« Père et mère » pourraient être remplacés par « parent 1 et parent 2 » dans les formulaires scolaires

Le 12 février dernier, à l’Assemblée nationale, les députés ont voté un amendement qui va remplacer les termes « père » et « mère », par les termes « parent 1 » et « parent 2 » dans les formulaires scolaires. Cette mesure a été proposée et adoptée par les députés, afin de donner plus de visibilité aux familles homoparentales, qui restaient pour l’instant mises à l’écart d’un point de vue administratifs.

Des termes qui ne plaisent pas à tout le monde

Dès l’annonce de cette modification, de nombreuses voix se sont fait entendre contre elle. Certaines, au sein même du gouvernement, et pas des moindres. Dans un article de 20 Minutes, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, s’est dit défavorable à cet amendement, estimant qu’il ne relevait pas du législatif.. Les députés ont donc voté cet amendement, contre l’avis du gouvernement.

Mais ce ne sont pas les seuls à se dire contre cet amendement. Les mouvements conservateurs, comme la Manif pour Tous, s’indignent de cette décision. La présidente de ce mouvement, Ludovine de La Rochère, a déclaré à 20 Minutes : « Les enfants ont besoin de repères. Aujourd’hui, on pleure l’absence de repères et, typiquement, cet amendement va dans ce sens de repères fondamentaux qu’on fait disparaître« .

Sentiments mitigés chez les familles homoparentales

L’amendement « vise à ancrer dans la législation la diversité familiale des enfants dans les formulaires administratifs soumis à l’école« , comme l’a déclaré la députée LREM Valérie Petit, à l’origine de ce texte.

Interrogé par Valentine Oberti de l’émission Quotidien, Alexandre Urwicz, président de l’association des familles homoparentales, a d’abord tenu à remercier les députés pour avoir considéré les familles homoparentales, mais il pointe du doigt la « maladresse » de la formulation, car « ce n’est pas une formule inclusive. Nous, on aurait préféré, conserver les mentions père et mère, mais les doubler« 

Pour appuyer ses propos, Alexandre Urwicz a même montré des formulaires scolaires, venant d’écoles privées catholiques, où c’est déjà le cas, (comme l’école La Rochefoucauld à Paris) et un autre, où les mentions « père » et « mère » n’apparaissent pas, et sont remplacées par « responsable principal » et « conjoint ou autre responsable« .

Des alternatives proposées

Suite aux nombreuses réactions suscités par cet amendement, plusieurs personnalités ont réagi. Alexandre Urwicz, que l’on vient de citer, avait également déclaré à l’AFP qu’il craignait une hiérarchisation des parents « qui est le « parent numéro 1 » et qui est le « parent numéro 2« . Une inquiétude qui était partagée par d’autres.

Pour éviter cela, Anne-Christine Lang, député LREM et co-rapporteure du projet de loi « Ecole de la confiance« , propose, comme c’est déjà le cas dans certaines écoles, de simplement inscrire « Père-Mère » à chaque case, et de laisser donc soin aux parents, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels, de choisir le terme correspondant à leur situation.


Des débats qui ne sont pas terminés

L’amendement n’a pas encore été adopté par le Sénat, et peu de gens pensent qu’il le sera. Mais le changement de l’amendement qui viserait à doubler les mentions, comme le demande les associations des familles homoparentales.

Anne-Christine Lang, a tenu à rappeler au journal L’Opinion qu’elle et Jean-Michel Blanquer : « Avec Jean-Michel Blanquer, nous ne souhaitions pas que cela soit inscrit dans la loi, mais que cela soit laissé à l’appréciation des collectivités locales. Certaines appliquent d’ailleurs déjà la règle du Parent1-Parent2« .

Cette mesure n’a donc pas finie de faire parler d’elle. Et vous, qu’en pensez-vous ?