10 pièges diététiques à éviter avant 3 ans

La diététique et nous, c’est à la vie à la mort ? Bravo, mais attention, la recette d’un petit bien dans son assiette ne fait pas appel aux mêmes ingrédients que celle des adultes bien portants. Petit rappel des mauvaises habitudes à combattre. Avec la collaboration du Dr Lyonel Rossant, pédiatre.

Les protéines dans l’alimentation de bébé

Un enfant en bonne santé, c’est un enfant qui n’est pas carencé en fer et a de bons muscles. Alors, ouste, dès 8 mois, on ne chipote pas : une cuillère de viande pour papa, une pour maman, une pour mamie, une pour la voisine et tant qu’à faire, une louche de plus en pensant au monde entier. Stop ! On a tout faux !

Pourquoi il faut l’éviter

Si les protéines sont indispensables à la croissance des enfants, leur apport doit être modéré. Surtout chez les tout ­petits, dont les reins sont mis à rude épreuve par l’excès de protéines. C’est pourquoi, entre autres raisons, il ne faut pas passer au lait de vache trop vite (trop riche en protéines et en sodium et pauvre en fer et en vitamines) et maintenir un lait infantile 2e âge si on n’allaite plus (ou pas) bébé, allégé en protéines. Même au-delà de l’âge de 3 ans, une surconsommation de protéine peut être facteur d’obésite.

Attention, pas trop de graisses saturées dans l’alimentation de bébé

Ah, la bonne popote des familles ! Comment concevoir un dimanche sans chips à l’apéro, viande en sauce et frites au menu ! Selon une enquête du Secteur Français des Aliments de l’Enfance, pour consommer des frites, beaucoup d’enfants n’attendent pas d’avoir soufflé leur deuxième bougie ! Certains font même leurs premiers pas un sachet de chips à la main. Heureusement, les enfants éliminent mieux les graisses que les adultes et ils en ont besoin pour grandir. Mais on freine des deux pieds : un excès de graisses saturées dans l’enfance n’est pas sans conséquences !

Pourquoi il faut l’éviter

C’est dans l’enfance que se prennent les habitudes alimentaires : un enfant habitué aux sauces, à la charcuterie et aux fritures risque d’être exposé à moyen terme au surpoids voire à l’obésité mais aussi, à plus long terme, aux maladies cardiovasculaires.

Des ajouts de sel irréfléchis

A peine servis, on attrape la salière et on saupoudre son assiette. Heu… on n’a pas oublié un truc au passage ? Ben, si ! De goûter le plat avant ! Et nos petits pendant ce temps là ? Ils nous observent, et trouvent très amusant ce petit jeu, surtout si la salière est rigolote. Quant au bébé, bien en peine de donner son avis, il avale sans sourciller une purée salée au goût des parents, soit beaucoup trop salée pour lui.

Pourquoi il faut l’éviter

Manger trop salé, c’est s’exposer au risque d’hypertension artérielle. Qui plus est, l’excès de sodium fatigue les reins de bébé. Même si nous, nous trouvons très fades les petits pots de bébé, il ne faut jamais ajouter de sel. Les papilles gustatives de bébé ne sont pas déformées comme les nôtres et lui se régale. Oui à l’ajout d’épices naturelles, non à l’ajout de sel.

Attention à ne pas zapper le petit déjeuner de votre enfant

Après douze heures de jeûne nocturne, tout le monde, et encore plus un jeune enfant, a besoin de s’alimenter. La bonne recette ? Sucres lents pour l’énergie, sucres rapides pour le fun, laitages pour le calcium, fruits pour les vitamines. Mais voilà, le petit déjeuner est zappé par de nombreux enfants. Première règle, donner l’exemple et prendre soi-­même un petit-déjeuner équilibré.

Pourquoi il faut l’éviter

Partir à l’école le ventre vide, c’est s’exposer aux grignotages déséquilibrés dans la matinée et au coup de pompe de 11 heures qui ne favorise pas la concentration en classe ! Bon c’est vrai, bébé a encore du temps devant lui avant de coincer par hypoglycémie sur ses tables de multiplication, mais, on le rappelle, les bonnes habitudes, ça se prend tout petit.

Trop de grignotages entre les repas

Une carotte à croquer, une pomme à savourer… Si ce n’était que cela ! Mais quand on cède au grignotage, c’est rarement pour vider le frigo des radis bio qui s’y prélassent. Biscuits, bonbons, chocolat, autant de calories vides de tout intérêt nutritionnel. Cette mauvaise habitude apparaît vers 2 ou 3 ans, lorsque les parents tentent de faire patienter leur petit affamé, ou leur petit râleur, en lui donnant des biscuits à grignoter pour faire passer le temps (à tout choisir, une gourde de compote est tout de même préférable).

Pourquoi il faut l’éviter

Forcément, l’enfant n’a plus faim à table, mais deux ou trois heures après l’heure traditionnelle des repas, il aura une belle fringale. D’où grignotage car la soupe aux légumes à 15 heures 30, ce n’est pas aisé. Ni délicieux. Outre le risque de surcharge pondérale qui s’installe rapidement après la petite enfance, c’est tout un dérèglement du rapport à la nourriture qui s’en suivra. Et notamment le risque de compenser l’ennui ou l’énervement par une douceur sucrée.

On évite d’introduire trop de produits sucrés dans l’alimentation de bébé

Dès la toute petite enfance, le pli est pris : on est tentée d’ajouter du sucre dans le yaourt de notre petit gourmet, avant même de lui avoir laissé l’opportunité de goûter à la saveur naturelle. On leur colle d’office en guise de goûter des biscuits, des barres chocolatées, des boissons sucrées alors que, tout compte fait, nos tout petits auraient peut être tout autant apprécié un quartier de pomme. Autant réagir avant que le pli ne soit pris d’une collation sucrée et si possible très industrielle. Certaines écoles interdisent les goûters à calories vides au profit de fruits et de compotes mais malheureusement pas toutes !

Pourquoi il faut l’éviter

Un excès de sucre, ce sont des risques de caries en hausse sur les dents de lait, une situation qui portera préjudice aux dents définitives à venir. Sans oublier bien sûr le risque de surpoids et d’obésité, en cas de prédisposition génétique ou d’excès importants en l’absence simultanée d’activité physique. A savoir, certains colorants alimentaires que l’on trouve dans des confiseries industrielles prédisposeraient à l’hyperactivité.

Trop peu de graisses non saturées

Toutes les matières grasses ne se valent pas ! La consommation d’huiles végétales de première pression à froid favorise un bon équilibre alimentaire. Celles riches en acides gras essentiels (Omega 3, 6, etc.) sont nécessaires au développement du cerveau, des yeux et de la rétine. Malheureusement, la consommation d’huiles vierges de première pression à froid est encore sous développée.

Pourquoi il faut l’éviter


Selon les études nutritionnelles reconnues, il est possible que cette sous-consommation de graisses non saturées ait des conséquences au niveau cérébral. D’où la nécessité d’apprendre à ajouter un peu d’huile dans les plats de bébé, et cela dès la diversification alimentaire, pour faire le plein d’acides gras essentiels.

On glisse dans fibres dans l’alimentation de bébé

Quelle maman ne s’est pas plainte de la difficulté de faire avaler ses légumes à son enfant ? Pourtant, rien ne prédispose les enfants à manifester de l’aversion pour les légumes, même si, on le sait, leur appétence va souvent vers le sucré. Pour autant, tous les légumes, et encore moins les fruits, ne sont pas acides ! Souvent, le problème vient plutôt du fait que les enfants constatent que leurs parents leur donnent des légumes mais n’en mangent pas eux-­mêmes !

Pourquoi il faut l’éviter

Trop peu de fruits et légumes, cela veut dire un apport insuffisant en fibres. D’où à court terme des problèmes de constipation et, à long terme, des ennuis de santé plus graves, tel qu’un cancer du colon. Et une carence en vitamines. Sans oublier les problèmes de surpoids, car si on ne mange pas de légumes et de fruits, on se rattrape sur les féculents et les sucres rapides !

Des crudités trop dédaignés

Souvent, quand l’enfant mange sa part de fruits et de légumes, il s’agit trop souvent d’aliments cuits, voire issus de boîtes de conserve. C’est toujours mieux que rien. Mais un apport plus important en fruits et en légumes crus n’est pas à négliger.

Pourquoi il faut l’éviter

La cuisson élimine une bonne partie des vitamines et des minéraux. Et si les aliments sortent d’une boîte de conserve, c’est encore pire. La mise en conserve encore davantage. Le risque d’une carence vitaminique grave est quasiment nul en France, néanmoins, rien qu’au titre des bonnes habitudes, il faut, dès l’âge de 18 mois, habituer bébé à manger des légumes et des fruits crus. Et pour cela l’emmener au marché pour les choisir et l’associer à la préparation avec des petites missions comme ranger les rondelles de tomates dans le saladier.

Vive l’eau !

Les rayons des magasins croulent sous les propositions de boissons sucrées. Pourtant, le seul liquide indispensable à la santé, c’est l’eau. Souvent, notre tout-petit est tellement concentré sur ses jeux, qu’il attend d’être vraiment assoiffé pour venir réclamer à boire. Nos enfants attendent d’avoir soif pour boire. Et trop souvent, au lieu de leur tendre un verre d’eau fraîche, nous ajoutons un fond de sirop ou proposons un jus de fruit.

Pourquoi il faut l’éviter

Attendre d’avoir soif pour boire devient vite une mauvaise habitude, qui, à l’âge adulte, favorise constipation et coliques néphrétiques. Apprendre à boire de l’eau, même sans soif intense, est un apprentissage indispensable, dès le berceau.

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