Que se passe-t-il pendant les 10 jours qui suivent la fécondation ?

les 10 jours après la fécondation-neuf mois

Quand le spermatozoïde et l’ovule se rencontrent, l’affaire n’est pas entendue pour autant ! Pour qu’un bébé naisse de cette rencontre, il faut que l’œuf parvienne à se nicher dans l’utérus. Récit des 10 jours qui vont changer le cours des choses avec le Pr Claude d’Ercole, gynécologue-obstétricien.

Dans l’imaginaire collectif, bébé est conçu le jour où le spermatozoïde le plus performant gagne le cœur de l’ovule. Et ce n’est pas faux. Sauf que l’affaire est un peu plus complexe que cela. En effet, pour que l’œuf puisse se développer et devenir un embryon puis un fœtus, il faut qu’il entame une marche du combattant pour s’installer au cœur de l’utérus. Un parcours initiatique qui prend 10 jours et n’est pas sans difficultés.

Jour 1

Allez, zou… Un plus un égale… un œuf ! Qui va devoir descendre le long d’une des trompes de Fallope jusqu’à l’entrée de l’utérus en progressant au gré des contractions de la trompe, et en s’aidant des cils présents sur la paroi et qui font office de tapis roulant. Il lui faudra trois jours pour atteindre son but, pendant lesquels il ne lambine pas en chemin. Ses cellules de base se divisent, il va tripler de volume… mais il est toujours microscopique.

Jour 4

Il a enfin atteint l’utérus. Il lui faut un peu de temps pour s’acclimater. Mais il continue à grossir. L’utérus se met en quatre pour accueillir cet hôte de choix : la muqueuse utérine s’apprête à l’accueillir à bras ouverts et lui propose un nid de choix à mi-chemin entre l’embouchure de la trompe de Fallope et du col de l’utérus.

Jour 7

L’œuf va faire son nid au cœur de la muqueuse utérine, se nichant bien profond. Le trophoblaste, partie externe de l’œuf, secrète des enzymes qui détruisent des cellules dans l’utérus, afin de lui permettre de « faire son trou » dans la muqueuse, qui, bonne fille, s’était préparée avec l’aide de l’ovaire « mère » de l’ovule fécondé, laquelle a secrété de bonnes doses de progestérone pour inciter la muqueuse utérine à se montrer accueillante, grâce à une vascularisation optimisée. La muqueuse se referme, comme un toit au-dessus de l’œuf niché. Il va lui falloir bientôt trouver de quoi se sustenter pour pouvoir grandir. Le seul moyen possible : annexer les vaisseaux sanguins de la muqueuse qui l’abrite et créer ainsi des lacs sanguins, sans sas de communication entre le sang de la maman et celui du fœtus.

Jour 8

A ce stade, selon les biologistes, un œuf seulement sur deux parvient à se nicher correctement et à survivre. La faute aux anomalies chromosomiques, à une muqueuse utérine peu disposée à remplir son office et qui présente des troubles de la coagulation empêchant la nidation, ou à des déséquilibres hormonaux. L’œuf ne se niche pas dans l’utérus et sa fin passera inaperçue, dans le flux des règles à venir. Plus rarement, au lieu de se nicher dans l’utérus, l’œuf s’installe dans la trompe. La fameuse grossesse extra-utérine !


Les futures mamans fumeuses sont plus exposées que la plupart des autres, car la nicotine affaiblit la motricité des fameux cils qui tapissent la trompe et l’œuf s’arrête en cours de chemin. En général, des douleurs et des saignements accompagnent cette nidation hors zone, amenant la future maman à consulter. Même si la trompe est endommagée par cette aventure, tout espoir de devenir maman n’est pas à enterrer trop vite car la nature a doté toute femme de deux trompes.

Jour 10

Enfin, au bout de 10 jours, l’œuf est désormais bien niché, pourvu de sources d’alimentation conséquentes et il est alors possible de faire un test sanguin de dosage des hormones Bêta HCG – hormones secrétées par le trophoblaste qui deviendra le placenta- pour confirmer les espérances : bébé est en route.

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