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Sarah Pébereau témoigne : « être enceinte après un cancer du sein, oui c’est possible, ne lâchez jamais »

  • Sarah, comment avez-vous appris votre cancer ?
  • Comment s'est passée la prise en charge ?
  • Quels traitements avez-vous du subir ?
  • Quand vous avez eu votre cancer les médecins vous ont-ils expliqué que votre fertilité pourrait être altérée ?
  • Alors vous avez entendu parler du don d'ovocytes ? 
  • Vous pensiez que ce serait possible d'avoir des enfants après le cancer ? 
  • Combien de temps après votre cancer du sein êtes-vous tombée enceinte ?
  • C'était un miracle pour vous ?
  • Comment avez-vous été suivie enceinte ?
  • Et pour la période post-accouchement, avez-vous eu de nouveaux examens à faire ?
  • Et pour bébé ?
  • Aviez-vous peur que la maladie soit capable de refaire surface pendant la grossesse ?
  • D'ailleurs, vous, comment avez-vous vécu votre grossesse ?
  • A présent maman, comment vous sentez-vous ?
  • Si vous aviez un message à donner aux femmes qui doivent faire face à cette maladie et qui rêvent d'être maman ?

Enceinte après un cancer du sein, oui c’est possible, bien sûr que c’est possible et il ne faut pas perdre espoir, c’est ce qu’a désiré nous faire passer comme message Sarah Pébereau. La comédienne a malheureusement croisé le chemin de la maladie quand elle avait 30 ans. Après des années de combat contre le cancer, un arc-en-ciel est entré dans sa vie. Récit d’une femme qui n’a jamais baissé les bras.

Sarah, comment avez-vous appris votre cancer ?

J’avais 30 ans, j’allais chez ma gynéco pour renouveler mon ordonnance de pilule. En m’examinant elle a trouvé un kyste dans mon sein droit. Persuadée que c’était bénin elle m’a prescrit une mammographie me disant que ce n’était pas urgent. 3 semaines plus tard je fais la mammo puis on me fait une échographie en plus qui n’était pas prévue. Et surtout j’attends très longtemps dans la salle d’attente. Je les entends appeler ma gynéco. Je sens que quelque chose n’est pas normal. Puis ils me montrent les images m’expliquant qu’il est probable que ce ne soit pas bénin et qu’il faut faire une IRM et une biopsie. Ma gynéco reste persuadée que c’est bénin et dit qu’une ponction est suffisante. Je la fais. Le médecin qui la pratique me dit elle aussi qu’elle est persuadée que ce n’est rien. Et la veille de Noël, ma gynéco m’appelle, il faut que je vienne la voir vite, ce n’est pas bénin et il faut agir vite. Je n’en sais pas plus et je dois attendre 24 heures. Une fois dans son cabinet, elle me dit : « on ne va pas tourner autour du pot, c’est un cancer du sein. Vous voulez du Lexomil ? » Un peu sonnée, je ne comprends pas ce qui m’arrive. Heureusement ma mère est à mes côtés comme à chaque étape de ce combat. Ma gynéco appelle l’hôpital qu’elle connait pour caler un rendez-vous avec l’anesthésiste et l’opération.

Comment s’est passée la prise en charge ?

Ça n’est pas allé très vite après l’annonce car c’était Noël. Il a fallu attendre l’après trêve de Noël pour ma prise en charge. Joyeux Noël Felix ! C’est une période un peu compliquée, je pense que je suis restée sous le choc sans vraiment comprendre ce qui m’arrivait, on sait que c’est grave mais tant que l’opération n’a pas eu lieu on ne sait pas tout du stade, de la gravité, de l’étendue du cancer. C’est l’inconnu. Ma gynéco avait pris les rendez-vous à l’hôpital qu’elle connaissait au moment de l’annonce mais j’ai rencontré un oncologue qui s’était occupé d’un proche et l’avait guéri alors j’ai décidé d’aller avec lui. Je me suis sentie en confiance, ce qui est essentiel. J’ai été opérée le 15 janvier.

Quels traitements avez-vous du subir ?

J’ai eu une tumorectomie : une opération pour enlever le kyste et enlever des ganglions pour vérifier si le cancer n’était pas étendu au-delà du kyste. Par chance ça avait été pris tôt et ça n’était pas encore étendu. Ensuite j’ai fait 3 mois et demi de radiothérapie tous les jours puis comme c’était un cancer hormonal, 5 ans d’hormonothérapie.

Quand vous avez eu votre cancer les médecins vous ont-ils expliqué que votre fertilité pourrait être altérée ?

Aucun médecin n’a jamais évoqué les impacts possibles sur ma fertilité. En revanche c’est une amie de ma sœur qui m’a parlé des risques des rayons pour la fertilité. Une de ses amies avait justement fait pour cette raison un prélèvement d’ovocytes avant de commencer sa radiothérapie. C’est grâce à elle que j’ai eu connaissance de ce risque et de cette possibilité. J’en ai alors parlé à mon médecin en demandant si les rayons pouvaient perturber ma fertilité. Ce n’était en effet pas sans risque même si les études n’étaient pas là pour l’appuyer.

Alors vous avez entendu parler du don d’ovocytes ?

Oui, car ce jour-là j’ai appris qu’après la radiothérapie, j’aurai pendant 5 ans un traitement hormonal qui met en ménopause artificiel et fait que l’on ne peut donc pas avoir d’enfants pendant cette période. Et c’est là que j’ai commencé ma bataille pour faire le prélèvement d’ovocytes dont m’avait parlée cette amie de ma sœur et c’est la meilleure chose que j’ai faite. Je recommande à toute femme qui traverse la même épreuve et souhaite avoir des enfants de mener ce combat. Car tous ces traitements impactent notre fertilité. Pour ma part, au-delà des rayons, mon traitement hormonal m’a provoquée de l’endométriose, reconnue aujourd’hui comme la 1ère cause d’infertilité en France. Que l’on se serve ou non des ovocytes, on peut arriver à tomber enceinte naturellement, cela rassure de le faire, c’est une sécurité, une précaution essentielle à laquelle on a droit. Cela permet d’être plus sereine sur ce sujet-là pendant les traitements. Pendant les 5 ans de mon traitement hormonal, cela m’a rassurée de savoir que j’avais cette réserve au cas où.

Vous pensiez que ce serait possible d’avoir des enfants après le cancer ?

J’étais dans l’inconnu comme beaucoup de femmes qui passent par-là. J’avais 30 ans et même si j’étais célibataire j’avais très envie d’enfants. J’avais déjà 7 neveux et nièces, mes amies étaient nombreuses à avoir déjà créé leurs famille. Mais au début pendant le combat, je n’ai pas tout de suite pensé à cela car tout va très vite, surtout qu’on avait perdu du temps à penser que mon kyste était bénin donc il fallait aller vite, opérer puis enchainer les rayons puis le traitement hormonal. Tout va très vite. Et il faut déjà gérer chaque jour. J’avoue que si l’amie de ma sœur ne m’en avait pas parlé je n’y aurais pas pensé seule à demander à congeler mes ovocytes et ça aurait peut-être été trop tard. C’est pour cela aussi que c’est nécessaire pour moi de témoigner de mon histoire à travers le livre, le spectacle et grâce à des journalistes comme vous qui me donnent la parole pour passer le relais. Je vous remercie pour cela. On sera toujours plus forts ensemble face au cancer. Je souhaite que mon histoire en aide d’autres. Que sur ces sujets de fertilité, les femmes sachent qu’elles peuvent demander à congeler leurs ovocytes. Pour ne pas avoir cette double peine. Quand on tombe malade jeune, la fertilité est un vrai sujet qui doit être pris en considération systématiquement par le corps médical. C’est comme toutes les infos que j’ai eu au compte-goutte, je les transmets, pour que ce côté Kinder surprise du traitement n’heurte pas d’autres personnes. Par exemple pour la radiothérapie, on ne m’avait pas dit que l’on faisait des tatouages indélébiles, on ne m’avait parlé que de marquages aux feutres. Une femme était venue voir le spectacle et on devait lui faire les fameux marquages le lendemain. Je ne dis pas que ça enlève la douleur ou la peine mais au moins elle n’a pas eu la surprise désagréable de ces marques supplémentaires.

Combien de temps après votre cancer du sein êtes-vous tombée enceinte ?

6 ans après la fin du gros du traitement, 1 an après la fin du traitement hormonal. Je ne pouvais pas avoir d’enfants pendant les 5 ans du traitement hormonal.

C’était un miracle pour vous ?

Oui le plus beau des miracles. Il y a une citation que j’aime beaucoup qui dit que sans pluie, il n’y a pas d’arc-en-ciel. C’est mon arc-en-ciel. Et je mesure pleinement ma chance.

Comment avez-vous été suivie enceinte ?

Il a fallu l’autorisation de mon oncologue pour cette grossesse. Et ensuite oui au lieu de mes faire mes examens de contrôle tous les 6 mois pour mon suivi post-cancer, j’ai du faire des échographies mammaires tous les 3 mois. J’ai aussi des problèmes de thyroïde (à cause de mon traitement hormonal comme l’endométriose) donc j’ai un traitement tous les jours et il fallait vérifier de près les dosages avec des examens sanguins toutes les 6 semaines. Pour l’endométriose j’ai aussi eu un traitement. Et j’étais suivie pour ma grossesse par un médecin qui s’occupe des femmes avec des antécédents.

Et pour la période post-accouchement, avez-vous eu de nouveaux examens à faire ?

Oui j’ai dû refaire une mammographie et une échographie quelques mois après mon accouchement. Et maintenant ce sera de nouveau tous les 6 mois.

Et pour bébé ?

Mon bébé va très bien et n’a pas eu de suivi particulier.


Aviez-vous peur que la maladie soit capable de refaire surface pendant la grossesse ?

Oui, c’était forcément une crainte. Mais même si on ne maitrise rien, j’ai décidé de faire confiance à la vie, qu’avec ce miracle de ma grossesse, elle me faisait un beau cadeau, la roue avait tourné. Et mon oncologue avait autorisé cette grossesse donc c’était aussi rassurant pour moi. Et j’ai été bien entourée pour être la plus sereine possible pendant ma grossesse. J’ai vu tous les mois le magnétiseur qui m’avait soulagée de mes douleurs de radiothérapie peu de temps avant (j’ai eu mal plusieurs années avant de m’occuper de me débarrasser de ces douleurs…). Il accompagne souvent des femmes enceintes. Il dit bien sûr que c’est un travail sur soi en premier mais il est un super accompagnateur très bienveillant. C’est avec lui d’ailleurs que j’avais parlé de ma peur de récidive avant de tomber enceinte. Il m’avait dit que c’était la peur de tout parent de mourir en laissant son enfant mais que chacun pouvait aussi se faire renverser en traversant la rue et est-ce que pour cela, il fallait renoncer ? Non. J’ai aussi vu un acupuncteur enceinte. Et j’avais mon entourage très présent, le même qui m’avait accompagnée pendant mon cancer se réjouissait de m’accompagner pour ce beau miracle.

D’ailleurs, vous, comment avez-vous vécu votre grossesse ?

J’étais donc plutôt sereine, tellement heureuse que cela soit possible, que mon arc-en-ciel arrive, que la vie me fasse ce beau cadeau. J’ai beaucoup joué mon spectacle « K Surprise » sur mon expérience du cancer du sein pendant ma grossesse. Je raconte tout dans mon spectacle avec mon humour, ce qui m’a beaucoup aidé dans cette épreuve et m’a permis de parler de la maladie autrement et il y a aussi bien sûr les autres émotions ressenties pour tout dire mais sans aucun pathos. Le spectacle est plein d’espoir et est une ode à la vie. J’étais heureuse de partager un message d’espoir encore plus fort avec cette grossesse. J’ai notamment joué pendant Octobre Rose devant des assemblées de femmes touchées, notamment à l’Institut Curie, à la Cure thermale La Roche Posay (cure post-cancer), et j’étais très émue de les voir se réjouir autant que moi lorsque je parlais à la fin du spectacle de mon bébé à venir, mon arc-en-ciel. Ces dates ont été particulièrement riches en émotions, je ne les oublierai jamais. Et comme à chaque représentation, j’ai eu de très beaux échanges et fait de très belles rencontres. Une des plus belles choses grâce à ce combat ce sont les rencontres que l’on fait avec les personnes qui sont passées par la même épreuve. On se comprend tout de suite et on crée des liens très forts avec une grande bienveillance et beaucoup de solidarité, on est là les unes et les uns pour les autres.

A présent maman, comment vous sentez-vous ?

Heureuse. Reconnaissante. Je ressens de la gratitude envers la vie qui m’a fait ce cadeau incroyable. Parfois j’ai envie de me pincer me demandant si je suis vraiment maman. Je regarde dans le rétroviseur. Chacun a son chemin. Mon combat m’a apporté beaucoup de choses positives et notamment d’avoir un rappel de profiter de la vie car on ne sait pas de quoi demain sera fait. J’ai mis du temps à assumer mon métier de comédienne n’étant pas issue d’une famille d’artistes. Mais aujourd’hui ce n’est plus un sujet. C’est ma voi(e)x. Et être maman après mon combat. Si cela est possible, alors tout est possible.

Si vous aviez un message à donner aux femmes qui doivent faire face à cette maladie et qui rêvent d’être maman ?

Une grossesse est possible après un cancer. N’abandonnez jamais ce rêve. Ne vous laissez pas décourager par celles et ceux qui vous diront que ce n’est pas possible. C’est possible. J’en suis la preuve vivante. Et je ne suis pas la seule. Plusieurs supers K fighteuses comme on s’appelle entre nous qui font partie de mes belles rencontres ont connu ce bonheur, Lili Sohn, Cindy Montier de Curcumabox… Les voir tomber enceinte m’a d’ailleurs donné de l’espoir. Que ce rêve d’une vie de maman vous donne toute la force de vous battre. Et prenez vos précautions avec les ovocytes, je sais que ce n’est pas facile mais battez-vous pour cela, faites-vous entendre auprès du corps médical. J’ai appelé, j’ai pleuré, j’étais en colère j’ai presque crié d’injustice, un cancer à 30 ans ça suffit, vous n’allez pas m’enlever en plus la possibilité d’une famille. C’est la bataille que je suis la plus heureuse d’avoir mené dans mon combat face au cancer. Cela vous donnera encore plus de force et vous pourrez bien sûr aussi tomber enceinte naturellement mais vous aurez cette sécurité. Je vous souhaite de tout cœur de réaliser ce rêve et de vivre ce grand bonheur. Je suis avec vous dans ce combat et je vous envoie toute la force du monde pour mettre KO ce K. Mon mantra préféré est Never Give up. N’abandonnez jamais.

Pour en savoir plus sur Sarah Pébereau rendez-vous sur son site 

Crédit photo : @IngridMareski

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