Zika : du nouveau pour mieux contrer les effets délétères du virus

Pas de trêve estivale pour Zika ! Devant la propagation du virus, les recherches s’intensifient, avec leur lot de découvertes plus ou moins réjouissantes. Neuf Mois fait le point sur ces dernières avancées qui ne concernent plus seulement le cerveau des fœtus mais aussi celui des adultes.

Une menace pour l’adulte

Déjà bien renseignés sur la transmission du virus Zika de la mère au fœtus, les scientifiques américains ont publié, le 18 août dernier, dans la revue Cell Stem Cell, leurs toutes dernières recherches. A savoir que le virus impacterait également le cerveau des adultes, provoquant des troubles de l’apprentissage et de la mémorisation dont les effets à long terme sont, selon les chercheurs, pour l’instant encore difficilement mesurables.

Certains d’entre eux ont noté également chez certains adultes atteints une apparition du syndrome de Guillain-Barré (ndlr, atteinte du système nerveux périphérique avec affaiblissement général voire une paralysie progressive) une fois le virus disparu. Cependant, le lien de corrélation entre ce syndrome et Zika reste à confirmer par de nouvelles recherches.

Autre découverte, les organes génitaux féminins seraient particulièrement accueillants pour le virus Zika, qui peut y proférer de façon plus optimale que dans d’autres zones corporelles pour coloniser ensuite l’organisme, et notamment le fœtus chez les femmes enceintes. IL suffit ensuite à Zika de remonter vers le col de l’utérus, par lequel il pourra ensuite infecter le placenta et le cordon ombilical qui lui donne accès au fœtus dont il altèrera le développement cérébral. Et pour les femmes non enceintes, le risque d’une atteinte cérébrale demeure.

Découverte moins récente, la transmission sexuelle du virus, connue depuis quelques mois. En revanche, ce qui n’est pas encore établi, c’est que la contamination par voie sexuelle engendre les mêmes malformations congénitales que la contamination suite à une piqûre du moustique-tigre. Même si les chercheurs le supposent toutefois. A savoir, le virus Zika pourrait survivre six mois dans le sperme d’un homme contaminé, selon un cas observé en France, mais ce point nécessite là encore des études complémentaires pour confirmer cette hypothèse qui implique des relations sexuelles protégées.

Le point sur les régions les plus touchées

Le moustique aedes responsable de la transmission de la maladie est tout particulièrement présent dans les zones tropicales et sub-tropicales. On le retrouve donc dans les endroits touristiques tels que le Brésil, les Etats-Unis (et notamment la Floride, Etat américain  le plus touché avec 500 cas), les Antilles, la Guyane, mais également l’Asie, avec la Thaïlande, le Vietnam et  à Singapour où une quarantaine de cas ont été dépistés récemment.  En France métropolitaine, on dénombre plusieurs centaines de cas de Zika depuis le début de l’épidémie (460 en juin 2016), avec de nouveaux cas chaque mois, mais aucun par contamination autochtone.


Comment vous protéger ?

Que faire si vous voyagez en zone à risque ? Actuellement, il n’existe pas de vaccin pour prévenir l’infection par le virus Zika bien que les chercheurs planchent dessus, mais on peut se protéger efficacement à partir de quelques règles de précaution. La plus évidente consiste évidemment à éviter de se rendre dans les régions où l’épidémie est installée :  si vous devez vous y rendre malgré tout, évaluez les risques au préalable avec votre médecin traitant. Et adoptez des règles de précaution pendant les deux premiers trimestres de la grossesse durant lesquels les risques de malformations fœtales sont les plus importants : port de vêtements couvrants (manches longues, pantalons) et utilisation de produits répulsifs adaptés sur les vêtements et sur les parties découvertes du corps, ainsi que l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et des diffuseurs électriques en intérieur. Quant aux produits répulsifs, il faut aussi lire la notice car tous les produits ne sont pas adaptés aux femmes enceintes. L’autre règle de précaution consiste à avoir des rapports sexuels protégés pendant la grossesse si votre compagnon est allé ou si vous vivez avec lui dans une région infestée par Zika.

Autre précaution qui concerne pour l’instant uniquement les Etats-Unis : tous les dons de sang seront testés pour savoir s’ils sont contaminés par le virus. C’est une décision annoncée le 26 août par l’Agence américaine du médicament.

 

Voir les commentaires (0)

Laisser votre commentaire