Faut-il se supplémenter en fer au premier trimestre de grossesse ?

Depuis qu’on est enfant, on nous rabat les oreilles avec la carence en fer. Enceinte, on y coupe pas et on s’étonnerait presque de ne pas entendre ses articulations grincer : une carence, à coup sûr ?

Essoufflement, fatigue, vertiges, irritabilité, nausées, perte de cheveux, troubles de la mémoire…

Tous ces symptômes peuvent être le signe d’une carence en fer, phénomène assez rare en France, il faut tout de même l’avouer, même si la grossesse est un état favorisant la carence. Et même si on fait attention à son alimentation, ça ne change rien. Même une alimentation équilibrée peut être carencée en fer car l’absorption de ce minéral peut être contrariée par des interactions, notamment une forte consommation de café ou de thé, ou une carence en vitamine C, qui est un booster de l’assimilation du fer. C’est pourquoi des analyses sont prescrites régulièrement pendant la grossesse afin de prévoir une supplémentation. Il ne faut pas se supplémenter en fer à l’aveugle car le surdosage ferrique peut provoquer des maux de ventre et de la constipation. Entre autre.

Enceinte, le fer à quoi ça sert ?

Le fer est un sel minéral impliqué dans de nombreuses fonctions biologiques, parmi lesquels la formation des cellules sanguines ou l’oxygénation des tissus. Durant la grossesse, les besoins en fer sont augmentés, afin de répondre à l’augmentation de la masse sanguine, à la croissance du fœtus et au développement du placenta. Pour construire son propre afflux sanguin, le fœtus puise dans les réserves de la maman, d’où certaines carences qui peuvent augmenter le risque de prématurité.

Et si on manque de fer enceinte, que faire ?

Anémie, fatigue et moindre résistance aux infections pour la maman, risque augmenté de prématurité pour le bébé parfois, ou petit poids de naissance en cas de carences sévères (et donc rares) : voilà dans les grandes lignes les risques qu’on encourt en cas de carence lourde. Heureusement, c’est rare et si la carence menace il y a des moyens simples de la contrer. Pour tenir la carence en fer à distance pendant la grossesse, il faut compter en général entre 20 et 35 mg de fer par jour.

Où puiser le fer nécessaire pendant une grossesse ?

Le fer héminique, présent dans la viande et le poisson, est à privilégier car il est absorbé à environ 25% par l’organisme. Vous n’êtes pas immunisée contre la toxoplasmose et détestez manger de la semelle carbonisée en guise de steak ? Bonne nouvelle : il suffit de congeler la viande, car la congélation détruit les parasites au même titre que le grill à cœur. Si la viande a été congelée, vous pouvez sans peine la consommer bleue ou saignante.

Quant au fer non-héminique qui se trouve dans les aliments végétaux (céréales, légumes secs), les œufs et les produits laitiers, il est absorbé de 5 à 10% seulement. Il faut donc toujours consommer en même temps que les sources de fer non-héminique des aliments riches en vitamine C (légumes, fruits…) car ce sont de vrais boosters d’assimilation du fer.


Attention à la consommation de thé et de café qui ont l’effet inverse ! Si vous êtes végétarienne, un régime spécifique vous sera prescrit pour booster vos apports en fer. Et ne négligez pas la supplémentation en fer que votre sage-femme ou votre médecin vous aura prescrite.

 

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