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Infertilité : ce papa nous raconte son long combat et celui de sa compagne pour devenir parents

Infertilité : ce papa nous raconte son long combat et celui de sa compagne pour devenir parents

Hunter et Hope Madden ont essayé pendant des années de concevoir un enfant. Après neuf cycles de traitements et trois fausses couches, dont une tardive, ils ont enfin eu le bonheur de mettre au monde une petite fille, Evelyn, et de la serrer dans leurs bras remplis de tendresse. Pour Neuf Mois, Hunter revient sur leur long combat, leurs déceptions et leurs joies, le tout illustré par de sublimes photos dévoilant la naissance de leur fille, des clichés pris par la photographe Leilani Rogers.

Hunter, le parcours a été long et compliqué pour devenir parents, quand a-t-il commencé ?

Ma femme et moi avons tenté d’avoir un enfant pendant deux ans avant de commencer un quelconque traitement. Nous avons réalisé que n’ayant pas la capacité de tomber enceinte naturellement, ma femme aurait besoin d’une aide extérieure. Nous avons pensé que le mieux serait d’aller voir un spécialiste au lieu de recevoir uniquement l’aide de son gynécologue.

Quels sont les premiers traitements auxquels vous avez eu recours ?

Le premier traitement que nous avons essayé s’appelle « Clomid ». C’est un médicament inducteur d’ovulation mais cela n’a finalement pas du tout marché pour ma femme. Par la suite, nous avons commencé un cycle de médicaments plus forts, incluant des injections de Gonal-F, qui aident également à déclencher l’ovulation. Cela a fini par marcher et a permis à mon épouse d’être enceinte une première fois.

Comment avez-vous soutenu votre femme pendant les traitements ?

Pour moi, le plus grand soutien que je pouvais apporter à Hope durant ce combat était d’être émotionnellement disponible et de faire de mon mieux pour essayer de comprendre le coup émotionnel que ces traitements avaient sur elle. C’était dur pour nous deux à chaque fois qu’elle faisait un test de grossesse et qu’il était négatif. J’avais l’impression qu’elle s’en voulait, j’essayais donc de faire en sorte qu’elle comprenne que ce n’était pas de sa faute.


Comment avez-vous vécu les traitements de votre femme ?

C’est un peu compliqué de répondre. Vivre avec ces traitements était à la fois une bénédiction et une malédiction. D’un côté on a l’impression de réellement faire quelque chose pour être enceinte mais d’un autre côté, le coup émotionnel que ces médicaments avaient sur Hope était réellement dur à regarder. De plus, la déception de ne pas être enceinte chaque mois était difficile à supporter.

Face aux fausses couches de votre femme, comment avez-vous réagi ?

Nous étions dévastés. Pour nous c’était comme si on avait réussi et que tout nous était arraché.

Étiez-vous suivi par un psychologue pour affronter ce combat ?

Nous n’étions pas suivis par un thérapeute durant cette période mais je pense que cela aurait pu énormément nous aider. Je crois sincèrement que je réfléchirai à la possibilité de voir régulièrement un thérapeute lorsque l’on essayera à nouveau d’avoir un enfant.

La dernière fausse couche a été plus tardive. Le bébé avait déjà un prénom, Owen, comment surmonter cette épreuve ?

C’était la pire chose que j’ai eu à vivre. On était si excité par cette grossesse et on ne désirait qu’une chose : rencontrer notre petit garçon, le perdre a été dévastateur pour nous. Sincèrement j’étais extrêmement mal suite à cette fausse couche. La semaine où nous l’avons perdu reste floue pour moi, je ne peux vraiment pas vous dire ce que j’ai fait cette semaine-là. Nous étions déprimés. La seule chose qui nous a permis de nous en sortir c’est notre foi. On s’est soutenu dans la prière et les choses sont allées un peu mieux. Notre garçon nous manque toujours et parfois la douleur semble encore fraîche, mais je sais que nous aurons l’occasion de le rencontrer un jour et cela me suffit. C’est la signification de mon tatouage.


Comment s’est passée l’annonce de cette nouvelle grossesse tant espérée après la perte de votre petit garçon ?

Après avoir perdu Owen nous n’étions plus optimistes par rapport à une grossesse à venir. C’était vraiment dur d’accepter le fait que rien de mal n’aller arriver avec cette grossesse. Comme si le combat touchait à sa fin. On l’a dit à notre famille mais nous n’avons pas vraiment fait la fête ou quoique ce soi.

Quel était votre état d’esprit durant cette grossesse ?

Je pense qu’on a tous les deux attendu que quelque chose tourne mal durant la grossesse. Je sais que pour moi, ce n’est pas avant le troisième trimestre de grossesse que je me suis mis à penser qu’on allait vraiment avoir un bébé. Même si je suis frustré d’avoir eu ces idées noires tournant dans le fond de mon crâne, je suis aussi reconnaissant puisque cela m’a permis d’apprécier chaque moment où Hope était enceinte.

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Crédit image: Facebook Gemma Charlmer

Qu’avez vous ressenti à l’arrivée du bébé ?

Voir Hope donner naissance à notre fille est honnêtement la chose la plus miraculeuse qu’il m’a été donné de voir. Pendant un moment le ciel et la terre se sont confondus pour moi. J’ai été assez chanceux pour pouvoir aider lors de la naissance d’Évelyn. Pouvoir donner notre fille à ma femme fût quelque chose de magique. Je n’oublierai jamais le moment où j’ai vu mon bébé pour la première fois.

Aujourd’hui quel message adressez-vous aux couples qui vivent ces traitements au quotidien pour essayer de devenir parents ?

Mon message pour ceux qui doivent gérer des problèmes d’infertilité c’est de ne jamais abandonner. Ce sera difficile et vous pourrez subir des pertes mais tenir votre enfant dans vos bras vaut tout l’or du monde. Entourez-vous de personnes positives et gardez confiance, vous tiendrez votre propre bébé dans vos bras un jour. Je sais que c’est dur et que parfois ça semble plus simple d’abandonner, mais si vous pouvez surmonter les périodes difficiles ce sera le moment le plus merveilleux qui soit lorsque votre enfant vous sourira pour la première fois. Je crois aussi que sans notre foi il nous aurait été presque impossible de surmonter tout cela. C’est l’une des choses de la vie les plus difficiles à surmonter, donc je pense qu’il est très important d’être là l’un pour l’autre. Peu importe qui est votre partenaire vous devez le soutenir au travers de ces épreuves face à l’infertilité, car c’est un combat trop dur pour une seule personne.


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