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8 couples racontent comment ils vivent le don de gamĂštes

Un enfant à soi pas totalement de soi ? C’est ce que propose le don de gamùtes. Quand la nature ne veut rien entendre et qu’il faut faire le deuil de l’enfant biologique, alors reste le choix du don de gamùtes si on veut porter un enfant à tout prix.

Un choix difficile pour le couple car il n’est jamais simple d’inviter un ou inconnu(e) dans son intimitĂ©. Un choix qui impose de la patience aussi, car on ne bĂ©nĂ©ficie pas d’un don sur un claquement de doigts. Huit couples racontent comment ils se sont dĂ©cidĂ©s Ă  sauter le pas et Ă  en faire la demande.

« On ignorait pouvoir en bénéficier »

On pensait le don de sperme rĂ©servĂ© Ă  l’absence totale de spermatozoĂŻdes ou aux porteurs de maladies gĂ©nĂ©tiques. Le mĂ©decin nous a expliquĂ© qu’on y avait droit aussi mais qu’il faudrait attendre au moins une annĂ©e pour que notre tour arrive.

Julien et Marion, attente de don

« La PMA nous faisait peur »

On savait que le sperme du don serait congelĂ© et utilisĂ© par insĂ©mination artificielle ou Ă©ventuellement par FIV si Ă©chec. On craignait que les cellules ne soient endommagĂ©es par la dĂ©congĂ©lation et les hĂ©rĂ©ditĂ©s du donneur. Finalement, le dĂ©sir d’enfant a Ă©tĂ© plus fort que la peur. Mais parfois, je ne me sens pas toujours bien avec l’idĂ©e que cet enfant n’est pas celui de mon mari.

Lucas et Virginie, enceinte de 11 semaines

« Mon mari craignait la consanguinité »

Savoir que un donneur peut concevoir dix enfants effrayait un peu mon mari. Dans trois gĂ©nĂ©rations, nos petits ­enfants ne risquent-­ils pas de contracter une union consanguine sans le savoir ? Mais la probabilitĂ© est faible et puis, avec les enfants adultĂ©rins non dĂ©clarĂ©s comme tels, ça doit bien exister, surtout en province et sans passer par un don…

Isabelle et Jimmy, en attente de don

« L’anonymat a ses limites »

En cas de problĂšme de santĂ© grave, ne pas pouvoir remonter au donneur nous a dĂ©rangĂ©s au dĂ©but. On pensait aussi Ă  notre petit, si un jour il voulait savoir de qui lui vient une partie de ses gĂšnes. L’anonymat absolu a quelque chose de rassurant et en mĂȘme temps ça dĂ©range aussi.

Kevin et Marie, enceinte

« La procĂ©dure m’a rassurĂ©e »

J’ai Ă©tĂ© Ă©levĂ©e avec la crainte des hĂ©rĂ©ditĂ©s cachĂ©es. La famille de celui qu’on Ă©pousait devait montrer patte blanche. Alors un don d’ovocyte, ça me faisait peur. Et si la donneuse Ă©tait malade, venait d’une famille Ă  problĂšmes, n’était pas trĂšs intelligente ? J’aurais voulu choisir ma donneuse mais c’est interdit et je trouve ça injuste. Les examens que doivent faire les donneurs m’ont rassurĂ©e en tout cas sur la santĂ©, et je travaille mentalement pour lĂącher prise sur le reste…

Sylvie et Paul, en attente de don

« On a des appels du pied »

On attend un don d’ovocytes depuis deux ans dĂ©jĂ . On nous dit de venir avec une donneuse pour bĂ©nĂ©ficier d’une prioritĂ©. Mais il faut la trouver ! On a eu des contacts avec des personnes qui nous ont fait comprendre que ce ne serait pas gratuit autrement dit qu’il fallait prĂ©voir un dessous de table car la stimulation ovarienne est pĂ©nible. Les dons gratuits existent, mais d’autres le sont moins mĂȘme si officiellement le don doit toujours ĂȘtre gratuit en France. Autoriser la rĂ©munĂ©ration comme en Espagne serait plus sain ! C’est sĂ»r qu’il y aurait toujours des gens qui en voudraient plus en demandant un dessous de table, mais comme on manquerait sans doute moins de donneurs…

DĂ©borah et Jonathan, en attente de don

« Top, le choix du physique »

Dans le don, ce qui fait peur c’est de mettre au monde un enfant trĂšs diffĂ©rent de soi. J’y Ă©tais trĂšs opposĂ©e. Quand j’ai su qu’on pouvait choisir les particularitĂ©s physiques du donneur, ça a levĂ© beaucoup de verrous en moi. On a essayĂ© de trouver des gamĂštes offerts par une donneuse proche de mon physique. Des amies m’ont trouvĂ©es pimbĂȘche d’avoir cette exigence mais elles, elles ont des enfants qui leur ressemblent ! Parce qu’on reçoit un don, il faudrait juste dire merci et ne rien demander, c’est malsain comme raisonnement, ça semble dire qu’une PMA c’est un enfant au rabais…

DĂ©borah et Jonathan, en attente de don

« Le psy, ça aide ! »

Nous avons fait une demande de don de sperme et nous sommes dans l’attente. Avec des hauts et des bas, la patience n’est pas notre fort. Nous ne sommes portĂ©s ni l’un ni l’autre vers l’introspection et le mysticisme, mais nous apprĂ©cions les rencontres avec un psy, proposĂ©es par le Cecos oĂč nous sommes inscrits. Cela nous a permis de lever certains liĂšvres mentaux et de mieux nous connaĂźtre. On n’en sera que de meilleurs parents, sans doute.

Fanny et Alex, en attente de don

 « Il ne faut pas aller contre son refus du don de gamĂštes si c’est seulement pour satisfaire le dĂ©sir de l’autre », Violaine Kerbrat, sage­-femme.

 

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