Quels examens médicaux doit passer bébé jusqu’à ses 6 mois ?

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La fragilité d’un tout petit, ça fait un peu peur. Heureusement, dès sa naissance bébé aura affaire à plusieurs examens médicaux une fois par mois jusqu’à 6 mois. Le Docteur Lyonel Rossant, pédiatre et auteur d’ouvrages sur la santé et la nutrition de l’enfant de 0 à 3 ans revient sur les examens médicaux essentiels de bébé.

Quels sont les examens médicaux obligatoires les premiers mois de bébé ?

Neufs examens sont obligatoires en tout, sous peine d’un remboursement moindre des frais de santé. Le premier se déroule dans les huit jours qui suivent la naissance, et est en général effectué à la maternité. Ensuite, il y en a un par mois jusqu’à l’âge de 6 mois. Puis deux autres qui se réalisent à 9 puis 12 mois.

Pourquoi le praticien vérifie-t-il toujours les hanches d’un tout-petit lors d’un examen médical ?

La dysplasie de la hanche est un trouble du développement du cotyle, sur laquelle s’appuie normalement la tête du fémur. A la naissance, le noyau qui formera cette tête n’est pas encore apparu. Si le toit du cotyle est dysplasique et trop oblique, la hanche est instable et l’extrémité du fémur à tendance à glisser. Pour vérifier que tout va bien, lors de l’examen postnatal, le pédiatre place les jambes de bébé à la verticale puis les dirige en abduction vers le lit. Si la hanche est luxée ou risque de l’être, il perçoit un ressaut qui correspond à la sortie du fémur de sa cavité articulaire. En mettant l’enfant en position d’abduction 24/24 heures (c’est-à-dire les jambes tenues écartés par un lange) le toit du colyte va s’abaisser et la luxation sera évitée. Au cours des visites mensuelles, le pédiatre vérifie la bonne évolution des hanches.

Le dépistage néonatal de la surdité, désormais obligatoire, est-il suffisant lors de l’examen médical ?

En maternité, on peut avoir des faux positifs (enfants diagnostiqués sourd alors qu’ils entendent) ou a contrario des faux négatifs. C’est pourquoi l’observation au quotidien par les parents est importante. Ainsi que les petits tests chez le pédiatre avec la boîte à vaches et différents jouets sonores.

La jaunisse du nourrisson nécessite-t-elle une surveillance particulière au-delà de la maternité ?

La jaunisse du nouveau-né est due à la présence dans le sang d’une quantité exagérée d’un pigment biliaire (pigment bilirubine) normalement transformé par le fois, encore immature, ait un peu de mal à évacuer cette bilirubine qui s’accumule alors sous la peau. Le médecin contrôle d’abord le taux de bilirubine du bébé avec un petit lecteur électronique. Pour cela, il le met simplement au contact de sa peau. Si le taux s’avère élevé mais encore « normal », il attend que la jaunisse passe d’elle-même. Au plus tard en trois semaines. Dans le cas d’une « grosse » jaunisse, un traitement de photothérapie est préconisé pour aider la bilirubine à se métamorphoser en une substance plus facile à éliminer. Quelques jours suffisent pour en venir à bout et le contrôle est effectué à l’issue des séances.

Quel traitement pratiquer si bébé est né avec des pieds déformés ?

A la naissance, le pied de bébé mesure environ 7,5 cm. Soit à peu près un tiers de la taille qu’il aura adulte. C’est une mosaïque de cartilages à peine ossifiés (75% ne le sont pas encore) et leur aspect dépend beaucoup de la position que bébé avait à l’intérieur de l’utérus. Très souvent, ils sont tordus à l’intérieurs, en « haricot ». Parce que le fœtus, un peu trop à l’étroit en fin de grossesses, s’est retrouvé assis en tailleur avec l’extérieur de ses pieds coincé contre la paroi utérine.

Avant de penser « réeducation » essayez de chatouiller chaque jour le bord externe (ou interne selon la position adoptée) du pied du bébé avec une brosse à dents aux poils souples, afin de les stimuler. Si vous êtes plutôt adepte de massage, réchauffez un peu d’huile d’amande douce dans le creux de votre main, frictionnez légèrement la voûte plantaire et le dessus du pied puis pétrissez doucement chaque orteil entre votre pouce et votre index en les séparant les uns des autres.


Quels troubles de la vue faut-il dépister chez bébé les premiers mois lors d’un examen médical ?

Un strabisme persistant, à partir de l’âge de 4 mois, doit faire l’objet d’une étroite surveillance. D’autant qu’à partir de 6 mois, un rétinoblastome (tumeur oculaire) est possible. Bien que rarissime heureusement. Plus couramment, le défaut de convergence est le résultat de muscles trop courts ou trop longs. Le traitement de première intention consiste en la prescription de verres correcteurs et de séance d’orthoptie. Si cela s’avère insuffisant, une opération peut être envisagée, mais quasiment jamais avant l’âge de 3 ans. Quand à la myopie, elle est extrêmement rare chez un tout-petit sauf si les deux parents sont myopes. Mais, en général, ce trouble de la vision apparaît plutôt vers 6 ans. Néanmoins, le médecin va vérifier que bébé répond à un stimulus visuels placé à plus d’un mètre, et regarde s’il a l’air de froncer les sourcils quand il fixe un objet ou s’il cligne beaucoup des yeux.

Pourquoi certains bébés font-ils des otites récidivantes ?

Le plus souvent le tabagisme familial, le reflux gastro-œsophagien et les facteurs anatomiques (trompe d’Eustache courte et horizontale ou végétations hypertrophiés) sont en cause, mais il faut aussi tenir compte de la carence en fer, qui touche 30% des enfants de moins de 1 an, qui est aussi un facteur de récidive. Les bébés allaités sont généralement carencés en fer car la lait maternel en contient peu. Mais lors de la diversification alimentaire, l’apport en fer permettra de résoudre la carence. Le lait infantile contient dix à quinze fois plus de fer que le lait de vache. C’est pourquoi il est recommandé de ne pas passer trop tôt au lait de vache.

Peut-on constater lors d’un examen médical, qu’un bébé est en retard par rapport à un autre ?

L’essentiel en consultation, c’est de vérifier la croissance régulière du bébé, ses acquisitions psychomotrices et cognitives. Mais aussi de baliser les grandes lignes de son suivie médical : régime alimentaire, vaccinations, dépistage de pathologies infantiles… Hors pathologies particulières, le contrôle du périmètre crânien, de la taille et du poids ne sont que des indicateurs à l’intérieur d’une moyenne étable pour chaque âge. Le pédiatre étudie aussi le développement psychomoteur du bébé qui correspond à des acquis a minima selon les étapes d’âge. Mais chaque bébé va à son rythme. Il ne faut pas se focaliser sur des « retards » tant que le tout-petit progresse.

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