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Faut-il supplémenter bébé en vitamine D ?

Manquer de vitamine D, c’est risquer d’avoir des os fragiles. Pourtant, toutes les mamans ne sont pas convaincues de la nĂ©cessitĂ© d’une supplĂ©mentation. Le point pour y voir plus clair avec le Pr Patrick Tounian, pĂ©diatre nutritionniste.

Selon les rĂ©gions oĂč l’on vit, la supplĂ©mentation en vitamine D est recommandĂ©e chez le jeune enfant


Mais certaines mamans hĂ©sitent Ă  utiliser les produits de supplĂ©mentation suite Ă  une mise en garde de l’Association Française de SĂ©curitĂ© Sanitaire des Produits de SantĂ© (Afssaps, devenue Anses) en 2011 portant notamment sur l’UvestĂ©rol D ADEC. Le point avec le Pr Patrick Tounian, pĂ©diatre et nutritionniste.

Selon les recommandations officielles, tout nourrisson ĂągĂ© de 0 Ă  18 mois doit recevoir une supplĂ©mentation en vitamine D. Ce qui se faisait notamment via l’UvestĂ©rol D. Selon le Pr Patrick Tounian, pĂ©diatre, si la posologie est respectĂ©e, ce mĂ©dicament ne prĂ©sente aucun danger pour l’enfant.

En revanche, une autre forme, l’UvestĂ©rol ADEC, a Ă©tĂ© suspectĂ©e de provoquer des malaises chez certains enfants. Bien que conçu pour les bĂ©bĂ©s prĂ©sentant des problĂšmes de santĂ© et un risque de dĂ©ficit en vitamines liposolubles A, D et E et vitamine C (grande prĂ©maturitĂ©, mucoviscidose, insuffisance pancrĂ©atique, maladies de l’intestin
), l’UvestĂ©rol ADEC a Ă©tĂ© trop souvent prescrit Ă  tous les enfants, ce qui a pu entraĂźner des surdosages. Pour enrayer cet excĂšs de prescriptions inappropriĂ©es, l’Afssaps a dĂ©cidĂ© de ne plus rembourser ce mĂ©dicament, ouvrant le feu Ă  toutes sortes de rumeurs alarmistes quant Ă  la supplĂ©mentation en vitamine D. Alors que la seule mesure de prĂ©caution Ă  prendre, c’est d’arrĂȘter l’UvestĂ©rol ADEC, trop riche en diverses vitamines, et de le remplacer par de la vitamine D.


Pourquoi supplémenter bébé en vitamine D ?

Contrairement aux autres vitamines, la vitamine D ne trouve pas dans l’alimentation de sources suffisantes. Ce sont certains ultraviolets qui permettent de la synthĂ©tiser. Trente minutes d’exposition des bras et du visage au soleil indirect chaque jour suffisent Ă  fournir la quantitĂ© nĂ©cessaire, Ă  condition que l’intensitĂ© du rayonnement UV soit suffisante.

Autrement dit, en France, entre octobre et juin, sauf peut-ĂȘtre dans le sud de la France, on peut toujours courir ! Qui plus est, un nourrisson ne peut pas ĂȘtre exposĂ© directement au soleil. Pas plus qu’il ne peut se nourrir d’aliments contenant un apport en vitamine D intĂ©ressant, Ă  savoir les poissons gras, certaines viandes, les Ɠufs ou les champignons.

La carence en vitamine D est-elle possible ?

Ce sont surtout les enfants prĂ©maturĂ©s, ceux atteints par une maladie grave -ou ceux qui ont la peau trĂšs pigmentĂ©e et qui synthĂ©tisent difficilement la vitamine D en raison de la couche de mĂ©lanine sur leur Ă©piderme- qui sont visĂ©s par un risque de carence. Ceci Ă©tant, les cas sont rares car l’alimentation pour les nouveau-nĂ©s est enrichie en vitamine D. Sauf que de plus en plus de bĂ©bĂ©s sont allaitĂ©s au sein, et c’est une excellente chose. NĂ©anmoins, il faut savoir que le lait maternel ne contient qu’une infime part de la vitamine D dont bĂ©bĂ© a besoin, soit 50 unitĂ©s de vitamine D par litre, alors que le bĂ©bĂ© a besoin de 1000 unitĂ©s par jour. C’est pourquoi la supplĂ©mentation est recommandĂ©e particuliĂšrement pour les bĂ©bĂ©s nourris au sein.

Les apports en vitamine D dans lait infantile sont-ils suffisants ?

Sur ce point, la polĂ©mique enfle : puisque les bĂ©bĂ©s nourris au biberon profitent de prĂ©parations lactĂ©es enrichies en vitamine D, pourquoi leur en rajouter ? Certains pĂ©diatres s’appuient sur le calcul suivant : si bĂ©bĂ© boit moins de 500 ml de lait infantile chaque jour, il doit recevoir 400 U.I. de vitamine D /jour ; si bĂ©bĂ© boit 500 Ă  1 000 ml de lait infantile, il doit recevoir 200 U.I/jour de vitamine D ; s’il boit plus de 1 000 ml/jour, il n’a pas besoin d’un supplĂ©ment de vitamine D. D’autres pĂ©diatres sont partisans d’une supplĂ©mentation de principe pendant les deux premiĂšres annĂ©es, au moins et, dans certaines rĂ©gions, durant l’hiver jusqu’à 5 ans.



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