent la sensibilité à l’insuline. Par ailleurs, il faut manger du poisson gras (maquereau, sardines, anchois, saumon, hareng, truite de mer…). Mais en évitant thon rouge, espadon, brochet et flétan. En effet, ces derniers peuvent concentrer des toxiques susceptibles de générer des effets délétères pour la fertilité. Les oméga 3 étant sensibles à la chaleur, il faut éviter les cuissons à haute température.

Quelle autre recette conseillez-vous pour booster sa fertilité ?

De miser sur les légumes secs qui sont particulièrement riches en vitamine B9, laquelle participe à la fabrication de toutes les cellules du corps et joue un rôle essentiel dans la production du matériel génétique (ADN, ARN). Par ailleurs, selon une étude de l’école de santé publique de Harvard, en consommant moins de protéines animales et plus de protéines végétales, on peut combattre l’infertilité ovulatoire. Il faut consommer des légumes secs au moins trois à cinq fois par semaine, avec de la viande ou du poisson, ou en les associant avec des céréales (riz, semoule, quinoa) afin d’obtenir un profit protéique complet.

Quelle place pour les produits laitiers quand on veut concevoir un bébé ?

Il semblerait qu’une à deux portions quotidiennes de lait et de laitages entiers offrent une certaine protection contre l’infertilité ovulatoire. Tandis que le lait écrémé et les laitages pauvres en graisses s’avèrent délétères. Quand on enlève la crème du lait, on constate un changement dans l’équilibre des hormones sexuelles qui pourrait induire des difficultés d’ovulation.

On n’a pas encore parlé des vitamines : utiles ou pas pour favoriser la fertilité ?

Le booster des ovocytes, ce sont les mitochondries. Des microorganismes qui vivent dans nos cellules et permettent de produire de l’énergie. Des perturbations de cette fonction peuvent aboutir à des perturbations de la fertilité. Pour que les mitochondries fonctionnent bien, il faut des vitamines A, B, C et E mais aussi des oméga 3, du sélénium, du zinc, sans oublier la coenzyme Q10, du gluthathion, de l’acide alphalipoïque… Ce sont des antioxydants que l’on trouve dans les légumes et les fruits, les herbes aromatiques, les oléagineux, le germe de blé, le poisson gras, le foie de veau bio.

Faut-il prendre des compléments alimentaires pour booster sa fertilité ?

La prise régulière de compléments alimentaires en multivitamines et multiminéraux réduit le risque d’infertilité d’origine ovulatoire. Il semble que ce soient les vitamines B et plus particulièrement la B9 qui expliquent ce bénéfice.


Voir Aussi

Se supplémenter plusieurs mois avant la conception permet en outre d’éviter certaines malformations (spina-bifia, bec-de-lièvre, malformations cardiaques ainsi que les fausses couches) et réduirait de 70 % le risque de grande prématurité.

Pour aller plus loin :

Bien manger pendant 9 mois – Laetitia Agullo

Voir les commentaires (0)

Laisser votre commentaire