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Pourquoi les lobbies font-ils pression sur l’Union Européenne concernant les perturbateurs endocriniens ?

Cela fait à présent plusieurs années que l’Union Européenne souhaite mettre en place un projet de réglementation visant les perturbateurs endocriniens. Mais le temps s’écoule et rien ne se passe. La faute aux lobbies ?

Qu’est-ce-qu’un perturbateur endocrinien ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un perturbateur endocrinien est une substance exogène ou un mélange qui altère la/les fonction(s) du système endocrinien (ou hormonal) et, par voie de conséquence, cause un effet délétère sur la santé d’un individu, sa descendance ou des sous-populations.

Les perturbateurs endocriniens vont surtout s’attaquer aux organes qui sécrètent le plus d’hormones comme la thyroïde, les ovaires, les testicules, l’hypophyse en libérant des médiateurs chimiques dans la circulation du sang afin de dérégler la croissance, le métabolisme, le développement sexuel et cérébral, la reproduction de l’individu.

Les lobbies œuvrent pour que l’Europe ne s’engage pas dans une lutte contre les perturbateurs endocriniens

Le 29 novembre dernier, le quotidien Le Monde dénonçait les lobbies (organisation regroupant des intérêts communs à des institutions ou entreprises), mais aussi les États-Unis, ou encore des pays membres, qu’il estime faire pression sur l’Union Européenne afin qu’elle ne s’engage pas  dans une lutte contre les perturbateurs endocriniens. La question demeure : « Pourquoi ? ». Concernant les multiples industries, cela s’explique par la perte d’un chiffre d’affaire important s’ils stoppent l’utilisation des perturbateurs endocriniens.

Les lobbies feraient également pression sur l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). En effet, Le Monde a également souligné que des expertises rendues publiques pourraient être faussées : « Les perturbateurs endocriniens peuvent (…) être traités comme la plupart des substances [chimiques] préoccupantes pour la santé humaine et l’environnement », pouvait-on lire dans la conclusion de l’EFSA. Or, cela signifie qu’aucune précaution particulière ne soit nécessaire face à ces perturbateurs endocriniens. Et pourtant, il y a trois ans, l’OMS ainsi que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estimaient qu’une évaluation des pesticides présents et des risques des produits chimiques ne pouvait pas se réaliser, contrairement à ce qu’explique l’EFSA.

Une situation alarmante pour les scientifiques

Dans l’édition du 29 novembre du Monde, de nombreux scientifiques du monde entier ont appelé à réagir face à une telle situation. Ils mettent en avant qu’évidemment, ces industries ne sont pas les seules à faire pression. L’industrie du tabac, lorsqu’il s’agit de santé publique, fait également l’autruche, tout comme celle du pétrole. Quand il est question de perdre de l’argent, nombreux sont ceux qui traînent des pieds…

Les chercheurs s’insurgent, qualifiant ces industries de « marchands de doute ». Dans leur communiqué, ils expliquent à quel point la situation est grave, et qu’ils ne comprennent pas pourquoi on cherche à contredire leurs études, leurs preuves, alors qu’il n’existe aucune controverse scientifique. Ils en appellent alors à une instance indépendante à trancher en leur faveur… Mais la décision concernant les perturbateurs endocriniens doit être prise par la Commission européenne, sauf que ce sujet fait l’objet de tensions non seulement au sein de la Commission européenne, mais aussi entre cette dernière et le Parlement…

Les perturbateurs endocriniens sont surtout nocifs pour les futures mamans

La grossesse est une période de vulnérabilité maximale selon les données scientifiques. Il est donc très important de redoubler d’attention. Alors, afin de préserver au mieux la santé de la femme enceinte ainsi que celle de son bébé, il est préférable d’éviter les pesticides présents surtout dans la nourriture et les ustensiles de cuisine. Dans un communiqué de presse, les médecins conseillent « d’utiliser des récipients en verre et d’éviter les poêles revêtues de téflon ; qu’il est préférable de consommer des aliments frais, et bio car 65% des fruits et 30% des légumes contiennent des résidus de pesticides. » Mais aussi qu’il faut bannir du jardin et de la maison les insecticides et les herbicides.


Le ministère de la santé danois recommande également de ne pas trop utiliser de produits cosmétiques durant la grossesse mais aussi pendant l’allaitement (si vous choisissez d’allaiter bébé), de ne pas faire de teinture sur vos cheveux ni de mettre de parfum. Ou à tout le moins de lire les étiquettes. En effet, suite aux nombreuses alertes depuis une dizaine d’années, les fabricants ont souvent revu leurs formules. Dire que tout est plus sain serait aller vite en besogne, mais le rayon des formules bio s’est beaucoup étoffé et permet de soigner son look sans forcément mettre sa santé en danger. Et lorsque Chéri aura décidé de faire la chambre de bébé, il est également recommandé de ne pas utiliser de peinture et de produits vendus en spray : il existe des peintures peu toxiques, certes un peu plus chères.

De même, mieux vaut acheter des meubles en bois massif ciré avec une cire naturelle et non des meubles (et du parquet) en aggloméré avec des peintures ou des vernis synthétiques (ou alors il faut les monter deux mois avant la naissance et prendre soin d’aérer la pièce une heure par jour pour évacuer les COV. Il faudra aussi laver tous les vêtements de bébé avant qu’il les porte.

N’hésitez pas à demander plus d’informations auprès de votre médecin et de votre sage-femme.

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