Cette méthode révolutionnaire pourrait sauver la vie des très grands prématurés

Peut-être que vous avez vu cette photo récemment sans avoir véritablement compris de quoi il s’agissait. Mais non cet agneau dans un sac en plastique rempli de liquide trouble n’est pas une scène de film de science-fiction. C’est en fait un dispositif expérimental qui pourrait aider les bébés très grands prématurés à survivre à l’extérieur de l’utérus.

Une nouvelle méthode pour sauver la vie des très grands prématurés

Les bébés nés très prématurément (juste après la limite de viabilité du fœtus entre 22 et 24 semaines), se développent plus normalement dans un environnement semblable à l’utérus. Ainsi, les chercheurs de l’Hôpital des enfants de Philadelphie (CHOP) ont entrepris d’en créer un artificiellement. Vous vous demandez peut-être pourquoi ils expérimentent sur des agneaux ? Alan Flake, le directeur du Centre pour la recherche sur le foetus au CHOP, a déclaré dans un communiqué que la plupart des informations que nous savons sur le développement du fœtus humain proviennent de l’agneau. Les médecins font des recherches sur des agneaux depuis une cinquantaine d’années pour recueillir des informations sur les fœtus humains, car leur développement pulmonaire est similaire. Marcus Davey, chercheur au CHOP, a déclaré que l’idée de créer un ventre artificiel est venu après un changement dans la réflexion sur la façon d’aider les bébés qui ne sont pas encore prêts à naître : « Ne traitons pas cela comme un nouveau-né. Traitons cela comme un fœtus ». Le processus de fabrication du prototype a commencé il y a quelques années, sans aucun financement ou équipement approprié. L’équipe du CHOP a utilisé des tuyaux de plomberie et les matériaux des fournisseurs de bière pour fabriquer leur premier prototype, qui a évolué vers le dispositif de l’agneau.

Comment fonctionne cet utérus artificiel pour sauver les bébés très grands prématurés ?

L’appareil comporte deux parties :

  • Un système circulatoire est relié aux vaisseaux du cordon ombilical du bébé. Le sang sort du fœtus, traverse un oxygénateur et retourne dans le fœtus. Cela permet le même échange de gaz qui se produirait avec un placenta, mais sans le placenta.
  • Un environnement fluide dans un biobag entoure le fœtus, lui permettant d’avaler et de respirer un liquide amniotique ou un liquide amniotique artificiel, comme il le ferait normalement au cours du développement.utérus artificiel

L’expérience du biobag, comment s’est-elle déroulée sur les agneaux ?

Six agneaux nés prématurément ont été placés dans ces « utérus artificiels » immédiatement après une césarienne pratiquée à l’équivalent de 23 semaines de gestation humaine. Après la naissance, l’agneau a été placé dans son « biobag » et relié, par son cordon ombilical, à un circuit qui lui fournissait de l’oxygène et des nutriments. Dans le biobag, les agneaux étaient immergés dans un substitut de liquide amniotique contenant des nutriments et des molécules qui stimulent la croissance. Les agneaux ont été maintenus dans ce dispositif durant quatre semaines. Ils semblaient se développer tout à fait normalement, se transformant de fœtus nus et roses (à gauche sur la photo) en agneaux recouverts de laine et blancs (à droite sur la photo).
agneau avant après


A noter que d’après le quotidien anglais The Guardian, la version humaine de cet utérus artificiel ressemblera plus à un incubateur. Il serait rempli de liquide, la couverture et l’intérieur seraient dans l’obscurité et le bébé serait surveillé par des caméras. Pour Alan Flake, un tel dispositif serait moins impressionnant pour les parents que la situation actuelle où des bébés fragiles doivent supporter de nombreuses procédures invasives (intubation, ventilation et chirurgie). Le but de cet incubateur ne serait pas de permettre au bébé de se développer jusqu’à gestation complète mais seulement jusqu’à ce que son état de santé lui permette de vivre à l’air libre, dans le monde extérieur.

 

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