Accouchement : mon bébé se présente mal, c’est la catastrophe ou pas ?

.Ça promet, tiens… Le voilà qui se présente les fesses, les épaules ou le front en premier au lieu d’être tout simplement tête en bas, en bon élève ! Pas la peine de se rappeler tous les épisodes de western sanglants qu’on a visionnés avec pauvre veuf éploré et orphelin en quête d’amour : si la position du bébé influe sur le déroulé de l’accouchement, tout se passe bien malgré tout ! Pourquoi ça m’arrive à moi, vous demandez-vous ? Vaste question : souvent c’est en raison de malformations de l’utérus. Parfois, après plusieurs grossesses, une certaine laxité du ventre laisse assez de place au bébé pour gigoter et se retourner au risque qu’il ne se présente dans une position un peu décalée. Et puis voilà… il y a la règle et l’interprétation de la règle. Là, manifestement, bébé est un petit artiste dans le domaine et il a décidé d’arriver comme il l’entend. Par exemple…

Bébé se présente par le front le jour de l’accouchement

C’est ce qu’on appelle une position « défléchie », dû à un mouvement haut de la tête, dégagée parfois en arrière, auquel cas c’est le visage qui se présente devant le col…

Ça change quoi ? Parfois, l’obstétricien décide d’essayer de repositionner bébé pour permettre un accouchement par voie basse. Pour cela, il essaie de fléchir la tête de bébé à l’aide de la ventouse. Mais s’il n’y parvient pas ou en cas de présentation par le front, pas d’obstination, c’est la césarienne qui s’impose.

Bébé regarde en haut

Le seul souci, c’est que bébé ne regarde pas dans la bonne direction, vers le haut au lieu d’observer le rectum de sa mère comme il conviendrait.

Ça change quoi ? Pas grand-chose mais l’accouchement pourra être plus long et plus compliqué. C’est pourquoi les sages-femmes vont tout faire pour que bébé change de regard et notamment vous inciter à changer de position : couchée sur le côté, jambe surélevée, par exemple. L’accouchement pourra avoir lieu par voie basse, sans doute, mais souvent à l’aide d’instruments obstétricaux (forceps, ventouse…).

Bébé est en siège le jour de l’accouchement

Et zou, revoilà le western, épisode 1000… En fait il existe plusieurs positions de siège : le « complet » (bébé est assis en tailleur -futur Yogy ?-, les pieds en bas), le « décomplété » (bébé a les fesse en bas et les pieds à la tête).

Ça change quoi ? En cas de siège observé depuis quelques semaines, il existe des solutions pour inciter bébé à se retourner : acupuncture, ostéopathie, haptonomie… Et en dernier recours, la version par manœuvres externes, qui consiste à retourner manuellement le bébé au travers de la paroi abdominale à partir de la 36 SA. Dans 50 à 70% des cas, ça fonctionne.

Mais si vous avez à faire à un petit facétieux, il peut se retourner à nouveau d’ici l’accouchement ! Vous avez le droit de refuser la manœuvre, si c’est votre choix. Médicalement parlant, les seules contre-indications concernent un retard de croissance, une malformation de l’utérus, l’hypertension, la pré-éclampsie


Si bébé persiste à rester en siège (ça arrive !),  une radio du bassin sera effectuée pour vérifier que l’accouchement par voie basse est possible malgré tout.

En cas de gros bébé (+ de 3,5 kg), la césarienne est quasi systématique, par précaution. Le corps médical craignant désormais les procès, un siège peut conditionner le choix d’un accouchement par césarienne même avec un bébé de petit poids, pour éviter les risques d’un accouchement compliqué. Mais beaucoup de présentations en siège se se concluent par un accouchement par voie basse de manière tout à fait sécurisante et sécurisée.

Remerciements au Dr Thierry Harvey, gynécologue-obstétricien (Clinique des Diaconnesses de Reuilly)

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