Un gène défectueux à l’origine des accouchements prématurés ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près de 15 millions de bébés naissent prématurément chaque année à travers le monde, soit un bébé sur 10. Si certains facteurs de risques sont connus, l’accouchement prématuré est parfois difficile à prédire. Récemment une équipe de chercheurs Canadiens a fait une découverte qui pourrait ouvrir la voie à des traitements permettant d’éviter certains accouchements prématurés. Neuf Mois vous en dit plus.

L’accouchement prématuré, de quoi s’agit-il ?

Un accouchement est qualifié de prématuré lorsqu’il se déclenche avant 37 semaines d’aménorrhée. Si accoucher prématurément n’est pas forcément synonyme de problèmes grave de santé pour le bébé, l’accouchement prématuré peut tout de même avoir des conséquences pour bébé et surtout pour les parents, un accouchement prématuré est toujours une situation difficile à gérer. On le sait, les causes d’un accouchement prématuré peuvent être nombreuses : un problème d’hypertension, d’hémorragie chez la mère mais aussi des infections qui peuvent déclencher l’accouchement. Désormais, il semblerait qu’une composante génétique puisse être impliquée. En effet, certaines femmes accouchent prématurément comme leurs mères ou leurs tantes. Depuis longtemps les chercheurs tentent de comprendre pourquoi et la réponse semble être en passe d’être trouvée grâce à une équipe canadienne.

Un gène pourrait être à l’origine des accouchements prématurés

Le gène Nodal est connu pour son implication dans l’implantation de l’embryon dans la muqueuse utérine et son implication dans le maintien de la grossesse. Il permet de lutter contre un état inflammatoire grâce à une interaction avec des cellules immunitaires. Des chercheurs de l’Université de McGill travaillant sur ce gène aurait découvert que celui-ci était aussi impliqué dans les accouchements prématurés. En effet, si ce gène est défectueux et ne joue plus son rôle comme il le devrait, cela induirait un accouchement précoce. Les chercheurs ont constaté sur le modèle animal que lorsque l’action du gène était bloquée les souris mettaient bas prématurément. Les données de plus de 600 accouchements sur 4 hôpitaux de Montréal ont ensuite été analysées par les chercheurs pour vérifier s’il y avait une concordance entre les résultats du modèle animal et la femme. Ils se sont intéressés à deux infections particulières, la vaginose bactérienne et l’inflammation de l’utérus souvent responsables d’accouchements prématurés. Les femmes qui possédaient une version du gène muté et qui avaient de plus contracté une des deux infections avaient plus de risques d’accoucher prématurément. L’effet protecteur du gène anti-inflammatoire n’était effectivement plus présent, ce qui explique pourquoi l’accouchement était imminent.

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