Zika : pourquoi deux fœtus jumeaux ne sont pas touchés de la même manière par la microcéphalie

A Sao Paulo, une équipe de chercheurs du Centre de Recherche sur le Génome Humain s’intéresse depuis quelques mois à des cas mystérieux, qui pourraient bien permettre à la communauté scientifique d’enfin comprendre le lien entre le virus Zika et la microcéphalie, c’est-à-dire un développement insuffisant de la cavité crânienne du fœtus qui a des conséquences sur le développement du cerveau…

Leurs patients ? 6 paires de jumeaux, dont seulement l’un des deux est atteint de microcéphalie, due à une exposition de leur mère à l’épidémie. Ces jumeaux sont hétérozygotes, c’est-à-dire issus de deux œufs différents, et ayant des patrimoines génétiques différents. Peut-on en déduire que les gènes du fœtus interviennent dans le développement ou non d’une microcéphalie chez le bébé contaminé par Zika ?

Quel lien entre Zika, la microcéphalie et la patrimoine génétique du fœtus ?

Pourquoi l’un et pas l’autre ? C’est la question sur laquelle planchent les chercheurs, et une réponse serait une avancée majeure pour la médecine. Mayana Zatz, l’une des scientifiques de l’équipe de Sao Paolo, a déclaré à l’agence de presse Reuters :  » L’importance de ces jumeaux… c’est qu’ils pourraient nous donner des réponses extrêmement importantes« .

Les chercheurs ont déjà avancé plusieurs hypothèses. La première, c’est le facteur génétique : certains gènes protégeraient mieux le fœtus contre l’infection de Zika ou, au contraire, le rendraient plus vulnérable.  » Comme dans le cas de drogues, certaines peuvent avoir un effet positif sur certaines personnes, négatif sur d’autres « , a précisé le docteur Zatz.

La deuxième piste de recherche repose sur le placenta. Certains placentas pourraient faire tampon entre le fœtus et le virus, tandis que d’autres seraient plus perméables au passage de Zika.

La troisième théorie est plus centrée sur la microcéphalie. Les scientifiques se demandent s’il n’existerait pas des gènes prédisposant le fœtus à la microcéphalie, qui seraient ensuite activés par le virus Zika.


Une avancée pour la science, une lueur d’espoir pour les familles ?

Si le mystère plane encore, ces cas sont porteurs d’espoirs : ils pourraient aider à comprendre le mécanisme qui relie Zika et la microcéphalie. Ils offrent également une lueur d’espoir à certains futurs parents : le fait d’être contaminé par Zika alors qu’on est enceinte ne signifie pas forcément que le fœtus souffrira de microcéphalie. Comme l’explique la neuropédiatre Vanessa Van der Linden, interrogée par Reuters,  « ces cas de jumeaux laissent un espoir à celles qui ont contracté Zika pendant leur grossesse ».

Si ces observations sont encourageantes, elles portent sur de très jeunes enfants. Or, les lésions de leur système nerveux pourraient n’être détectées que plus tard, lorsque les enfants devront apprendre à marcher, à parler, à mener des réflexions… Il n’est pas encore sûr que le jumeau n’ayant pas de microcéphalie apparente ne souffre d’aucun handicap.

 

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