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La réduction exigée du nombre de césariennes au Brésil

Si, en France, l’accouchement naturel a la cote, au BrĂ©sil c’est tout le contraire : on parle actuellement de 56% des naissances rĂ©alisĂ©es sous cĂ©sarienne alors que la moyenne mondiale de ce type de naissance s’Ă©lĂšve Ă  18%. Le BrĂ©sil est donc le premier pays au monde Ă  effectuer autant d’interventions en cĂ©sarienne.

56% d’accouchements par cĂ©sarienne : un chiffre impensable en France oĂč l’accouchement par la voie basse est toujours encouragĂ©. C’est ce chiffre impressionnant qui a dĂ©cidĂ© le gouvernement brĂ©silien Ă  tirer la sonnette d’alarme, pointant lĂ  un vrai problĂšme de santĂ© publique. Un problĂšme Ă  soulever, d’autant plus que l’OMS exige de ne pas dĂ©passer les 15 % d’accouchements par cĂ©sariennes. Une grande marge sĂ©pare donc le BrĂ©sil de la moyenne exigĂ©e !

Selon le Figaro, cette rĂ©elle « épidĂ©mie » de cĂ©sarienne pourrait s’expliquer par le fait que la majoritĂ© des Ă©tudiants brĂ©siliens en mĂ©decine sont formĂ©s uniquement pour pratiquer la cĂ©sarienne (ndlr, logique, puisque le gynĂ©cologue-obstĂ©tricien a pour mission de gĂ©rer la pathologie, alors que les sages-femmes ont en charge la physiologie, donc les accouchements par voie basse sans complications !).  «À l’universitĂ©, les Ă©tudiants ne se forment plus qu’Ă  la cĂ©sarienne, ils ont peur des Ă©ventuelles complications d’un accouchement par voie basse», selon Maria do Carmo Leal, chercheuse Ă  l’École nationale de santĂ© publique Fiocruz. Certaines cliniques privĂ©es ont mĂȘme atteint le taux de cette pratique Ă  84,6% ! Apparemment, il n’y a pas de sages-femmes au BrĂ©sil pour se charger des accouchements physiologiques ?

Les risques de la césarienne

Selon le ministĂšre brĂ©silien, la cĂ©sarienne augmenterait de 120% les risques de maladie respiratoire pour le nouveau-nĂ© et multiplie par trois le risque de dĂ©cĂšs pour la mĂšre. L’express rapporte Ă©galement « des complications comme des hĂ©morragies aprĂšs l’accouchement, un risque de phlĂ©bites, d’embolie pulmonaire ou encore d’infection de la cicatrice ». Si les femmes brĂ©siliennes optent pour la cĂ©sarienne afin d’Ă©viter les douleurs, de prĂ©server leur vie sexuelle ou de bĂ©nĂ©ficier de la ligature des trompes (une mĂ©thode qui permet d’Ă©viter dĂ©finitivement d’autres grossesses), elles s’exposeraient donc Ă  des risques plus graves encore.

Et en France, c’est comment ?

Selon la revue spĂ©cialisĂ©e Acta Obstetricia et Gynecologica, 28% des cĂ©sariennes pratiquĂ©es en France pourraient ĂȘtre Ă©vitĂ©es. Actuellement, prĂšs d’une femme sur cinq donne naissance par cĂ©sarienne en France selon l’Express, alors que la plupart de ces interventions pourrait ĂȘtre Ă©vitĂ©e. La faute en revenant aux dĂ©clenchements plus frĂ©quents qu’autrefois qui perturbent le bon dĂ©roulement du travail, Ă  l’ñge plus Ă©levĂ© des mĂšres primipares, l’augmentation du nombre de grossesses sous procrĂ©ation mĂ©dicalement assistĂ©e (gĂ©mellitĂ© plus frĂ©quente) et d’autres facteurs (HTA, obĂ©sité ) qui induisent des complications au cours de la grossesse et au cours de l’accouchement


La crainte de procĂ©dures judiciaires peuvent aussi inciter les obstĂ©triciens français Ă  recourir Ă  la cĂ©sarienne pour limiter les risques en cas de complications Ă  l’accouchement. MalgrĂ© cela, la pratique de la cĂ©sarienne pour convenances personnelles (Ă  la demande des mĂšres) n’est pas encouragĂ©e en France, contrairement Ă  d’autres pays. Ce qui permet de maintenir le taux de cĂ©sariennes lĂ©gĂšrement en dessous de 20% en France.

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