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L’alcool nuit Ă  la fertilitĂ© fĂ©minine

Pour concevoir un enfant, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, on met toutes les chances de son cĂŽté : Ă©videmment on commence par arrĂȘter toute contraception, on arrĂȘte la cigarette pour les fumeuses et on Ă©vite de boire trop d’alcool. En effet, selon une Ă©tude rĂ©alisĂ©e au Danemark et publiĂ©e le 30 aoĂ»t 2016 dans la revue mĂ©dicale britannique British Medical Journal, les femmes qui consomment plus de 14 verres par semaine ont plus de difficultĂ©s Ă  ĂȘtre enceinte.

L’alcool nuit Ă  la fertilitĂ© fĂ©minine, ce n’est pas un scoop. Mais Ă  faible consommation, il n’y aurait pas d’influence. Pour arriver Ă  ces conclusions, des chercheurs en Ă©pidĂ©miologie de l’hĂŽpital universitaire d’Aarhus, situĂ©s au Danemark, en collaboration avec des chercheurs issus de l’Ă©cole de santĂ© publique de Boston ont suivi les tentatives de concevoir un bĂ©bĂ© de plus de 6 000 Danoises pendant un an, ou jusqu’Ă  ce qu’elles attendent un bĂ©bĂ©. Ces femmes Ă©taient ĂągĂ©es de 21 Ă  45 ans. Pour commencer, les participantes devaient remplir un formulaire, et ce deux fois par mois durant un an, ou jusqu’Ă  ce qu’elles soient enceintes. Dans le questionnaire, il fallait qu’elles renseignent les experts sur le nombre de verres d’alcool consommĂ©s en semaine, le type d’alcool, la frĂ©quence des rapports sexuels, si elles fumaient ou non et indiquer leur consommation mais aussi l’Ă©tat de leur cycle menstruel.

À faible consommation, l’alcool ne nuit pas Ă  la fertilitĂ© fĂ©minine

RĂ©sultats ? Sur les 6 000 participantes, 4 210 femmes (soit 70% d’entre elles) ont Ă©tĂ© enceintes durant l’Ă©tude. Parmi ces 4 210, les experts ont relevĂ© que 1 850 ne consommaient pas d’alcool, 4 200 buvaient entre un et 14 verres par semaine et 75 en buvaient plus de 14 par semaine. Les chercheurs ont Ă©galement remarquĂ© qu’il n’y avait pas de diffĂ©rence entre les femmes qui consomment de l’alcool avec modĂ©ration et celles qui n’en consomment pas du tout. Ils en ont donc conclu que l’alcool n’est pas un problĂšme pour la fertilitĂ© pour celles qui n’en abusent pas. Annie Britton, épidĂ©miologiste Ă  l’University College London, situĂ© au Royaume-Uni, et principale auteur de l’Ă©tude a, par ailleurs, dĂ©clarĂ©, optimiste : « Ces conclusions offrent de quoi rassurer les couples qui cherchent Ă  avoir un enfant. Une abstinence totale n’est pas forcĂ©ment nĂ©cessaire pour amĂ©liorer ses chances de concevoir. »

Toutefois, les scientifiques ont tenu Ă  prĂ©ciser que cette Ă©tude reste observationnelle et que les femmes faisant partie du dernier groupe, Ă  savoir, celles qui consomment plus de 14 verres par semaine ne reprĂ©sentent que 1,2% de l’ensemble des participantes. Toujours est-il que, mĂȘme avant de concevoir un enfant, il est recommandĂ©, pour sa propre santĂ©, de consommer de l’alcool avec modĂ©ration.

Éviter le binge drinking

Le « binge drinking » (ou plus communĂ©ment appelĂ© « alcool dĂ©fonce » ou « biture express » en France), est, selon la dĂ©finition de l’Institut national amĂ©ricain sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme (NIAAA), la consommation d’au moins sept verres (dont le verre doit contenir 10 grammes d’Ă©thanol pur) pour les garçons et six verres pour les filles en moins de deux heures.

Cette pratique, le professeur Annie Britton la dĂ©conseille. En effet, cela peut avoir des consĂ©quences sur les cycles menstruels, mais aussi sur le fƓtus, dans le cas oĂč la mĂšre n’est pas au courant qu’elle est enceinte. Le bĂ©bĂ© pourrait alors prĂ©senter un syndrome d’alcoolisation foetale Ă  la naissance. Mais quoi qu’il en soit, « si un couple fait face Ă  des problĂšmes de conception, il est quand mĂȘme recommandĂ© aux deux partenaires de diminuer la consommation d’alcool », termine-t-elle. D’autant plus qu’enceinte, l’abstinence est de mise, autant s’y habituer dĂšs le dĂ©sir d’enfant. La France est Ă©galement touchĂ©e par l’infertilitĂ©. En effet, selon l’EnquĂȘte nationale pĂ©rinatale 2003 et l’Observatoire Ă©pidĂ©miologique de la fertilitĂ© en France 2007-2008, entre 18% et 24 % des couples ne parviennent pas Ă  avoir un enfant aprĂšs 12 mois sans contraception. À savoir, un couple est considĂ©rĂ© comme infertile s’il n’a pas pu concevoir d’enfant aprĂšs 12 Ă  24 mois de tentatives.

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