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Ma césarienne, une épreuve traumatisante dans ma nouvelle vie de maman

Bonjour Ă  toutes ! Je m’appelle Amandine et je tenais Ă  partager avec toutes les lectrices de Neuf Mois mon accouchement par cĂ©sarienne qui fuit un moment trĂšs stressant et intense.

Grossesse difficile, contractions dĂšs les 4 mois de grossesse, sous traitement pour stopper tout ça, alitĂ©e Ă  6 mois de grossesse, tachycardie de bĂ©bĂ© Ă  35 SA. On a tenu bon, tenu bon jusqu’à 37 SA+5, jour oĂč tout a commencĂ©, pour de bon cette fois-ci.

Contractions irrĂ©guliĂšres, puis rĂ©guliĂšres, rapprochĂ©es, douloureuses. ArrivĂ©e Ă  la maternitĂ© le soir, mise en chambre, col seulement ouvert Ă  2 cm. Le matin, on marche, marche, marche, chaque contraction est plus douloureuse que la prĂ©cĂ©dente, ça fait mal, terriblement mal. Col modifiĂ© Ă  3 cm, on passe en salle d’accouchement, ouf. On me pose la pĂ©ridurale, quelle merveilleuse invention. Notre corps, notre tĂȘte, on nous met dans une bulle. On est lĂ , sans ĂȘtre lĂ , la fatigue, le stress, la peur, la joie. On s’imagine des tas de choses, un accouchement beau, rapide, sans douleur. Puis on nous ramĂšne vite Ă  la rĂ©alitĂ©.

Quand j’ai compris qu’il fallait faire vite pour sauver mon bĂ©bĂ©

Il est 11 heures, bĂ©bĂ© n’est pas dans le bon sens, bĂ©bĂ© regarde vers le haut, bĂ©bĂ© est bloquĂ© dans le bassin. On change de position, mais non, il est bien coincĂ©. Les contractions sont toujours lĂ , depuis le dĂ©but. Il y en a eu, mais il y a eu celle qui a tout fait basculer. Celle qui a fait rentrer la sage-femme dans la salle d’accouchement en panique. Je la revois encore me secouer le ventre, l’affolement, elle tĂ©lĂ©phone, Ă  qui ? Je ne sais pas. Mais elle prononce toujours la mĂȘme chose : « code rouge ». Toujours branchĂ©e au monitoring, on entend le cƓur de bĂ©bĂ©, il bat, mais tellement doucement qu’on ne comprend pas : poum poum
 poum poum
 poum poum
 Oui, c’est bien son cƓur.


En une fraction de seconde, la foule de mĂ©decins entre, on me change de brancard, on m’injecte le produit pour endormir complĂštement la partie basse de mon corps, on me pose la sonde urinaire, et lĂ , un regard au papa, livide, il est au fond de la salle, il ne bouge pas, certainement sous le choc. Quand l’aide-soignante demande si on peut faire venir le papa, et que le gynĂ©cologue rĂ©pond : l’urgence est de sortir le bĂ©bĂ©, on y va.

Le passage traumatisant au bloc

On ne comprend rien et Ă  la fois tout, on part au bloc. Il fait froid, je pleure, je tremble, j’ai peur. Un champ bleu se lĂšve devant moi, ça commence. Sensation trĂšs dĂ©sagrĂ©able, mais ça ne fait pas mal, on m’appuie sur le ventre pour le sortir, il Ă©tait vraiment bien coincĂ©. Et lĂ , il pleure. Il respire, il est en vie, Dieu merci.

Ils emmĂšnent mon bĂ©bĂ©, je ne le vois pas mais je l’entends. Puis ils viennent, tous les deux, papa et bĂ©bĂ©. On me l’a posĂ© sur moi, il Ă©tait tout chaud, et sentait tellement bon. Deux petites minutes, ils repartent. Je dĂ©couvre ma merveille seulement une heure plus tard, je dĂ©couvre aussi un papa Ă©mu, tellement fier de son fils et de sa femme. Il a pu crĂ©er un lien dĂšs le dĂ©part grĂące au peau Ă  peau, que moi je n’ai pas pu faire.

Mon fils va avoir un an, et j’ai eu Ă©normĂ©ment de mal Ă  m’en remettre. Et il faut le dire, oui cette cĂ©sarienne a Ă©tĂ© la pire Ă©preuve de toute ma vie.  Non, je n’ai pas eu cette sensation d’avoir accouchĂ©. Non je n’ai pas rĂ©ussi Ă  crĂ©er ce lien avec mon fils dĂšs le dĂ©part.


Une derniĂšre chose, Ă  vous qui avez eu une cĂ©sarienne, en urgence ou pas, vous ĂȘtes mĂšre, quand mĂȘme.


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