En France, le taux d’allaitement à la naissance reste stable mais chute rapidement

Selon les derniers chiffres exposés par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 2/3 des Françaises pratiquent l’allaitement en France et ce dès la naissance. Ces chiffres sont stables par rapport aux précédentes décennies alors que les bienfaits du lait maternel, eux, sont de plus en plus valorisés.  Néanmoins, cette pratique concerne surtout une certaine catégorie de femmes et il est important de les noter afin de comprendre un peu mieux les habitudes culturelles en France. D’ailleurs, notre pays semble en retard par rapport aux autres partout dans le monde et nous allons essayer de comprendre pourquoi.

Le taux d’allaitement français dépend de facteurs sociaux-culturels

Les taux donnés par la DREES ont été dressés à partir des naissances de 2013. Au total, 66% des mamans allaitent dès la naissance, même si ce taux décroît très rapidement. En moyenne, 10% des mères arrêtent leur allaitement dès la 1ère semaine de naissance. 40% d’entre elles allaitent toujours à la 11ème semaine mais cela passe à 30% après 4 mois et à 18% à 6 mois de naissance. En France, nous sommes d’ailleurs les derniers d’Europe en ce qui concerne le pourcentage d’allaitement à six mois. Par exemple, aux Etats-Unis, la moitié des mères allaite au moins jusqu’aux 6 mois de l’enfant et elles sont un tiers à continuer après un an. Ce chiffre significatif est d’ailleurs en hausse depuis 2002. De plus, dans tous les pays scandinaves ainsi qu’en Suisse, le taux d’allaitement atteint 90% ! En Allemagne, le constat est quasiment le même puisqu’elles sont 85% à allaiter dès la naissance. En Italie, au Royaume-Uni et au Luxembourg, ce taux passe à 75%.

Ce qui a également été constaté dans cette étude c’est que les mamans qui allaitent en majorité sont celles ayant plus de 30 ans et venant de catégories socioprofessionnelles élevées. Les femmes inactives comptent aussi parmi les plus actives quand il s’agit d’allaitement. En outre, les femmes qui fument, qui accouchent à domicile, en maternité de type 3 ou qui ont suivi des séances de préparation à l’accouchement donnent beaucoup moins le sein que celles précédemment citées.

La région joue un rôle également déterminant selon la DREES. En effet, il a été constaté que les mamans qui allaitent le plus habitent soit en Ile-de-France, soit en Franche-Comté, soit en Rhône-Alpes soit dans les DOM-TOM. La moyenne s’élève même à 85%. Et pour ce qui est du nombre d’enfants, les statistiques ont également leur importance puisqu’apparemment le premier enfant est allaité davantage que le second.


Les avancées médicales sur les bienfaits du lait maternel

Bien entendu, l’allaitement ne doit pas être vu comme une obligation. Il doit être déterminé en fonction d’une volonté personnelle ou si, par exemple, des raisons médicales l’en empêchent. Chaque femme est bien sûr en droit de choisir comment son bébé doit être nourri dans les premiers mois de sa vie. Néanmoins, selon certaines recommandations, comme celles de l’OMS, il semble recommandé d’allaiter de façon exclusive jusqu’aux 6 mois du bébé. En effet, il a été démontré que le lait maternel protège le bébé des infections gastro-intestinales, des infections ORL mais aussi respiratoires. Il semble également bénéfique sur le développement cognitif de l’enfant et a son rôle à jouer quand il est question de prévention de l’asthme, des allergies et du diabète. En plus d’être bénéfique pour le bébé, le lait maternel peut également l’être pour la maman. Il préviendrait notamment des cancers du sein, des ovaires mais aussi de l’ostéoporose. Il réduirait également les risques d’hémorragies post-partum et permettrait à la maman de retrouver plus facilement son poids initial, avant la grossesse.

Voir les commentaires (0)

Laisser votre commentaire